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La Deuxième Guerre mondiale vue par les Yukonnais

Laëtitia Rattier

Dans le cadre de la commémoration des deux guerres mondiales, le comité Franco50 chapeauté par l’Association franco-yukonnaise (AFY) à lancé le site Internet Histoiresdeguerre.

Les enfants de la guerre

« On voyait qu’il y avait beaucoup de sites sur l’histoire elle-même, les combats, les soldats… mais il y a eu des histoires derrière ça et un impact sur la population civile. C’est de là que nous est venue l’idée », explique Patricia Brennan, gestionnaire de projets à l’AFY et responsable de la coordination de Franco50.

Le site Internet compile donc les histoires d’enfants ayant vécu durant ou après la Deuxième Guerre mondiale.

« Les adultes qui ont vécu la guerre sont décédés aujourd’hui, mais il reste encore les enfants de cette époque-là qui sont dans la soixantaine, voire la soixante-
dizaine », explique Mme Brennan. « On a des gens d’origine européenne qui sont venus vivre au Yukon, mais aussi des Yukonnais et des Yukonnaises qui se dirigeaient vers l’enrôlement et le combat », précise-t-elle.

Page d'accueil du site Histoiredeguerre lancé par l'AFY et le comité Franco50

Page d’accueil du site Histoiredeguerre lancé par l’AFY et le comité Franco50


Patricia Brennan raconte l’histoire de cet homme qui aurait voulu être soldat, non pas pour se battre, mais pour une question de survie. Contrairement aux militaires, la population avait en effet difficilement accès aux soins et à la nourriture à cause des bombardements.

« Un témoignage froid qui n’a pas pour but de minimaliser les sacrifices des soldats, mais de faire réfléchir à tout ce qui se passait derrière le front », précise Mme Brennan.

Elle a également reçu le témoignage d’un homme qui doit la vie à un Canadien. « Le jour où il a appris que son village avait été sauvé par un soldat canadien, il s’est promis d’aller au Canada s’il survivait et il l’a fait », explique-t-elle ainsi.

Née dix ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Mme Brennan a elle-même subi les séquelles de cette période. « J’ai vu des choses à l’époque que je comprenais mal, mais que je comprends mieux aujourd’hui », confie-t-elle. « Le concept du choc post-traumatique n’avait pas encore de nom, mais c’est exactement avec ça qu’un de mes oncles a vécu toute sa vie. »

Une sélection au peigne fin

Pour réaliser son projet, Franco50 a recruté une vingtaine de personnes et en a trouvé huit qui répondaient à au moins trois des quatre critères de sélection.

« Nos critères étaient assez précis. On cherchait des gens qui sont venus vivre au Yukon, qui ont vécu la guerre à partir de n’importe quel continent, car il s’agissait d’une guerre mondiale », explique Mme Brennan. « [Franco50] a appris en cours de route que ce n’est pas parce qu’un traité de paix avait été signé que la guerre était terminée. Les pays d’Europe étaient très instables politiquement et auraient pu sombrer très facilement dans la guerre civile. On a donc abandonné ce critère d’avoir vécu durant les années de la guerre. »

La disponibilité pour les entrevues était aussi un des critères auquel devaient répondre les participants. Malgré leur bon profil, d’autres n’ont pu être retenus par souci de santé. « Leur capacité de mémoire était affectée par la démence », souligne Mme Brennan. « Et certains se sont retirés du projet, car ils n’arrivaient pas à raconter leurs histoires, c’était trop difficile. »

Avec pour objectif de proposer un point de vue plus large sur ce qui se passait à cette époque, le site Histoiresdeguerre continue de recueillir des témoignages. « C’est un site qui est vivant, car il ne cesse d’évoluer », assure Patricia Brennan.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur histoiresdeguerre.afy.yk.ca.


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