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Le Colorado ou une carte postale à chaque détour

Le Colorado ou une carte postale à chaque détour
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 Maria Teresa Necchi

Je quitte Cheyenne le cœur gros, car j’aurais voulu y rester plus longtemps et on dirait que le ciel parlait pour moi, car il était froid, avec des nuages gris foncés. On commence à apercevoir de la brume aussitôt sortis de la ville sur l’autoroute qui nous mène au Colorado. La brume est épaisse à couper au couteau et me rappelle celle du parc Yellowstone la journée de notre départ vers cette destination.

Ne pouvant rien apercevoir ni encore moins voir du tout, je décide de continuer à parler des États-Unis en général à mes passagers. Je leur avais déjà parlé de pas mal de choses, même des  prochaines élections présidentielles, alors je leur ai proposé ce jeu-questionnaire : pour ou contre Buffalo Bill? Je leur ai lu ce que certains écrivains et critiques ont dit de ce personnage, que ce soit en bien ou en mal, et je leur dis que ce sera à eux de décider.

La légende de Buffalo Bill n’est plus à écrire, je le sais et je crois que nous le savons tous. Pour certains, il est le cavalier de ce mythique service postal Le Pony Express, un éclaireur hors pair, un chasseur, puis il devint un comédien et un entrepreneur, donc il appartient aux grandes figures de l’histoire de l’Ouest.

Pour d’autres, comme moi, il est un personnage pas si reluisant que cela. Il a été un grand massacreur de bisons d’où il tire son surnom. Il a été engagé avec des amis, pour affamer les tribus indiennes en tirant d’un train en marche sur tous bisons existants dans les prairies (les bisons étant leur principale source de nourriture) et laisser la route libre au chemin de fer qui passait sur leurs terres.

Quant aux critiques de son fameux Wild West Show qu’il a donné en Europe, elles n’étaient pas mieux. On a jugé son contenu assez piteux et son jeu laissait à désirer. Il est d’ailleurs mort au Colorado, chez sa sœur, sans le sou et a été enterré sur les hauteurs près de Denver.

Pendant ce temps, le ciel est redevenu clément, bleu et étincelant avec un beau soleil pour nous permettre de passer dans des endroits où les paysages étaient parsemés de verts et d’or, de rivières et de montagnes à couper le souffle. Nous sommes ainsi arrivés à Estes Park, l’entrée est du Rocky Mountain National Park où sont situées les plus hautes montagnes des Rocheuses américaines.

Ces lieux ont été habités en premier par la tribu des Utes, puis par les Arapahos, ensuite par les trappeurs français et les explorateurs espagnols, puis achetés par le gouvernement américain en tant que partie de la Louisiane en 1803. Stephen H. Long et Rufus Sage, des gens de l’Est sont aussi venus dans ces parages en 1843, mais les lieux doivent leur popularité à Joel Estes venu du Kentucky qui y a construit des cabanes en rondins en 1867 pour les premiers visiteurs.

Maintenant, Estes Park est la Mecque des touristes et les cabanes en rondins ont été remplacées par le très beau Stanley Hôtel, construit par Lord Dunraven en 1909. Il est sis sur une colline, a l’allure d’un joyau gigantesque de style edwardien, des toits rouges et des colonnes blanches. On peut l’apercevoir en bas de la route tel un géant regardant les montagnes et la ville sis en contrefort près de la rivière Big Thompson. C’est d’ailleurs cet hôtel qui a inspiré Stephen King lors d’une de ses visites à écrire le roman The Shining.

Un arrêt photo est d’ailleurs obligatoire ainsi qu’un peu de temps libre afin de respirer l’air pur à pleins poumons dans cette ville de 5 858 habitants. Ses magasins me rappellent ceux des stations de ski de l’Ouest canadien. Nous avons continué par la route Trail Ridge, ses paysages avec des pics de 4 007 m, de la vie sauvage plein les yeux, des ravins impressionnants, pour enfin rejoindre le lieu de notre lunch à Grand Lake, à la porte ouest du Parc.

Cette ville fondée en 1867 a connu les mines d’argent de 1870 et les Européens sont venus s’y établir dans de magnifiques demeures entre 1882 et 1888. Nous l’avons finalement rejointe après une virée de presque deux heures et demie, plus une autre heure pour contourner une avalanche de neige, glace et roches.

J’ai décidé de prendre deux heures pour visiter la ville, les magasins, les galeries d’art, tous localisés sur une rue avec des trottoirs en bois, rappelant le bon vieux temps. J’ai visité le Grand Lake, sis à une hauteur de 2 550 m, qui est le plus large et le plus profond des lacs naturels au Colorado et qui fait partie d’un projet de détournement des eaux de la rivière Colorado, ainsi que le Shadow Lake. Puis, nous avons remonté dans le bus pour nous diriger vers notre destination finale qui était la ville de Denver pour une nuitée, en faisant plusieurs autres arrêts en route.

Un de ces arrêts, après des villages qui offrent des opportunités fabuleuses pour les amateurs de sports d’hiver, comme à Whistler ou Sun Peaks en Colombie-Britannique, Mont Tremblant au Québec ou le Sunshine Village en Alberta, fut la petite ville de Idaho Spring Falls. Là, j’ai visité un musée minier très intéressant qui fait partie du centre d’information de la ville et qui décrit l’activité minière de la région du 19e siècle à aujourd’hui. Très jolie ville avec des demeures cossues, un opéra, des sources, des parcs avec randonnée, à seulement une heure de Denver, où nous sommes arrivés en fin d’après-midi pour terminer notre périple dans le quartier chic de Cherry Creek North, avant leur départ pour la France le lendemain dans la soirée.

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