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L’aventure d’un Québécois au Yukon Arctic Ultra

L’aventure d’un Québécois au Yukon Arctic Ultra

Réjean Moreau

Le Yukon Arctic Ultra (YAU) est l’une des courses parmi les plus difficiles au monde. Elle a lieu annuellement, au début de février et débute à Whitehorse. L’événement, initié par Robert Pollhammer de Garmisch-Partenkirchen en Allemagne, existe depuis 2003 et a eu lieu toutes les années depuis, sauf en 2010. Robert en est toujours le maître d’œuvre.

Les coureurs ont le choix entre plusieurs disciplines : le marathon (26 milles), les 100, les 300 et les 430 milles, et ce, sur les traces de la légendaire course de traîneau à chiens, la Yukon Quest. Précisons que les 430 milles ne sont courus qu’une année sur deux, lorsque la Yukon Quest débute à Whitehorse.

Les coureurs ont le loisir de faire le trajet à pied, en raquette, en ski de randonnée ou même en vélo de montagne. Ils doivent respecter des règles strictes de sécurité et emporter avec eux, tout le long du parcours, leur nourriture, équipement et matériel de survie.

Mon aventure

Depuis l’âge de 20 ans, mis à part toutes les courses de cinq, dix, vingt et vingt et un kilomètres dans les quartiers et les villages, j’ai participé à vingt-huit marathons, dont ceux de Montréal, Ottawa, Toronto et New York.

Par la suite est venu le besoin de pousser plus loin le défi en participant à des courses à pied de 100 kilomètres. Il y en a eu quatre à Saint-Donat, puis six à Lévis. Et après, blasé de manger de la chaussée asphaltée, pourquoi pas les sentiers en nature. À cinq reprises, il y a eu les 80 km cross-country de Pickering, Ontario, et à six reprises les très difficiles 160 km de Haliburton, Ontario, que j’ai complétés à ma première participation. En 2009 et 2010, j’ai vécu l’expérience d’expédition d’endurance en hiver en participant au Marathon canadien de ski, long de 160 km, reliant Gatineau à Lachute.

Au printemps 2009, j’ai appris l’existence du YAU. La description qu’en faisait le site Internet rendait l’expérience presque mythique. Une course dans le Grand Nord, en hiver et dans le froid extrême. Tout de suite, je me suis inscrit aux 100 milles en ski de fond que j’ai complété sans trop de difficultés, avec un mercure qui est descendu aussi bas que -42 degrés Celsius.

Mes ambitions étant beaucoup plus grandes, l’objectif de cette première expérience fut de sonder mes limites, de tester les équipements et de me familiariser avec les conditions générales de la course.

Par la suite, il y a eu les 300 milles en 2012. Seul Canadien inscrit pour cette distance, je me suis classé 3e dans une épreuve qui a duré 180 heures.

En 2013, un problème de santé a limité à 400 milles mon désir de franchir les 430 milles réglementaires du plus long parcours.

Mais comment vous raconter cette folie? Un événement aussi long, aussi gros, aussi exigeant, tellement hors des sentiers battus qu’on ne sait l’aborder sans laisser au lecteur une impression de surréalisme. Pendant ces aventures, toutes mes énergies, toutes mes émotions et tout ce que j’avais comme ressource morale y ont passé et des dizaines de fois.

Mais, j’y retourne. Je vais m’inscrire aux 430 milles en 2015. Pourquoi?

Pour mes cinq enfants et surtout mes petits-enfants, l’exemple de détermination. Pour ma conjointe Line que je vais marier cet été et qui me soutient dans toutes ces folles aventures. Mettons ça aussi sur le dos de la passion, du goût de réaliser des choses extraordinaires et l’espoir que mon soleil soit encore loin du crépuscule.

Ma motivation

L’aventure, c’est s’affranchir.

Une délivrance qui s’ouvre sur de nouvelles réalités, de nouveaux paradigmes.

Des voies nouvelles apparaissent pour la pensée et pour l’action.

Il n’y a pas de choix à faire, aucune option n’existe avant chaque embûche. C’est l’inconnu et la sublime découverte de soi.

Le besoin d’agir sans modèle préalable nous amène à rompre avec nos servitudes et à nous redécouvrir constamment.

Voilà la vraie liberté!


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