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La pandémie apporte-t-elle un peu de positif?

Maryne Dumaine

Nous entrons dans le septième mois de pandémie, a rappelé M. Silver lors du dernier point presse territorial. Pour les jeunes comme pour tout le monde, les nouveautés sont nombreuses et beaucoup d’adaptations sont nécessaires. Pourtant, dans toute situation, il est possible de voir le bon côté de la médaille. Qu’en est-il dans les écoles?

Benjamin Déziel, Élie Cole et Soanne Hoareau trouvent que les nouvelles mesures apportent tout de même des choses positives à l’école.
Photos : Lang Honhorn, Stéphane Cole et Sophie Huguet.

 

Des bases pédagogiques à l’apprentissage de la vie d’adulte, est-il possible de voir une petite lumière dans cette grisaille pandémique?

Apprendre à écrire dans le sable

Soanne est en première année à l’École Émilie-Tremblay. « C’est nouveau cette année parce qu’on est beaucoup plus dehors », explique la petite fille de cinq ans et demi. « C’est bien, on peut plus jouer! » À la question concernant le travail scolaire, Soanne est catégorique : « Y’a pas de choses que je n’aime pas, d’aller dehors. J’adore ça, on fait du travail dans la forêt, on apprend même à écrire dans le sable, ou alors on dessine aussi… »

Élie, 7 ans, en 2e année à l’École Golden Horn mentionne également que certains travaux se font à l’extérieur dans son école. « On va plus dehors, par exemple, des fois on doit écrire la liste de tout ce qu’on trouve dans la forêt », explique-t-elle. Mais pour elle, le positif des nouvelles mesures sanitaires est ailleurs. « Dans la classe, on a des bureaux individuels avec beaucoup d’espace, ça permet de bouger. » La jeune fille ajoute également un autre point de vue sensoriel : puisque les classes sortent une à la fois pour limiter les interactions, les couloirs sont plus calmes. « Il y a moins de bruit, c’est plus tranquille, moi j’aime bien, et on ne se fait pas bousculer par les plus grands! »

Plus de temps à l’extérieur

Migrer en dehors des salles de classe s’est avéré le choix pour de nombreux enseignants et enseignantes. L’École Hidden Valley a notamment fait l’objet d’un reportage mettant de l’avant ses méthodes pédagogiques adaptées à l’extérieur. Mais elle n’est pas la seule à avoir fait ce virage.

À l’école francophone, apprendre dehors est également « très encouragé, mais aussi facilité », explique Geneviève Tremblay, enseignante et coordonnatrice des programmes pour la petite enfance pour la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).

Loin d’être l’école buissonnière, l’école à l’extérieur ne consiste pas à simplement jouer dehors. « On peut tout enseigner dehors », affirme la coordonnatrice. D’ailleurs, le tournant s’est fait bien avant la pandémie pour les classes de maternelle de l’École Émilie-Tremblay, puisque c’était déjà un sujet phare du colloque en petite enfance de 2019. « Il y a aussi deux postes qui ont été consacrés à l’école de la forêt, pour l’École Émilie-Tremblay. »

Selon la spécialiste en petite enfance, l’école de la forêt a fait l’objet de nombreuses études. « On sait que c’est bon pour la régulation, ça a plein de bienfaits, notamment sur la santé mentale. Être dans un environnement où on doit se laver les mains toutes les 10 minutes n’est pas ce qui est le mieux pour des enfants, surtout pour ceux qui ont des défis d’anxiété. En étant dehors, on pense moins à la désinfection, on peut toucher aux arbres, aux roches, sans s’inquiéter. Et on apprend autant, sinon plus! »

Si autrefois les matières enseignées à l’extérieur se résumaient souvent à certains sports ou aux sciences naturelles, « maintenant, c’est la salle de classe qui s’est carrément transposée dehors. On peut y faire des maths, aller lire, dessiner… Toute la matière peut être intégrée en étant à l’extérieur. »

Pour le moment, aucun soutien pédagogique n’est offert par le ministère de l’Éducation pour outiller le personnel enseignant dans cette migration en dehors de la salle de classe. « Tout le monde est encore dans sa bulle, en train de s’organiser, mais on voit vraiment un engouement », répond Mme Tremblay qui reste confiante en cette nouvelle méthode pédagogique. « Beaucoup de ressources existent au Canada, même si pour le moment, chacun doit faire ses propres recherches et se débrouiller. »

Plus de temps pour les ados

Pour les adolescents aussi, les nouveaux défis sont au rendez-vous. La grande nouveauté pour les écoles secondaires du Yukon : l’enseignement en demi-journée.

Selon Benjamin Déziel (12e année), un des rares élèves du CSSC Mercier à avoir un horaire allégé, avoir plus de temps libre est positif. « C’est plus flexible. À notre âge, nous avons plusieurs apprentissages de la vie d’adulte à faire. » L’enseignement en demi-journée est pour lui une occasion de s’y consacrer. « C’est bien d’avoir du temps pour avoir un premier emploi, apprendre à conduire ou pour se consacrer à des projets personnels. » De plus, il ajoute que la pandémie semble avoir rapproché les élèves de sa classe, d’une certaine manière. « Pas physiquement, mais psychologiquement, ça nous apporte une meilleure connexion. On fait plus d’activités ensemble, après l’école. »

Selon Julianne Girouard (11e année au CSSC Mercier), le côté positif de la pandémie aura été le déménagement du secondaire vers le centre-ville, en raison du manque de place dans l’école de la rue Falcon. « Ça nous fait une transition tout doucement, et on a pu quitter l’École Émilie-Tremblay, c’est vraiment positif. » Les classes des 11e et 12e années ne profitent pas encore d’horaire de travail en extérieur. « On sort plus souvent pour prendre l’air, mais comme on est en plein centre-ville, c’est plus compliqué de faire l’école dehors », explique la jeune fille.

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