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Le décès d’un jeune Franco-Yukonnais soulève des questions

Marie-Hélène Comeau

Maxim Baril-Blouin, 26 ans, est mort en détention le 13 juillet dernier à Edmonton. La cause de son décès n’a pas été confirmée par le ministère de la Justice albertain, mais selon un document interne obtenu par CBC, la mort du jeune homme serait liée à une surdose de fentanyl.

Le nom de Maxim Baril-Blouin s’ajoute à la liste des victimes du fentanyl au pays. Photo fournie


Maxim, qui était atteint du syndrome d’alcoolisme fœtal, est décédé cinq heures et treize minutes après son internement au Centre de détention d’Edmonton. Plus tard, ce même jour, six autres cas de surdose ont eu lieu dans une autre aile du même centre de détention. Les six hommes ont pu toutefois être réanimés et hospitalisés. Une enquête sur la mort de Maxim Baril-Blouin doit maintenant être menée par le ministère afin de comprendre comment un tel événement a pu se produire.

Syndrome d’alcoolisation fœtal

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est un trouble courant, mais encore sous-diagnostiqué, découlant de la consommation d’alcool par la mère pendant la grossesse. Bien qu’il puisse être prévenu, le SAF est également invalidant.

Certaines caractéristiques de ce syndrome à l’âge adulte comprennent un déficit d’attention, un manque de jugement et une impulsivité entraînant souvent des démêlés avec la justice. On note également de graves troubles d’ajustement à la vie incluant la dépression, l’alcoolisme, le crime et le suicide. Une étude menée en 1996 par la chercheuse américaine Ann Streissguth soulignait d’ailleurs que 80 % des adultes étaient incapables de mener une vie indépendante.

« Les gens ayant le syndrome d’alcoolisation fœtal qui viennent vers nous afin d’obtenir de l’aide sont ceux qui se retrouvent déjà dans une mauvaise situation. Ils sont itinérants, ils vivent dans la rue ou consomment beaucoup de drogues », explique Wenda Bradley, directrice de la Fetal Alcool Syndrome Society Yukon (FASSY), un organisme sans but lucratif ayant pignon sur rue à Whitehorse qui apporte de l’aide aux adultes yukonnais souffrant du syndrome AFS.

Le syndrome d’alcoolisme fœtal affecte une personne sur 100 en Amérique du Nord. Le taux semblerait toutefois être plus élevé en ce qui concerne le Yukon, mais il n’existe en ce moment aucune donnée officielle à ce sujet. Bien que depuis le début des années 2000 les médecins du territoire soient encouragés à déclarer les cas de SAF à des fins statistiques, aucun suivi jusqu’à présent n’a été fait par le gouvernement pour renforcer cette procédure.

Un enfant adopté

Sylvie Salomon et Jean-François Blouin ont adopté Maxim à un très jeune âge. Au moment de l’adoption, les parents de Maxim avaient constaté que le jeune enfant souffrait de problèmes cardiaques nécessitant au fil des ans de nombreuses interventions chirurgicales. Ce n’est que plusieurs années plus tard que les parents ont découvert que leur jeune enfant souffrait également du syndrome d’alcoolisme fœtal, ce qui allait avoir des répercussions importantes sur son comportement toute sa vie.

Il s’agit d’une situation très difficile à gérer au quotidien pour tout parent qui a un enfant souffrant de SAF. Actuellement, les parents yukonnais qui peuvent se retrouver rapidement à bout de souffle dans de telles situations obtiennent un support gouvernemental jugé par moment insuffisant. « Le syndrome d’alcoolisation fœtal est une maladie. Les parents devraient avoir recours à des fonds pour leur venir en aide », souligne Sylvie Salomon qui aurait aimé que son fils puisse habiter au Yukon proche de sa famille.

Maxim, qui avait été déclaré non criminellement responsable de plusieurs chefs d’accusation au Yukon, avait été placé sous la garde de la Commission d’examen du Yukon. Toutefois, faute d’établissements adaptés qui pouvaient assurer sa surveillance en tout temps, Maxim a alors été envoyé en Nouvelle-Écosse, puis en Ontario avant d’être confié à l’agence IHAC, de Stony Plain à Edmonton.

Au moment du drame, Maxim Baril-Blouin était en attente de son transfert sous escorte policière afin de pouvoir retourner au Yukon après quatre ans d’absence. La famille attendait qu’un endroit soit disponible à ce moment-là pour l’héberger.

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