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La production d’encre à base d’une plante indigène du Yukon

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Gabrielle Lizée-Prynne

À l’instar d’Alexandre Poitras et de Max Dugré-Sasseville (voir les articles dans les deux précédentes éditions), Sharon Katz est l’une des quatre finalistes du concours Innovation Yukon 2016 organisé par le Centre de recherche du Collège du Yukon. Dans le cadre de cette initiative, le Dr Katz a reçu une bourse de 10 000 $ afin de développer son projet qui consiste à utiliser une plante nordique pour produire une encre d’impression pour l’emballage alimentaire.

Dans le cadre du concours Innovation Yukon 2016, Sharon Katz envisage d’utiliser une plante yukonnaise pour la production d’encre d’impression destinée aux emballages alimentaires. Photo: Gabrielle Lizée-Prynne

Dans le cadre du concours Innovation Yukon 2016, Sharon Katz envisage d’utiliser une plante yukonnaise pour la production d’encre d’impression destinée aux emballages alimentaires. Photo: Gabrielle Lizée-Prynn


À l’origine de l’idée se trouve une série d’analyses effectuées il y a quelques années sur des colorants traditionnels utilisés dans le Nord. En testant différentes plantes pour le compte d’une compagnie spécialisée dans les biomatériaux, la chercheuse est en effet parvenue à identifier une plante du Yukon qui présentait un grand potentiel. Lorsqu’on l’interroge sur le type de plante en question, Sharon Katz affirme cependant ne pas encore pouvoir partager cette information. « Cela fait partie de notre secret commercial! », explique-t-elle.

Création d’emplois

Selon Sharon Katz, cette nouvelle méthode de production d’encre pourrait révolutionner l’agriculture yukonnaise. « Plutôt que d’importer des plants dans le Nord […], on tente de renverser la situation en cultivant des plantes indigènes qui sont naturellement adaptées à l’environnement. Nous pouvons ensuite utiliser ces plantes pour produire des produits qui seront exportés au sud, à l’extérieur du Yukon », affirme la chercheuse.

Cette méthode permettrait donc de diversifier l’agriculture et de créer de nouveaux emplois dans ce secteur ainsi que dans celui de l’industrie chimique. « Le but est que ces plantes soient entièrement cultivées au Yukon et que le processus chimique initial soit effectué au territoire », affirme Mme Katz.

Par ailleurs, cette dernière estime que l’exploitation de cette plante serait rentable à long terme, car elle peut être cultivée en grande quantité au territoire et pousse assez facilement. « Nos estimations de coûts prouvent que le produit est économiquement viable », confirme-t-elle.

Une solution écologique

Aujourd’hui, les encres utilisées pour l’emballage alimentaire sont souvent des sous-produits du pétrole. En optant pour une encre naturelle, le processus d’impression limiterait donc le recours à des produits chimiques agressifs.

« Nous sommes en train d’essayer de confirmer que notre encre présente une toxicité réduite par rapport aux encres existantes », affirme Mme Katz.

Le recyclage pourrait être également facilité par l’utilisation de cette encre plus naturelle.

Pour une bonne entrée en marché, la Dre Katz cible en priorité le secteur des aliments santé. « Ces compagnies pourront améliorer leur image verte grâce à notre encre, car l’emballage serait plus naturel et plus facile à recycler », pense-t-elle ainsi.

Des plans futurs

Si elle gagnait le grand prix de 60 000 $, Sharon Katz affirme que sa compagnie utiliserait l’argent pour continuer les tests, afin de démontrer scientifiquement que cette encre est moins toxique que d’autres matériaux, ce qui augmenterait ainsi la crédibilité du produit et créerait la possibilité de le breveter et d’étendre cette technologie. En effet, si cette méthode se révèle efficace, la Dre Katz souhaiterait également utiliser son produit pour, par exemple, enrober des capsules de suppléments alimentaires et de médicaments sur ordonnance. Bien que Mme Katz ne se soit penchée pour l’instant que sur les propriétés d’une seule plante, elle se donne pour objectif de poursuivre ses tests sur d’autres variétés.

« Lors du choix d’une plante, il y a beaucoup de choses à considérer outre les propriétés chimiques de cette plante pour voir si elle convient », explique-t-elle cependant. « Elle doit pouvoir être cultivée en grande quantité, et être économiquement viable afin d’être introduite sur le marché à des fins commerciales. »

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