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La saison de ski commence, celle des avalanches aussi

Maryne Dumaine

Stéphan Poirier à Feather Peak, au sommet de la White Pass.
Photo fournie

 

 

Même si la neige ne s’est pas encore trop accumulée sur les pentes, la sécurité et l’information sont de rigueur. Les risques d’avalanche commencent.

Malgré le manque apparent de neige pour la saison, le risque d’avalanche n’en est pas moins réel. La neige tombe dans les sommets yukonnais et certains des lieux de prédilection de ski de randonnée ont reçu cette semaine un demi-mètre de neige.

« En ce moment, il n’y a quand même pas beaucoup de neige malgré cette grosse bordée dans les sommets. Ce n’est pas encore très avalancheux, mais ce n’est pas très bon pour le ski non plus, car il n’y a pas de base neigeuse » affirme Stéphan Poirier, expert en la matière.

« En somme depuis 10 ans, les avalanches sont plus occurrentes et plus difficiles à démystifier, car il y a un manteau neigeux qui fait le yoyo à cause des redoux comme on ressent en ce moment. Il y a des redoux chaque mois d’hiver depuis quelques années. Je l’ai remarqué surtout depuis 2007 ».

L’impact de ces redoux sur les avalanches

Avec les redoux hivernaux, le manteau neigeux devient étagé. « Les températures font le yoyo et donc les couches entre poudreuse et couches glacées s’étagent ». Dans un contexte normal, ou idéal, la couche neigeuse se ferait petit à petit et fondrait au printemps, petit à petit. « Là, nous ne sommes plus dans cette configuration », affirme celui qui travaille dans le secteur des avalanches depuis 1996. « Il se forme des couches de sloche au milieu du manteau neigeux, des couches glissantes et molles, parfois même isolée par de soudaines grosses bordées de neige. » Condition typique de risque élevé d’avalanches.

Stéphan mentionne aussi le risque des corniches, ces accumulations de cristaux de neige, qui habituellement cassent au printemps quand le soleil les réchauffe. « Mais en ce moment, elles peuvent casser à tout moment, car les redoux les fragilisent. »

Les cours de prévention en avalanche

Stéphan Poirier a commencé comme patrouilleur de ski et a poursuivi sa carrière au fil des ans à Whistler, Mt-Seymour et dans la vallée du Fraser. Après avoir sauvé la vie d’un garçon de 9 ans dans une forêt dense d’une station de ski, Stéphan Poirier a décidé d’éduquer les jeunes et les moins jeunes au danger de l’arrière-pays, que ce soit en raquettes, en snowboard ou en ski.

Il existe en ville cinq personnes qui offrent des cours de prévention des avalanches. Stéphan Poirier, lui, s’est spécialisé dans les sports non motorisés. « Il existe des cours spéciaux pour les adeptes de la motoneige. Il s’agit du même curriculum, mais les réalités sont différentes. L’équipement (masque, casque, moteurs) peut empêcher de détecter des signes qu’on percevrait sans moteur. »

Les lieux les plus risqués autour de Whitehorse sont le sommet White, autour de Log Cabin, certains endroits autour de la montagne Montana et le sommet de Haines. « Grey Mountain n’est pas assez à pic et le Mont Lorne n’est pas trop dangereux non plus, car c’est très venteux, donc la neige ne s’accumule pas. Mais de ce fait, ce ne sont donc pas non plus des lieux où les gens skient. »

Deux cours sont prévus au mois de janvier 2019 : du 10 au 13 janvier, puis du 17 au 20. Chaque cours coûte de 300 $ et une certification à vie auprès d’Avalanche Canada est à la clef de ces cours à la fois pratiques et théoriques.
Pour plus de détails : yukonavalanchecourse.ca

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