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La Conférence des aînés et aînées francophones du Canada

Laëtitia Rattier

La 3e Conférence nationale des aînées et aînés francophones du Canada avait lieu à Whitehorse le 7 juin dernier. L’événement se tenait dans son ensemble du 2 au 13 juin, et il s’agissait d’une première pour la capitale yukonnaise. « La conférence était très importante pour moi parce que c’était une première pour la communauté des aînés et aînées franco-yukonnais », explique Patricia Brennan, gestionnaire de projets à l’Association franco-yukonnaise (AFY) et responsable de la coordination des activités du groupe Franco50.

Fondée en 1992, la Fédération des aînés et aînées francophones du Canada (FAAFC) agit comme porte-parole officiel de 60 000 aînées et aînés francophones. De plus, elle soutient les associations et les fédérations provinciales et territoriales d’aînés et d’aînées francophones au Canada dans leur développement et dans la prestation des services aux membres.

Le 7 juin, près de 80 membres de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada se sont rassemblés à Whitehorse pour leur conférence annuelle. Photo: Laëtitia Rattier

Le 7 juin, près de 80 membres de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada se sont rassemblés à Whitehorse pour leur conférence annuelle. Photo: Laëtitia Rattier

 

Représentante de Franco50 à la FAAFC, Roxanne Thibaudeau explique que « la conférence est importante sur deux plans : donner encore plus de visibilité au groupe Franco50 au Yukon, mais aussi encourager les gens qui sont en régions éloignées et leur montrer qu’on a les mêmes réalités, même si on est au Nord. » Lauréate du Prix national du leadership de la FAAFC, cette Franco-yukonnaise affirme que « le défi majeur, c’est vraiment les services de santé en français, à cause du nombre de personnes aînées. Un jour, il va y avoir tellement d’aînés que cette problématique va changer. »

À la suite de la conférence qui a eu lieu en avant-midi, des ateliers ont été proposés en après-midi pour échanger sur différents thèmes et enjeux comme la culture, la santé, l’efficacité des communications ou encore les activités intergénérationnelles. Des solutions ont été proposées en début de soirée. « Je suis très satisfaite de la conférence, ce n’est jamais comme on le planifie au départ, mais ça s’est bien déroulé et les gens sont très contents. On les a accompagnés dans leurs sorties et ils ont beaucoup d’enthousiasme, et ont été très impressionnés par la région », confie Mme Brennan.

Très satisfaite également de la conférence, Mme Thibaudeau est enchantée. « Ça fait longtemps que je suis représentante à la fédération et c’était mon rêve que les gens viennent ici, mais je n’y croyais pas parce que c’est tellement loin », confie-t-elle.

Sur les 85 personnes inscrites à la conférence, une dizaine de personnes n’ont pu se rendre à Whitehorse pour cause de problèmes de transport et de voyage.

Vox-Pop

Roland Gallant

Président de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada. Originaire du Nouveau-Brunswick.

Au Nouveau-Brunswick, on est quand même plus de 30 % de la population à être francophone. Malgré ça, obtenir des services en français, c’est toujours un défi. Le but de cette conférence est de faire en sorte que les divers gouvernements reconnaissent le droit des francophones à être servis en français. En vieillissant, on constate que les aînés perdent leur bilinguisme et reviennent à leur langue maternelle qui est le français. On dit vieillir, c’est revenir à l’enfance. Là où ils demandent des services en français et qu’ils ne les ont pas, ils doivent employer leur anglais.

Michel Vézina

Originaire de la ville de Québec et installé en Saskatchewan depuis 1979

Je pense que pour toutes générations confondues, la question de la langue est universelle. Tout le monde doit se battre pour préserver le français et quand on est aînés, les questions de santé, de services sociaux et de sécurité sont probablement plus omniprésentes. L’isolement est un défi quotidien pour nous qui vivons dans une communauté à 200 km du premier centre urbain. Même si on a vécu en anglais, qu’on a travaillé en anglais, la langue française reprend le dessus un jour ou l’autre. Donc, comme les services en français sont peu développés, ça peut devenir un défi encore plus considérable qu’on rencontre à ce moment-là.

Marie-Christine Aubrey

Originaire de France (Bretagne) et installé aux T. N.-O. depuis 24 ans

Le défi dans les T. N.-O., c’est que la population francophone, mis à part à Yellowknife, est très dispersée un peu partout. Jusqu’à présent, nous avions des retraités qui travaillaient pour le gouvernement territorial ou fédéral et ensuite repartaient au Québec ou dans différentes régions. Aujourd’hui, de plus en plus décident de rester, mais il faut trouver des activités qui puissent améliorer le sort des gens des deux côtés, surtout chez nos aînés qui développent la peur de vieillir en anglais. Vieillir dans sa langue, je trouve que c’est essentiel et c’est la raison pour laquelle je me suis vraiment engagée dans ce dossier.


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