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La chronique d’Isabelle : Le sac à caca

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Isabelle Bouffard

Ma grande amie Gabrielle et moi avons décidé de nous rejoindre à Las Vegas pour explorer le Sud-ouest américain. S’ensuivirent journées de randonnée et soirées sous la tente en pyjama, à se raconter des secrets en se faisant des tresses. Tsé, un beau « road trip » de filles.

Le point culminant de notre voyage : une randonnée au fin fond d’un ravin, à même la rivière Virgin, avec de l’eau parfois jusqu’à la taille. Grandiose! Question de garder la fameuse rivière aussi vierge que possible, le parc national de Zion encourage fortement la pratique du Sans Trace (Leave No Trace) et impose l’utilisation d’un sac de traitement des déchets humains. Ouin, c’est ça : un sac à caca, lequel doit être transporté, utilisé et remis au personnel du parc à la fin de l’escapade. On lui a donc trouvé une place dans nos sacs à dos, pas trop près de notre mélange du montagnard, et on s’est soumises au règlement.

saccaca

Bon, si je vous raconte tout ça, c’est que j’avais besoin d’un titre accrocheur. C’est aussi que la longue fin de semaine de mai a marqué le début officiel de la saison du camping, de la randonnée, du canotage et je sais très bien ce qui va bientôt arriver : on va trouver du papier de toilette sur les sentiers. Ben oui, des petits papiers à pipi laissés dans l’arrière-pays. Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me met en maudit!

L’appel de la nature

Lorsqu’on explore les vastes étendues yukonnaises, qu’on le veuille ou non, on aura tous besoin à un moment donné d’utiliser les toilettes. Lorsque disponibles, on utilise les bécosses. Sinon, on s’adapte.

Le petit pipi doré : l’urine ayant peu d’effet sur l’environnement, on peut donc se relâcher dans la nature en toute quiétude. On recommande tout de même d’uriner loin des sources d’eau, des sentiers et des campements, afin d’éviter contamination, odeurs et animaux. En effet, certains animaux adorent le sel. Pour cette raison, évitez d’uriner sur les plantes qui pourraient être défoliées par des bêtes prêtes à tout renverser pour une petite lichée salée.

Le gros no 2 : afin de garder nos cours d’eau et ceux qui y boivent en bonne santé, il est essentiel de bien disposer de nos excréments. Et puis, admettons-le : y’a pas personne qui aime ça marcher dedans. Deux choix s’offrent donc à nous, soient enterrer ou emballer les gros « cadeaux ».

Le trou sanitaire individuel

Il s’agit d’un trou d’environ 6 à 8 pouces de profondeur par 4 à 6 pouces de diamètre dans lequel on enterre nos besoins. Pour le creuser, un bâton ou une truelle sont essentiels. Une fois terminé, on le remplit puis le camoufle à l’aide de branches, feuilles, alouette. Voici quelques lignes directrices pour faire ça comme des pros :

Assurez-vous d’être à au moins 70 mètres d’un plan d’eau.

Choisissez un endroit dissimulé, loin des regards et des sentiers.

Lorsqu’on voyage en groupe ou qu’on reste au même endroit pour plusieurs jours, évitez de transformer votre camp en champs de mines et dispersez vos trous.

Maximisez la décomposition en creusant dans un sol organique (comme la terre noire) et préférablement au soleil. En prime, les rayons solaires vous réchaufferont le derrière.

Choisissez un emplacement surélevé. En plus d’offrir une vue, l’élévation assurera que les déchets soient filtrés par le sol avant d’atteindre une source d’eau.

Oh, et assurez-vous qu’il n’y a pas d’appareil photo. Ne riez pas, ça m’est arrivé. Il y a un chasseur dans le nord-ouest de la Saskatchewan qui a sans aucun doute trouvé des images compromettantes de moi, les culottes baissées, sur sa caméra à gibier!

Le fameux « seau de miel »

Que ce soit dans les endroits très achalandés, les gorges fluviales, les régions alpines, arctiques ou désertiques, on n’a parfois pas d’autre choix que de rapporter tous nos déchets, excréments inclus. Il est donc très important de connaître les politiques en vigueur lorsqu’on explore un nouveau parc ou territoire. Sachez qu’il existe une panoplie de produits de traitements des déchets humains. On les retrouve sous forme de sacs, tubes, boîtes et seaux.

Le papier hygiénique

Les adeptes inconditionnels du programme Sans Trace vous diront qu’une roche plate, une branche au bout rond ou la végétation le remplaceront. Bon, j’avoue ne pas être rendue là dans mon évolution. Du papier de toilette utilisé avec modération, enfoui dans le trou sanitaire ou rapporté dans un sac de plastique : telles sont mes options.

La touche féminine

Les grands défis de la femme dans l’arrière-pays : ne pas trop s’exhiber ni arroser ses bottes lorsqu’on s’accroupit. Pour faciliter la tâche, il existe des dispositifs en plastique permettant aux femmes de pisser debout comme des grandes, sans se déshabiller ou se mouiller les pieds. Une solution pratique sur les sentiers achalandés, hiver comme été. Si vous aussi aimeriez pouvoir uriner sans vous montrer les fesses, le modèle Pstyle est disponible à la réception du Centre de la francophonie (302, rue Strickland) au coût de 15 $ (argent comptant ou chèque seulement). Plus d’information ici.

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