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La jeunesse prend soin de son ruisseau

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Thibaut Rondel

Malgré la menace symbolisée par les grandes entreprises minières, pétrolières et gazières, nous ne pouvons que nous féliciter de la bonne santé des grands espaces yukonnais. Cela dit, qu’en est-il des écosystèmes qui nous entourent et que nous fréquentons chaque jour?

L’écosystème du ruisseau Spook

Afin d’étudier les causes et les impacts de l’activité humaine sur l’environnement en zone urbaine, une centaine d’élèves originaires de différentes écoles secondaires de Whitehorse ont participé le 18 septembre dernier au projet Envirothon. Le but de l’exercice était de sensibiliser les étudiants à leur environnement, par le biais de la mise en œuvre de techniques et d’expériences scientifiques simples. Le secteur choisi n’était autre que celui du ruisseau Spook, réputé concentrer de nombreuses formes de pollutions liées à l’activité humaine.

« Il s’agissait de fournir aux élèves des outils qui puissent leur permettre d’aller chercher des données cohérentes avec ce qu’ils se sont fait expliquer, à savoir que le ruisseau est contaminé », explique Karine Bélanger, enseignante de sciences naturelles à l’école secondaire d’immersion F-H.-Collins. « Ils apprennent par exemple à utiliser la Charte sur les invertébrés, afin de déterminer si ceux présents dans le ruisseau tolèrent plus ou moins bien les eaux polluées. On peut ainsi en déduire la qualité de l’eau. »

En contrebas du ruisseau Spook, au niveau du restaurant Earls, à Whitehorse, la qualité de l’eau reflète un taux de pollution important. Photo fournie

En contrebas du ruisseau Spook, au niveau du restaurant Earls, à Whitehorse, la qualité de l’eau reflète un taux de pollution important. Photo fournie

Les étudiants ont également pu étudier les causes de la turbidité de l’eau du ruisseau, et ainsi faire la part des choses entre sédiments naturels et pollution humaine. Le volet foresterie et l’étude de l’âge des arbres leur ont par ailleurs permis de déterminer à quelle époque avait été abandonnée l’exploitation d’une ligne électrique descendant les falaises d’argile surplombant la ville.

« Toutes ces expériences entrent très bien dans le cadre du programme de sciences naturelles de 10e année », lance Karine Bélanger. « Nous parlons d’écologie et beaucoup de choses que nous étudions en classe ont été mises en pratique sur le terrain. »

Halte aux comportements irresponsables

À l’issue de la journée, les élèves de Mme Bélanger devaient produire un rapport détaillant leurs conclusions. Le verdict est imparable : la pollution créée par l’activité humaine affecte et détruit l’environnement du ruisseau Spook.

De la pollution des sols engendrée il y a près de 70 ans par la fuite puis l’infiltration d’hydrocarbures, à l’absence de conscience environnementale des multinationales comme McDonald, Canadian Tire et Walmart, nombreuses sont les causes ayant mené le ruisseau à sa situation actuelle.

Stationnés à l’endroit où se trouvait jadis un marécage bénéfique au ruisseau, les propriétaires de véhicules récréatifs ignorent par exemple souvent que les huiles et les eaux usées dont ils se débarrassent sur le terrain de Walmart peuvent se mêler aux eaux du ruisseau et finir dans le fleuve Yukon. Pour les étudiants, le bon sens et l’information pourraient être des solutions.

« Pour réduire le volume [de la bactérie d’] E. coli, Walmart ne devrait pas autoriser les véhicules récréatifs à rester sur son stationnement », explique par exemple l’un des rapports préparés par un groupe d’élèves. « À moins qu’il ne mette en place un endroit où les personnes pourraient vider leurs déchets sans risquer de contaminer la rivière. »

Le groupe constitué de Luka, Shad, Samuel et Logan met quant à lui de l’avant la nécessité de responsabiliser la communauté.

« Si on pouvait mettre en action certaines de ces idées, la situation de l’écosystème du ruisseau Spook pourrait rapidement être améliorée. Tout ce dont on a besoin, c’est d’un peu de collaboration de la part de notre communauté! », écrivent-ils.

Karine Bélanger espère que l’expérience vécue par ses élèves leur donnera le goût de s’impliquer davantage dans la protection du ruisseau et des écosystèmes en général. Si certains veulent aller de l’avant avec une idée, elle envisage même de leur accorder des points bonus!

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