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La Caravane des dix mots fait halte à Dawson

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Thierry Guenez

Savez-vous ce que signifie dracher? Ou avez-vous la moindre idée de ce qu’est une lumerotte? À moins que vous n’ayez des origines du nord de la France, de la Belgique ou du Congo, c’est peu probable. Seriez-vous capable, si l’on vous demandait de sortir dans votre jardin à l’instant, de créer une œuvre d’art incarnant ces mots avec des matériaux éphémères et naturels? C’est ce que font les enfants qui croisent la route de la caravane menée par Marie-Hélène Comeau, artiste, secondée par Delphine Bouteiller, médiatrice culturelle à l’AFY. Et la semaine dernière, cette caravane est passée par Dawson.

Un projet mondial

En 2003, la caravane naît en France dans le Lyonnais. Le but? Dix mots choisis par année, dix mots de français utilisés partout où l’on parle la langue de Molière. Amériques, Afrique, Europe, Océanie, Asie, chaque continent a ses mots et illustre à sa façon la diversité du langage. Il s’agit de présenter ces mots et de discuter du sens, de l’histoire. Créer à partir du mot et grâce à un support (peinture, vidéo, théâtre, poésie…) du dialogue et développer l’imagination.

L’art éphémère (le land art) au service du français

Au Yukon, Marie-Hélène Comeau, basée à Whitehorse, s’est saisie du projet voilà trois ans. Et pour la première fois, elle a mené sa caravane, nommée ici la Caravane boréale des dix mots, à Dawson. « Cette année, nous voulons réfléchir sur la façon d’inclure Dawson dans ce projet », dit-elle.

Des élèves de 5e année tentent d’illustrer dans la neige le mot « fada ».  Photo : Mariève Bégin

Des élèves de 5e année tentent d’illustrer dans la neige le mot « fada ». Photo : Mariève Bégin

Dix mots, donc. On présente les mots aux élèves, on discute du sens. Déjà, ils ouvrent de grands yeux : les pays d’où viennent ces mots ont des résonances lointaines et exotiques… Ils découvrent peut-être que l’on parle français partout autour du globe. Ensuite, les élèves sortent dans la cour et, en équipes, créent une œuvre d’art éphémère censée capter l’idée ou l’essence du mot, ou du moins l’idée qu’ils s’en font. Neige, glace, bois, cailloux… et vous, comment représenteriez-vous le mot « fada » avec de telles ressources? Eux ont fait des spirales, des pieuvres humaines ou d’autres formes censées invoquer la folie.

Le but est simple : faire réfléchir, faire coopérer les enfants entre eux, les ouvrir à l’art, tout en se servant de cet art comme vecteur du français. « Ça fait très plaisir de voir à quel point les enfants jouent le jeu et sont intéressés », raconte Delphine Bouteiller, médiatrice de l’Association franco-yukonnaise. Marie-Hélène continue : « Grâce à cette approche, le professeur se rend compte que l’art permet d’aborder en français d’autres thématiques (histoire, géographie, musique…).

Définir les besoins      

Apprendre le français par l’acte créatif, poursuivre le mouvement d’expansion de l’art qui sort de plus en plus des galeries, des studios, tel est l’objectif de la caravane. Marie-Hélène et Delphine aimeraient qu’un jour une caravane soit implantée à Dawson. « Nous n’en sommes pas encore là », disent-elles de concert. Mais il y a de l’espoir.

L’heure est à l’évaluation, à la présentation du projet par des ateliers sporadiques comme celui-ci. Mariève Bégin, monitrice de français à l’École Robert-Service, se montre optimiste : « Même si au départ nous pouvions être sceptiques pour certains, l’imagination et l’intérêt dont ont fait preuve les enfants sont la preuve que ça marche. Nous aimerions reproduire l’expérience! »

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