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L’apiculture au Yukon, c’est possible!

Maryne Dumaine

Les abeilles sont essentielles à la survie de la planète et de l’espèce humaine. Mais de là à avoir une colonie d’abeilles de compagnie, c’est une tout autre chose! Difficile d’improviser un élevage d’abeilles, surtout au nord du 60e parallèle.

Étienne Tardif est un expert en apiculture au Yukon, il possède huit ruches et ses abeilles survivent à l’hiver.
Photo : fournie

Étienne Tardif vit au Yukon depuis plus de huit ans. À son potager et son poulailler, il a ajouté il y a quelques années quelques milliers d’amies : des abeilles. Mais dans le Grand Nord, l’apiculture présente des défis. Avec le temps, il a appris à les maîtriser et désormais, il consacre de son temps à aider les nouveaux apiculteurs et apicultrices en herbe à commencer la même aventure. Devant les défis de l’isolement géographique et des conditions bien spécifiques à la région nordique, il a mis en place un réseau et offre des formations. Son objectif : l’entraide, afin que l’apiculture soit à la portée de tout le monde.

Apprivoiser le Nord avant d’apprivoiser les abeilles

Avant d’arriver au Yukon, Étienne Tardif avait déjà une grande expérience d’apiculture, dans le nord de l’Ontario. « Mais quand je suis arrivé au Yukon, je me suis rendu compte que les techniques du Sud ne s’appliquaient pas nécessairement ici. J’ai voulu rencontrer des personnes qui avaient des abeilles aussi », explique-t-il. Il rapporte que c’était difficile, car il n’y avait pas de réseau pour partager l’expertise. « J’ai rencontré une apicultrice qui avait des ruches depuis quatre ans, mais chaque hiver, elle perdait ses abeilles. Elle ne savait pas comment faire autrement. »

De ce constat, M. Tardif tire une conclusion : il connaît les abeilles, leurs cycles et les techniques, mais le calendrier, le climat, les saisons et les cycles de floraison sont différents… « Dès ma deuxième année ici, j’ai fait venir un instructeur de Terrace [Colombie-Britannique] ». Pour cela, il reçoit de l’aide gouvernementale, notamment du département de l’agriculture du Yukon. Mais le même défi le pousse alors à faire venir un autre expert d’Edmonton, quelque temps plus tard.

Il met aussi en place un réseau et un groupe Facebook (facebook.com/groups/yukonbees), un site Web (northof60beekeeping.com) et crée une formation et un guide de 150 pages sur le sujet.

Aujourd’hui, il possède huit ruches qui survivent aux hivers. Ingénieur de profession, M. Tardif teste différents équipements qu’il crée lui-même ainsi que différentes techniques. Il est devenu un expert en apiculture au Yukon.

Des méthodes de base à connaître

Dans quelques semaines, Étienne Tardif proposera un cours au Mont Lorne. De l’équipement aux techniques de base, en passant par les maladies des abeilles et les choses importantes à considérer lors de l’installation des ruches. Le cours s’adresse à des personnes qui souhaitent savoir comment partir du bon pied. Le cours est pour le moment offert en anglais, mais il tente de faire traduire sa présentation par le gouvernement.

« Souvent, les gens pensent au miel et aux ventes qu’ils peuvent en faire, mais l’équipement de base nécessite du travail et un certain investissement. Je recommande de commencer avec deux », explique-t-il. Selon l’expert, pour un équipement de base, pour deux ruches (le minimum), il faut compter un peu au-delà de 1 000 $. Pour ce qui est du temps, une fois l’installation mise en place (ruches, barrières, clôtures électriques, etc.), il faut compter environ une heure de travail par semaine.

« Les abeilles sont un peu comme des poules », explique le passionné. « Il faut s’en occuper. » La saison qui demande le plus de soins est celle où les abeilles divisent leurs troupes et tentent d’aller faire des essaims dans d’autres arbres « C’est un bon moyen d’entamer des conversations avec votre voisinage », explique-t-il en racontant l’anecdote de sa voisine qui avait un essaim très bruyant dans un de ses arbustes!

Les lois et règlements

À Whitehorse, des règlements limitent l’apiculture. À Dawson, les résidents ont tous droit à deux ruches. Mais en dehors de ces limites, il n’y a pas de loi. « C’est mieux d’en parler à ses voisins, et même de s’associer avec des personnes qui habitent proche, pour faire équipe dans les tâches. » Mais avant tout, il est important de considérer les ressources disponibles pour les abeilles, car la saison de floraison est courte au Yukon.

Beaucoup de choses à comprendre avant de se lancer dans l’aventure qui semble passionnante. Si le cœur vous en dit d’avoir dans votre jardin quelques milliers de nouvelles amies, le cours aura lieu les 25 et 26 avril au Centre communautaire de Mont Lorne.

Pour plus de renseignements : yukonhoneybees@gmail.com

 

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