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La musique pour retrouver mémoire et dignité

 

Maryne Dumaine

Le 30 mai prochain, le Partenariat communauté en santé (PCS) proposera au grand public de découvrir une approche nouvelle en matière de thérapie de la démence, et ce, grâce au visionnement d’extraits du film Alive Inside.

L’équipe du PCS s’est penchée sur les études au sujet de la perte linguistique et de la démence en contexte de langue minoritaire.
Photo : Maryne Dumaine

 

Alive Inside, un documentaire plein d’espoir

Alive Inside, sorti en 2015, est un documentaire qui met en scène un travailleur social qui décide d’apporter des appareils d’écoute musicale dans une maison de retraite. Tourné sur une période de trois ans, le film suit des patients qui, pour certains, retrouvent une partie de leur mémoire après l’écoute de morceaux appartenant à leur passé, revenant parfois plusieurs décennies en arrière.

« Voir ce film a été le moment déclencheur pour moi de commencer à travailler avec l’éveil musical et la musicothérapie pour les personnes atteintes de démence », explique Sandra St-Laurent, directrice du PCS et instigatrice du projet.

L’impact de la musique sur la mémoire

La soirée présentée par le PCS inclura le visionnement d’extraits de ce documentaire. « Dans ce film, on voit l’influence profonde de la musique sur la mémoire et les émotions. Des personnes qui sont catatoniques depuis des semaines, voire des mois, et qui ne peuvent bouger ou communiquer tant le langage est affecté par la maladie, se mettent à fredonner des airs anciens, à danser, à sourire, à se souvenir…à être quelqu’un. Je me suis dit que c’est plus qu’une question d’identité, c’est une question de dignité », raconte Mme St-Laurent.

La directrice ajoute également que le facteur de la langue est essentiel dans le traitement des troubles neurocognitifs tels que la maladie d’Alzheimer : « Les patients ont tendance à retourner à leur langue maternelle avec le temps. Je me suis dit “il faut faire quelque chose pour les personnes francophones en milieu minoritaire”. Certaines ne peuvent même plus communiquer (en anglais) avec leur famille ou avec le personnel soignant (majoritairement anglophone). »

Alliant l’importance de la langue maternelle et le pouvoir transformateur de la musique, le projet de musicothérapie est né dans le but d’offrir aux patients une meilleure qualité de vie.

Une méthode thérapeutique centrée sur la personne

L’équipe du PCS s’est penchée sur les études au sujet de la perte linguistique et de la démence en contexte de langue minoritaire. « On a fait un travail conjointement avec le réseau santé de la Nouvelle-Écosse à ce sujet », précise Mme St-Laurent.

Le documentaire démontre très bien l’importance de respecter le rythme et les particularités de chaque patient. « C’est-à-dire prendre en considération sa culture musicale, son passé, ses goûts, etc. C’est ça offrir des soins centrés sur la personne! », conclut la directrice.

Une banque de musique en français

Le projet ne s’arrête pas au visionnement d’extraits de film. La soirée vise surtout à expliquer le concept de musicothérapie. Olivier de Colombel, diplômé dans cette discipline, animera des ateliers qui permettront de faire connaître cette approche et de promouvoir le programme « Musiques et mémoires » du PCS.

Ce programme a permis de développer une banque de chansons en français, d’époques et de genres variés, afin de créer des listes personnalisées pour les personnes francophones atteintes de troubles de la mémoire. « Nous avons des trousses d’écoute avec du matériel (casque d’écoute, haut-parleur sans fil, iPod) qu’on prête gratuitement aux familles qui en font la demande. On a un projet pilote avec le service des bénévoles de l’hôpital de Whitehorse, et un autre qui démarre avec la résidence de soins de longue durée de Copper Ridge », explique Mme St-Laurent. « Il y a cette possibilité de créer cet espace francophone dans la vie de quelqu’un via la musique. La musique fait partie des mémoires anciennes. Elle est tout près des émotions, et elle peut réellement faire du bien. »

L’objectif du programme est donc d’outiller les familles, les personnes aidantes et les bénévoles auprès de personnes francophones atteintes de troubles de la mémoire, et de leur permettre de découvrir et d’utiliser cette approche. Le choix musical se fait en collaboration avec la personne ou ses proches. L’accès au programme est préalablement discuté avec l’équipe médicale.

Le prêt des trousses d’écoute se fait via le centre de ressources du PCS : 867 668-2663, poste 800 ou pcsyukon@francosante.org.

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