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L’Antarctique : une première expérience pour deux francophones

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Nelly Guidici

Les Yukonnais Étienne Gros et Emmanuel Potvin, employés de l’entreprise Icefield Tools Corp., sont de retour de l’Antarctique (voir notre article dans l’édition du 9 novembre dernier). Envoyés en qualité de techniciens, leur rôle principal a été d’effectuer la maintenance de la foreuse installée sur le continent blanc depuis plusieurs années et propriété de la Fondation polaire internationale dont le siège se trouve à Bruxelles.

« À notre arrivée sur la base belge, là où se trouvait la foreuse, on a découvert toutes les pièces manquantes. On avait des pièces détachées et des outils avec nous, mais on a dû faire face à des choses auxquelles on n’avait pas pensé. On a trouvé des astuces et on a fabriqué certaines pièces avec les moyens du bord », explique Étienne Gros.

Le chasse-neige tire plusieurs conteneurs ainsi que le matériel nécessaire au forage distant de 200 kilomètres de la base belge. Photo : Étienne Gros

Le chasse-neige tire plusieurs conteneurs ainsi que le matériel nécessaire au forage distant de 200 kilomètres de la base belge. Photo : Étienne Gros

L’habileté et sans doute un peu de chance ont permis aux deux mécaniciens de remettre en fonction la foreuse en trois jours, puis de faire des essais autour de la base avant de se rendre sur le lieu de forage, distant de 200 kilomètres.

Quatorze jours sur le lieu de forage

En Antarctique, les plans changent régulièrement et sont bien souvent dictés par les conditions météorologiques. Finalement, ce n’est pas en motoneige, mais en chasse-neige qu’ils se sont rendus sur la plateforme de glace flottante Roi Baudoin. Pendant les 20 heures du trajet, les deux Yukonnais ainsi que toute l’équipe de scientifiques belges ont voyagé dans l’un des conteneurs aménagé et tiré par le chasse-neige.

« Ce n’était pas du tout confortable, car on ne peut ni lire ni dormir, et lorsqu’on est passé sur de la glace bleue, ça tapait vraiment », se souvient Étienne Gros.

Une fois sur place, toute l’équipe a été accueillie par un blizzard qui a retardé d’une journée le début du forage.

« Le premier matin, il y avait beaucoup de vent et je voyais à peine la tente voisine qui était à trois mètres, j’ai donc décidé de faire demi-tour. J’avais une croûte de glace sur mon visage et en rentrant dans la tente j’ai imaginé toutes sortes de solutions pour pouvoir sortir sans me perdre. »

Dès le deuxième jour, la météo étant finalement favorable, le forage a débuté et a permis en deux semaines de sortir des carottes de glace d’une profondeur de 208 mètres.

« Emmanuel et moi, on a fait tourner la machine à temps plein, c’est nous qui nous occupions de la foreuse et des réglages des paramètres pendant que le glaciologue traitait les carottes », explique Étienne Gros.

L’année précédente, l’équipe scientifique n’avait pas pu forer au-delà de 128 mètres en un mois. Il est certain que la présence des deux mécaniciens a fait la différence.

« On est allé beaucoup plus vite avec moins de problèmes, les scientifiques étaient vraiment très contents et je pense que l’on a développé une bonne relation avec eux. On a travaillé tous ensemble dans une bonne ambiance. »

Une escale sur une base russe

Comme à l’aller, le retour s’est fait en avion Twin Otter DC 3 depuis la base belge jusqu’à la base russe de Novolazarevskaya. L’escale s’est prolongée quatre jours, période pendant laquelle Étienne Gros et Emmanuel Potvin en ont profité pour rendre visite aux scientifiques de la base indienne distante de quatre kilomètres. L’équipe indienne fait en effet également partie de la clientèle d’Icefield Tools Corp. et a utilisé une de leur foreuse.

« Ils ont foré avec notre machine, ils étaient très contents du forage et n’ont pas eu de problème particulier », explique le technicien.

Comme quoi, nouer de bonnes relations commerciales peut aussi se faire en Antarctique lors d’une escale! De cette expérience absolument inestimable, Étienne Gros retient également les enjeux internationaux qui se jouent là-bas.

« Il y a en Antarctique de gros enjeux géopolitiques et il n’y a pas que la science. Les pays ont leurs drapeaux sur leurs bases, car c’est une partie de leur territoire, ils font leurs recherches scientifiques, mais aussi acte de présence car il y a une notion de prestige à être en Antarctique », assure-t-il.

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