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La membriété des clubs de ski de Whitehorse bat des records

Kelly Tabuteau

Avec des chutes de neige plus abondantes que les années précédentes, le Club de ski de fond du mont McIntyre et la station de ski alpin du mont Sima ont offert l’accès à leurs pistes dès novembre 2020. Ces ouvertures précoces ont entraîné une augmentation des ventes de forfaits saisonniers.

Si cette année, l’attente peut être un peu plus longue au télésiège du Mont Sima, l’impression d’avoir les pistes pour soi est toujours présente. Photo : Maryne Dumaine.

 

Voilà presque un an que le Yukon s’adapte à la pandémie de COVID-19. La population du territoire doit appliquer plusieurs recommandations pour la sécurité de tous. Dans ce contexte, nombreuses sont les personnes se tournant vers des activités de loisirs de plein air.

Selon Sam Oettli, directeur général de l’organisme The friends of Mount Sima Society, c’est en effet un pari plus sûr. Benjamin Poudou, dirigeant du Club de ski de fond de Whitehorse, confirme : « Nous sommes presque certains de rester ouvert toute cette saison, puisque nous avons pu opérer en mars-avril 2020, malgré le fait que les mesures de sécurité publique étaient alors plus restrictives. »

Une pandémie en faveur du ski

Directement ou indirectement, la pandémie joue certainement un rôle dans les fréquentations records que connaissent les deux clubs de ski de Whitehorse. Un établissement d’activités de plein air est en effet plus facile à opérer en ce moment et inspire une plus grande confiance aux utilisateurs, comme l’indiquent les chiffres.

2 088 forfaits saisonniers ont été vendus en date du 27 janvier 2021 pour le club du mont McIntyre, ce qui représente une augmentation de 49,1 % par rapport aux ventes de la saison dernière. Même constat pour Mont Sima, avec plus de 1 400 forfaits saisonniers vendus, soit 300 de plus que l’année passée à la même période.

Outre la volonté de trouver des activités à l’extérieur, pour Benjamin Poudou, d’autres raisons peuvent expliquer le phénomène : « D’habitude, nous vendions une carte pour cinq jours. Pour éviter l’achalandage du chalet, et ne trouvant pas de solution technique pour la vendre en ligne, nous ne l’offrons pas cette année. Les personnes qui jusqu’ici ont acheté deux à trois cartes par saison ont peut-être privilégié le forfait cette année, d’autant plus qu’elles ne peuvent pas voyager. » Il évoque également la crainte de la fermeture des établissements intérieurs.

Des ajustements nécessaires

Mais qui dit plus de ventes, dit plus de personnes sur les pistes. Les deux clubs ont fait face à des problématiques similaires avec une saturation de certains espaces. Pour Mont Sima, qui connaissait déjà des journées chargées, le 15 janvier 2021 a marqué un tournant.

C’était une Journée de développement professionnel des enseignantes et enseignants, les jeunes n’avaient pas école, la montagne avait reçu de la neige fraîche la veille et les températures étaient clémentes pour la saison. La station a alors atteint sa capacité limite et le conseil d’administration de The friends of Mount Sima Society a décidé d’ouvrir la station les jeudis. Sam Oettli raconte : « Ajouter une journée d’exploitation nous permet de répartir la charge pour tenter de contenter le plus grand nombre. C’était aussi un moyen de pouvoir offrir des créneaux aux différentes écoles de la ville qui n’ont plus que peu d’activités physiques en intérieur. »

Au mont MacIntyre, la foule s’est concentrée sur les sentiers les plus faciles, Dog et Sundog. Plus de personnes oui, mais aussi plus de chiens, forçant les administrateurs à modifier la circulation sur ces deux pistes. Benjamin Poudou témoigne : « Pour éviter les croisements, nous avons dû imposer des sens uniques et retirer l’imposition des chiens en laisse sur les premiers 500 mètres du sentier Dog. »

Des activités maintenues

Le Club de ski de fond a revu son programme d’événements, annulant ceux organisés autour de la nourriture, tout en conservant les incontournables : le défi d’orientation Air North au mois de février, avec une nouvelle technologie « sans contact » pour trouver les balises, et le ski-marathon en mars.

Le 17 janvier dernier, les administrateurs avaient décidé de tester un nouveau concept : un concert en extérieur près du refuge Harvey. L’activité a rencontré un franc succès et devrait se reproduire dans les prochaines semaines.

À Mont Sima, les leçons de skis continuent tout en respectant les gestes barrières et le projet pilote Uphill Nights a été mis en place les mercredis soirs. Sam Oettli confie : « Nous avons été une des premières stations en Amérique du Nord à ouvrir l’été dernier pour le vélo de montagne. Dès la fin août, nous avons pensé à comment notre mode opératoire pour l’été pouvait s’appliquer à l’hiver. Le plus grand défi que nous avons rencontré a été l’organisation des secouristes, qui n’allaient pas pouvoir maintenir la distanciation physique en cas d’intervention. » Des formations de premiers soins dans le contexte de la COVID-19 ont alors été organisées et elles ont permis de mettre en place de nouveaux protocoles.

Tirant des leçons de cette saison unique, Benjamin Poudou conclut : « Nous avons grossi d’un coup. En temps normal, nous aurions atteint 2 000 forfaits saisonniers d’ici 5 ou 6 ans. Cela a donc permis de mettre en évidence les difficultés auxquelles nous pourrions faire face et de savoir vers quoi se diriger pour nous améliorer. »

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