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La chronique d’Isabelle : Malaise avec un grand « M »

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Isabelle Bouffard

Bon, là c’est le moment où je me dévoile et vous raconte un épisode gênant, tiré du récit de l’été de mes 11 ans. Je passais alors quelques jours chez ma grand-mère Lucia lorsque mon jeune corps d’enfant a décidé de changer. Ben oui, toé : menstruée. Tu parles d’une grosse journée!

Mamie Lulu s’en pouvait plus : le début de ma puberté ne passerait pas inaperçu! Pas de temps à perdre, il fallait fêter ça. Lucia nous a donc fait entrer (moi, mes crampes et mon jeune âge) au bar de la marina du lac Maskinongé, en annonçant à tous présents : « Aujourd’hui, ma petite-fille est devenue une femme! Tournée de Ginger ale pour tout le monde! ». Plus tard cette même journée, elle m’a équipée de serviettes sanitaires aussi épaisses qu’un matelas et m’a donné une petite tape dans le dos en me disant de retourner faire du vélo. Ouin, le fameux été où mon enfance a soudainement pris fin.

Un vélo pis une coupelle, ça donne des ailes! Photo: fournie

Un vélo pis une coupelle, ça donne des ailes! Photo: fournie


N’empêche que ce jour-là, Mamie m’a enseigné d’importantes leçons de vie :

1) les grands événements se célèbrent avec des bulles;

2) peu importe le niveau d’embarras, le ridicule ne tue pas; et

3) malgré les obstacles, on doit toujours remonter sur notre vélo.

Malheureusement, ce que Mamie ne m’a pas dit, c’est qu’au cours de ma vie, j’utiliserais environ 11 000 tampons ou serviettes. Que ces produits hygiéniques, fabriqués à partir de plastique et autres fibres synthétiques, ne se recycleraient pas, ne se composteraient pas, et s’accumuleraient dans les dépotoirs. Que les produits chimiques utilisés pour les rendre plus blancs que blanc et super absorbants m’exposeraient à un risque de développer infections, infertilité, cancer et syndrome de choc toxique. Que les applicateurs de tampons en plastique se retrouveraient parfois flottant sur nos fleuves, lacs et étangs. Tsé, comme sur le lac Maskinongé.

Parlons des vraies affaires

Ah, les règles! Ce fameux « temps-là du mois » durant lequel on n’est pas menstruée mais plutôt « patchée », dans le rouge, indisposée. On ne veut pas les nommer, encore moins en parler. Le malaise est réel et joue en faveur de l’industrie de l’hygiène féminine qui, à ce jour, n’a aucune obligation à divulguer les composantes de ses produits. Alors que les options « vertes » de toutes sortes envahissent les marchés, les produits hygiéniques quant à eux n’ont pas beaucoup changés. Que ce soit par leur fabrication ou leur mise au rebut, les tampons et serviettes à usage unique sont extrêmement polluants. La fidélité à une marque particulière se développant jeune, les chances sont que la majorité des femmes continueront à utiliser les mêmes produits sans se poser de question. Le tabou, l’ignorance et la résistance au changement sont une formule gagnante quand on vend des produits ayant d’aussi graves répercussions.

Révolution!

Par souci d’hygiène, l’idée des produits réutilisables en rebutent plusieurs, mais croyez-moi : c’est plus facile et sanitaire qu’on ne le croit. Il existe plusieurs options telles les serviettes hygiéniques lavables, les éponges menstruelles et puis, révolution : la coupelle!

De plus en plus populaire, il s’agit d’une petite coupe en forme de cloche qui est insérée dans le vagin pour recueillir l’écoulement menstruel. Faite de latex ou de silicone de qualité médicale, elle est réutilisable et durable. On peut la laisser en place jusqu’à douze heures d’affilée, nous permettant de vaquer à nos activités. Par la suite, il suffit de la vider, rincer, replacer et le tour est joué. Bon, je ne vous mentirai pas : il faut d’abord l’apprivoiser. Mais une fois habituée, vous serez plutôt comblée.

Quoi? Vous aimeriez vous gâter et acheter une de ces coupelles menstruelles? Grâce à l’organisme Les EssentiElles, vous les trouverez au Centre de la francophonie (302, rue Strickland). Elles sont disponibles en deux tailles différentes au coût de 35 $. Considérant leur durée de vie, c’est toute une économie! Pour plus d’information, visitez : www.lesessentielles.ca/ventesproduits.php

Et Mamie dit : « Va faire du vélo! »

Maintenant qu’on est bien équipées, on se donne une petite tape dans le dos et on retourne faire du vélo! En effet, du 30 mai au 5 juin, c’est la semaine « À vélo au boulot » (Bike2Work Week). Il s’agit d’une initiative d’Énergie Yukon visant à encourager les Yukonnais et Yukonnaises à mettre de côté leurs autos et enfourcher leurs vélos! Visitez www.yukonbiketowork.ca pour vous inscrire et courez la chance de gagner des prix. Allez, faites-le : Mamie l’a dit!

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