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Julie Plourde filme la nouvelle ruée vers l’or

Julie Plourde filme la nouvelle ruée vers l’or

Thibaut Rondel

Le nouveau documentaire de Julie Plourde, La promesse du Klondike, sera diffusé à Radio-Canada Vancouver les 23 et 30 mars prochains. Dans son film, tourné à Dawson City à l’été 2011, la réalisatrice s’est intéressée à la nouvelle ruée vers l’or du Yukon. L’idée a éclos à Whitehorse. « Mon conjoint est spécialiste en environnement et travaillait pour une firme d’ingénieurs à Whitehorse », raconte Julie Plourde. « Un des ses collègues m’avait conseillé d’aller voir à Dawson, car il avait entendu dire que beaucoup de gens s’y rendaient dans l’espoir de prospecter. À l’époque du tournage, le prix de l’once d’or était à 1 800 dollars! »

Portraits de prospecteurs

S’appuyant sur les témoignages de trois prospecteurs des temps modernes, Julie Plourde fait partager au spectateur le style de vie et les motivations de ces hommes plutôt singuliers. « Je souhaitais parler du style de vie des prospecteurs et des chercheurs d’or, et de fil en aiguille, j’ai découvert qu’il y avait des rêveurs, que certains réussissaient, et d’autres peut-être moins bien », raconte Julie Plourde. « Mais en 42 minutes, je crois que j’ai réussi à faire un portrait assez juste de l’industrie, mais surtout un portrait de ces gens qui en vivent ou qui rêvent d’en vivre. »

La réalisatrice a filmé pendant six jours la vie quotidienne de Réjean Audet et de Dave Miller, deux prospecteurs d’or du Klondike, mais aussi d’un ancien mineur de 97 ans, Lorenzo Grimard. « Au final, ce sont ces personnages qui ont tissé le film et qui le portent », confie Julie Plourde. « Je ne sais pas comment ils vont, parce que le temps s’est beaucoup écoulé depuis, mais le tournage à Dawson City a vraiment été agréable et j’en garde un souvenir précieux. »

Une avant-première à Montréal

Le documentaire La promesse du Klondike a été présenté en avant-première dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois qui se tenaient à Montréal le mois dernier. Une occasion pour le public de découvrir le Yukon et ses réalités fort différentes de celles de l’Est. « Les gens n’avaient jamais entendu parler de ça, ils étaient très curieux et il y avait beaucoup de questions par rapport à l’industrie des chercheurs d’or et des prospecteurs », indique la réalisatrice. « Pour ma part, c’était vraiment agréable de voir les réactions du public et aussi de revoir le film, parce que ça faisait déjà un an que nous avions terminé la production. »

Après Alanna, portrait d’une jeune Yukonnaise atteinte du syndrome d’alcoolisation fœtale, La promesse du Klondike est la seconde œuvre documentaire que Julie Plourde réalise dans le cadre du Concours Tremplin ONF. La réalisatrice devra désormais candidater aux programmes réguliers de l’organisme si elle souhaite développer d’autres documentaires. « Les programmes réguliers représentent définitivement la nouvelle voie pour moi, mais il y a quand même beaucoup d’opportunités et de budget pour les films qui proviennent de l’extérieur du Québec », assure Julie Plourde.

Le vieux piano

La réalisatrice ne cache pas sa volonté de tourner à nouveau, mais cette fois peut-être pour un programme anglophone. « C’est une idée que je dois explorer, mais c’est un peu un film de famille », confie-t-elle. Le documentaire conterait l’histoire d’un vieux piano appartenant à la belle-famille de la réalisatrice, propriété de l’arrière-grand-père de son conjoint, un Écossais ayant jadis travaillé pour la Compagnie de la Baie d’Hudson. « Il était musicien et avait gagné son piano au poker, avant de l’abandonner dans le Nord, à Fort Resolution », raconte Julie Plourde. Séparé de force de ses enfants placés en école résidentielle, l’homme ira refaire sa vie au Sud. De fil en aiguille, la famille retracera l’histoire de ce piano, passé aujourd’hui entre les mains du fils de la réalisatrice. « Semble-t-il qu’il s’agit du premier piano à avoir fait le voyage par canot jusqu’aux TNO. Il est très vieux, il a peut-être 150 ans », indique-t-elle. « C’est un objet qui fait le lien entre deux familles qui ont été séparées. Ça raconte l’histoire des écoles résidentielles, des autochtones du Nord, et je trouve que c’est une histoire riche. »

La promesse du Klondike, les 23 et 30 mars, à 16 h 30 à Radio-Canada Vancouver.

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