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L’ambitieux projet de rénovation de la drague numéro 4

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Agnès Viger

En 2016, le gouvernement fédéral canadien a versé 9,9 millions de dollars pour soutenir les projets de restauration de Parcs Canada dans la région du Klondike. Un quart de cet investissement a été alloué à la stabilisation de la drague numéro 4. Ce bâtiment est le site le plus visité de la région, sa restauration est donc essentielle pour l’industrie touristique.

L’avant de la drague no 4, en restauration depuis 2010. Les travaux à l’arrière de la drague devraient commencer en 2018. Photo : Genséric Morel

L’avant de la drague no 4, en restauration depuis 2010. Les travaux à l’arrière de la drague devraient commencer en 2018. Photo : Genséric Morel

Une drague historique

Aujourd’hui, la drague no 4 est la plus grande drague à coque en bois et à godets du monde. En 1997, elle est officiellement désignée lieu historique national pour commémorer les opérations de dragage au territoire de 1899 à 1966. Elle est un exemple représentatif des dragues de la Ruée vers l’or. En 45 ans d’activité, la drague a permis de récupérer près de neuf tonnes d’or.

Sa rénovation a commencé en 1991. Il a fallu deux ans pour retirer la drague d’une couche de glace épaisse de 18 pieds. L’intégrité du bâtiment est alors menacée par l’infiltration d’eau dans ses fondations. La structure est dans un état avancé de détérioration. C’est en 2010 que la restauration est réellement enclenchée.

 Ludovic Antoine devant une partie de la coque de la drague complètement rénovée. Photo : Genséric Morel

Ludovic Antoine devant une partie de la coque de la drague complètement rénovée. Photo : Genséric Morel

Rencontre avec Ludovic Antoine, menuisier sur la drague

Ludovic s’est installé à Dawson après avoir visité toutes les provinces du Canada. Ce Français originaire des Vosges est arrivé au Yukon en 2010. « Depuis que je suis tout petit, je suis attiré par le Nord, notamment grâce aux films de Nicolas Vanier. Quand je suis arrivé à Dawson, j’ai trouvé du boulot tout de suite et j’ai vécu dans ma tente tout l’été. J’adore chacune des saisons. Tous les jours, je regarde autour de moi et je suis émerveillé. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas la chance de trouver un endroit où ils aiment vivre », raconte-t-il.

Ludovic Antoine est passionné par son métier de menuisier. Il est fier de contribuer à la rénovation de la drague no 4. « Je n’aurai jamais plus l’occasion de travailler sur des bâtiments avec des morceaux de bois aussi massifs, c’est vraiment intéressant », nous confie-t-il. La plupart des morceaux de bois proviennent de Colombie- Britannique. Cependant, Ludovic apprécie particulièrement quand il doit travailler du bois provenant du Yukon. En raison de l’hiver rude et long, le bois du territoire pousse plus lentement, mais il est aussi plus solide.

Une rénovation prometteuse

Le travail effectué sur la drague est titanesque. Des tonnes de bois ont été déplacées à la main ou à l’aide de systèmes de poulies. La drague étant un monument historique, les artisans doivent conserver tout ce qui n’est pas trop détérioré par la moisissure. Ils ont d’abord colmaté les rainures et traité le bois à l’huile de lin pour rendre la coque de la drague étanche. « Quand les artisans ont commencé à travailler sur la drague, tout était tordu et tombait en poussière », explique Ludovic. Des centaines de trous de seize pouces de profondeur ont été percés à la main. À l’époque, le bois était traité à la suie; il faut donc prendre des précautions particulières en raison des risques cancérigènes.

Parcs Canada espère terminer la rénovation d’ici sept ans, mais cela dépendra des subventions gouvernementales et des conditions climatiques. Chaque planche de bois vaut des milliers de dollars à cause de la largeur et de la qualité demandées. Le bois arrive brut et doit être traité et raboté. Travailler sur la rénovation peut être compliqué en fin de saison. « En septembre, nous commençons à 7 h, il fait encore nuit. Tout est gelé, les pièces de métal, les outils, les mains. Tout le monde est fatigué, c’est un gros défi », conclut Ludovic.

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