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La francophonie au quotidien

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Cécile Girard

Il y a des jours qui répandent l’espoir et d’autres qui donnent le mal du pays. Le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, fait partie de ces jours. Trônant au beau milieu des Rendez-vous de la Francophonie — qui se terminent cette semaine – la Journée internationale de la Francophonie parle d’une vision plus grande. Elle est la fenêtre sur le monde. Les Rendez-vous de la Francophonie sont nés en 1999 et leur intention première était de créer des liens entre les francophones du Québec et ceux de toutes les autres provinces du Canada pour finalement découvrir la francophonie avec un grand F.

Dans son message de célébration, Abou Diouf, secrétaire général de la Francophonie écrit : « […] C’est ce lien originel et cette connivence naturelle qui, en dernier ressort, nous permettent de nous entendre, dans un esprit d’écoute et de respect, sur une vision commune du monde et sur les voies qu’il reviendra, notamment aux jeunes générations, d’emprunter pour construire un “vivre ensemble” qui répond aux aspirations de tous. Que cette Journée internationale de la Francophonie soit donc l’occasion de célébrer la langue française, de la chanter dans la convivialité, de la parler en toute complicité, de la déclamer à pleins mots. »

M. Diouf évoque la complicité. La francophonie est un port d’attache où les marins se reconnaissent. Et cet état est fort, si fort qu’une œillade suffit souvent à détecter la francité. Qui n’a pas vécu cette situation? Un pur inconnu s’avance et il n’a pas besoin de parler parce que la langue, c’est aussi une identité visuelle. Au petit matin, dans un aéroport perdu ou dans un restaurant bondé, la francophonie s’entend, se voit et se reconnaît partout dans le monde. Au Viet Nam ou en Acadie, au Maroc ou au Québec, en Bretagne ou en Iran, la francophonie s’incarne dans le ton et la manière. Les bisous sur les joues, les accolades, l’existence d’un lien. Des paroles qui dansent sur mille modulations portées par un débit rapide ou lent.

L’humoriste québécois Boukar Diouf se fait cette année le porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie. Dans une entrevue publiée dans La Presse, il avoue : « J’aimerais un jour faire de la politique dans un parti pancanadien pour la protection des minorités francophones. » Cet homme plein d’humour avait peut-être eu vent du prochain budget conservateur. Le budget fédéral qui sera déposé demain est à la poursuite de l’équilibre budgétaire, un état de grâce coûteux. Le Bureau de traduction qui offre des services de traduction aux fonctionnaires fédéraux subira d’importantes compressions. À plus ou moins longue échéance, les fonctionnaires francophones ne pourront plus utiliser leur langue dans leur milieu de travail. Peut-on mener un pays comme une entreprise privée? Se laisser guider avant tout par le capital au détriment des autres aspects de la vie en société?

Le message est clair et ne va sûrement pas dans le sens de la dualité linguistique.

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