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La Yukon River Quest prise d’assaut par des femmes francophones

Kelly Tabuteau

L’équipage 24 (Cheryl Rivest, Deb Bartlette, Carolyn Relf, Anne Labelle, Monique Levesque, Anna Peacock, Susan Hamilton, Kirsti de Vries) naviguant vers le soleil de minuit à trois heures de l’arrivée à Dawson.
Photo : fournie

Il y a un peu plus d’un mois, la plus longue course annuelle de pagaie du monde, la Yukon River Quest (YRQ), s’achevait. Peu importe leur moyen de déplacement, tous les participants ont pagayé sans relâche pour venir à bout des 715 kilomètres qui séparent Whitehorse de Dawson. La 21e édition de la course a enregistré une participation record de 117 embarcations. Parmi elles, on en dénombre une dizaine de francophones, du territoire, du Québec ou de France. L’Aurore boréale est allé à la rencontre de deux voyageurs locaux, uniquement féminins et constitués en partie de compétitrices s’exprimant dans la langue de Molière.

L’équipage 110 : Echo Kraken

Arrivée en 34e position, l’équipe a elle-même été surprise par sa performance. À entendre le témoignage de plusieurs de ces femmes, on peut comprendre pourquoi. La majorité d’entre elles avait envie d’essayer quelque chose de nouveau, mais n’avait pour autant jamais vraiment pagayé avant de s’inscrire à la course. Jaclyn Trybowski résume : « Je me suis assise juste deux fois dans un canot avant la YRQ ! Une chance que j’aie fait quelques années de bateau dragon avant de déménager au Yukon ! » Voisines, collègues ou amies, les huit femmes se sont jetées à bras perdus dans la course avec l’objectif de la finir avec le sourire, sans un réel esprit compétitif. Pourtant, à leur arrivée à Carmacks, elles réalisent que leur chronomètre est plutôt bon, tout comme leur classement, ce qui réveille en elles des ardeurs pour pagayer encore plus vite. Annie-Claude Letendre révèle : « Au départ de Carmacks, croyant avoir pagayé 30 à 45 minutes, je regarde ma montre; cela faisait sept heures que nous étions reparties ! Notre arrivée à Dawson a été magique : nous avons terminé par un sprint intense de cinq kilomètres alors que nous croyions n’avoir plus aucune énergie. »

Deux principaux défis sont évoqués par les coéquipières : la gestion de la fatigue et le changement de place entre elles pour aller pagayer de l’autre côté. Mais peu importe les difficultés, elles retiennent de cette expérience beaucoup de rires et de plaisirs, avec une synergie tant interne qu’externe grâce à leur équipe de soutien.

L’équipage 24 : Stix Together

Monique Levesque, quant à elle, participait à sa dixième course au sein de l’équipage Stix Together , dont le but est d’amasser des fonds pour aider les familles yukonnaises affrontant le cancer. Outre l’exploit physique de la course, c’est l’expérience humaine qui définit ce voyageur féminin. La donneuse de rythme de l’équipage raconte : « Des mois d’entraînement et de planification, de belles rencontres, et puis, le vide. C’est un grand trou qui n’est pas facile à combler. » Cette année, ce sont 20 000 $ qui ont été versés à la fondation de l’Hôpital de Whitehorse. Cela permet, entre autres, de prendre en charge le coût du billet d’avion pour la personne accompagnant le malade à ses soins à Vancouver ou Edmonton. Il est d’ailleurs toujours possible de faire des donations pour la cause en se rendant sur le site internet stixtogether.ca.

Comme pour le dossard 110, Monique Levesque a souffert de la fatigue lors de cette édition, mais aussi d’une météo peu clémente sur le lac Laberge. Elle a entraîné une blessure à son pouce gauche, mais la douleur a finalement vite été anesthésiée grâce à son état mental de roc, surtout en se remémorant les raisons pour lesquelles elle compétitionnait. Pour elle, outre la cause pour laquelle elle participe, elle retient de son expérience des dix dernières années, l’énergie inépuisable que communiquent les bénévoles et les spectateurs au départ. L’équipe finit en 21e place au classement général.

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