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Jonathan Alsberghe, le jardinier-voyageur

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Françoise La Roche

Si on demande à ce Français du nord quel est l’élément déclencheur qui l’a amené à vivre au Yukon, Jonathan Alsberghe donnera plusieurs réponses : le hasard, l’auteur Roger Frison-Roche et son 30e anniversaire.

La passion première de Jonathan est l’horticulture. Il en a fait son domaine d’études. Il a ensuite créé son premier jardin chez ses parents dans le sud-ouest de la France, à Bergerac. « Un jardin rouge, un jardin bleu, un jardin tropical, une roseraie, un potager de curé (de petits carrés). J’ai planté plus de 2 000 vivaces, 150 plantes tropicales et méditerranéennes et 80 rosiers anglais sur deux hectares », raconte le jardinier. Pour monter sa collection de plantes tropicales, il a beaucoup voyagé, d’où son nom de jardinier-voyageur (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Polynésie française, Hawaï).

Des projets détournés

« À l’origine, je voulais démarrer une entreprise d’aménagement paysager en Bretagne », raconte Jonathan. « J’avais déjà trouvé un logement et des clients. À peine rentré de Polynésie, j’étais chez mes parents et le téléphone sonne. Une amie qui travaillait au Québec avait parlé de moi à son employeur. C’était lui qui me demandait si je souhaiterais venir travailler avec eux. »

Jonathan Alsberghe. Photo: Johan Demarle

Jonathan Alsberghe. Photo: Johan Demarle


Après une brève rencontre avec ce futur employeur et un peu de réflexion, le jardinier-voyageur quitte définitivement la France pour s’installer au Québec en novembre 2009. Permis de travail temporaire en poche, il débarque à Laval près de Montréal et reste six ans au Québec.

Jonathan y a démarré sa compagnie Le jardinier-voyageur. « Pour moi, le voyage et le jardinage, c’est absolument lié. Quand vous allez en voyage, ce que vous remarquez le plus, c’est la végétation », explique-t-il.

Il a développé le volet aménagement paysager en premier. Il est aussi à l’origine d’un événement horticole itinérant au Québec, Les journées des plantes originales dont la quatrième édition a eu lieu l’an dernier.

Le Yukon

C’est la lecture du livre Les terres de l’infini : la vallée sans hommes de Roger Frison-Roche qui a fait germer en Jonathan le goût de voir le Yukon. Pour ses 25 ans, il avait déménagé au Québec. Pour ses 30 ans, il voulait qu’il se passe quelque chose. Il a alors décidé de venir au territoire. Le 2 juillet 2015, il prend la route pour une traversée du Canada en direction du Nord.

Depuis, il travaille aux serres d’Ibex Valley. Il vit en cabine et vise l’autosuffisance en légumes dès cette année. « Pour faire pousser les légumes, une journée au Yukon, c’est l’équivalent de deux jours au Québec. On rattrape tout le temps perdu et les plantes sont bien gorgées de soleil », nous explique Jonathan, très confiant.

L’infatigable jardinier ne sème pas que des graines, mais aussi des idées de projets. Il s’apprête à lancer sa compagnie de voyages d’aventure Le Chti’ jardinier-voyageur. Il offre de découvrir le Yukon en quatorze histoires avec ceux qui étaient là lorsque tout a commencé il y a de très nombreuses lunes déjà : les quatorze Premières nations du Yukon.

Le lancement aura lieu le 21 juin lors de la Journée nationale des Autochtones par Long Ago Peoples Place, partenaire du jardinier.

Pour information : www.jardiniervoyageur.com

L’enfer de la paperasserie

Tout immigrant au Canada qui veut une résidence permanente doit passer par la bureaucratie fédérale du ministère de l’Immigration. Au souvenir de cette époque d’attente, Jonathan réplique : « La résidence permanente, ça a été un bordel monstrueux. » Selon son expérience et celles d’autres immigrants, il affirme qu’il y a deux catégories : ou bien ça va tout seul, ou bien c’est l’enfer.

Dans son cas, il a dû attendre trois ans avant d’obtenir le statut de résident permanent. Premièrement, il a eu affaire à un conseiller en immigration frauduleux issu d’une agence privée. Puis, un beau jour, il est entré chez lui et a trouvé une enveloppe d’Immigration Canada sur le pas de sa porte. C’était son dossier, tout barbouillé en rouge. Les tarifs avaient changé entre le moment où il l’avait envoyé et celui où le gouvernement avait commencé à l’étudier. Après deux ans d’attente, retour à la case départ!

Les immigrants peuvent parfois vivre un stress permanent dans l’attente de leur résidence. « Si l’employeur ne veut plus de vous, on a 24 heures pour quitter le pays. Vivre ça pendant trois ans, ce n’est pas drôle », dit Jonathan.

Et c’est sans compter l’information différente qu’ils reçoivent d’un fonctionnaire à l’autre sur un même sujet. « J’ai laissé tomber. J’ai pris la voiture, roulé deux heures pour aller jusqu’à la frontière américaine et j’ai demandé au bureau du Canada. Ce sont eux qui décident si on entre ou pas. J’ai bien fait, parce qu’en 30 secondes j’ai obtenu toutes les réponses à mes questions. »

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière de Citoyenneté et Immigration Canada.

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