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La campagne de consentement ne perd pas sa pertinence

Virginie Joncas (Les EssentiElles)

Qui dit « été » dit aussi « festivals de musique » et occasions nombreuses de se rencontrer pour festoyer. Au beau milieu de cette frénésie estivale, l’organisme les EssentiElles, en collaboration avec le Centre des femmes Victoria Faulkner, mène une campagne sur le consentement pour faire de la sensibilisation auprès des personnes de tous âges.

L’équipe du consentement est présente à la majorité des festivals estivaux du Yukon.
Photo : Les EssntiElles

« Il demeure important d’afficher une présence lors des divers événements musicaux en raison des abus d’alcool ou de substances qui peuvent entraîner des situations fâcheuses. Nous avons comme but de rappeler l’importance du consentement dans les relations, et nous voulons être à la disposition de toutes les   personnes qui souhaiteraient parler afin de les diriger vers les bonnes ressources, si cela devait s’avérer nécessaire », explique Jocelyne Isabelle, directrice des EssentiElles.

Le kiosque de la campagne

L’équipe du consentement présente un kiosque où des personnes formées dans le domaine humain et une équipe de bénévoles très impliquée peuvent répondre aux questions de la population.

Pour les plus jeunes festivaliers, une roue tournante est à disposition avec un jeu-questionnaire sur le consentement. Les questions abordées se situent davantage sur le plan de l’empathie, leur permettant de réfléchir à différentes situations où ils peuvent définir leurs limites et faire un choix éclairé avant de donner leur permission ou leur refus. Quant aux plus vieux, des jeux-questionnaires adaptés avec des questions sur le consentement sexuel leur sont proposés.

Il y a aussi la fameuse machine à macarons, très populaire auprès de toutes les personnes qui visitent le kiosque. Celle-ci permet même d’encastrer des dessins créés par les plus créatifs. Plusieurs canevas existent déjà et ceux-ci comportent tous des messages sur le consentement et sur le respect de soi et de son corps. Aussi, cette année, il y a eu l’ajout d’un cadre pour faire un photomaton.

L’éducation au consentement, une question toujours pertinente?

Le sujet du consentement, qui peut apparaître évident pour certaines personnes, demeure cependant toujours aussi pertinent dans notre monde moderne, et cela est encore plus vrai en ce qui a trait au Yukon. En effet, selon Statistique Canada1, il y aurait trois fois plus d’agressions sexualisées au Yukon que partout ailleurs au Canada . Suivant ce constat, il vaut mieux en parler librement et éduquer les enfants dès leur plus jeune âge au sujet de l’importance d’obtenir le consentement.

Le consentement est une permission, il s’obtient par une réponse tacite et est exempt d’ambiguïté. Cela signifie que le consentement se définit par un OUI affirmatif et enthousiaste, rien de moins! Quant au consentement sexuel, il est sans valeur lorsque demandé par une figure d’autorité.

Beaucoup de gens parlent des « zones grises », c’est-à-dire de ces moments où il n’y a pas d’opposition tacite. Ce peut être l’exemple d’une jeune femme qui décide de quitter une fête, mais qui est retenue par son hôte qui l’amène dans sa chambre et qui l’embrasse. Elle lui dit pourtant qu’elle ne veut pas, qu’elle n’en a pas envie, mais sans que l’hôte ne s’arrête. Ainsi, c’est le moment où les victimes cèdent, sans consentir tout autant.

Cette zone est-elle réellement grise? Pas réellement, car en fait, la responsabilité revient à la personne qui initie les contacts physiques. C’est bel et bien cette personne qui devrait s’assurer d’obtenir un OUI tacite et enthousiaste à chaque escalade du contact.

Des ressources pour les victimes

Il existe une multitude de services pour les victimes d’agressions sexualisées au Yukon. Le Centre des femmes Victoria Faulkner offre, entre autres, un endroit sécuritaire aux femmes et à leurs enfants pour parler dans un climat empathique et réconfortant. Aussi, Third party reporting (déclaration faite par un tiers) est une ressource à qui l’on peut s’adresser pour déclarer une agression sexuelle, sans devoir passer par l’entremise des services de police.

Le consentement est un droit fondamental de l’être humain, au même titre que le droit à la vie, à l’intégrité et à la sécurité. Rappelons-nous que les limites de chacun ne doivent pas nous être étrangères, que l’empathie et la communication sont les meilleures amies du consentement et que le meilleur des mondes est celui où les gens se comprennent et se respectent.

Toute l’équipe des EssentiElles vous souhaite un été rempli de bonheur et de communication positive!

1 Campagne du consentement au Yukon, par Sarah Cloutier : bit.ly/2MlB45W

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