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Japon : des singes qui se la coulent douce

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Émylie Thibeault-Maloney

Je viens de descendre du bus qui m’a amenée de la petite ville de Yudanaka, dans le nord du Japon, à l’entrée du parc national Jigokudani. J’ai 1,8 km à marcher. Il a neigé pendant la nuit et les branches sont chargées d’une épaisse couche blanche. L’air est frais, mais pas froid.

Je marche dans le sentier bordé d’arbres qui mène aux sources d’eau chaude. Je sais que je serai la première arrivée au site, qui ouvre ses portes à 9 h, soit dans 30 minutes. Je ne me presse pas.

Pour la première fois depuis mon arrivée en Asie, je suis vraiment toute seule. Et dans la forêt. J’apprécie pleinement le moment. Je regarde autour de moi, je respire, je souris intérieurement.

J’arrive au site; l’emplacement est magnifique.

Après avoir réglé le prix d’entrée dérisoire (500 yens, soit environ 5 dollars), je contourne le petit chalet et – BAM! – j’aperçois mon premier macaque japonais en liberté. Il est juste là, devant moi, dans l’escalier. Je ne sais pas trop comment réagir. Je sais seulement qu’il ne faut pas sourire, car les singes voient les dents comme un signe d’agression, et que les primates n’aiment pas vraiment les autres espèces animales. Je deviens nerveuse.

Les macaques japonais du parc national Jigokudani. Photo : Émylie Thibeault-Maloney

Les macaques japonais du parc national Jigokudani. Photo : Émylie Thibeault-Maloney

 

Un employé passe à côté du singe qui s’en contrefout. OK, j’y vais. La bouche bien fermée, je m’avance. Les singes sont vraiment nombreux. J’apprendrai plus tard qu’ils sont une meute de 140 individus.

Je frôle la crise cardiaque chaque fois qu’un d’eux passe en courant à côté de moi.

Tiens, je ne suis pas seule. Il y a aussi un Japonais équipé de (surprise!) sa caméra ultra sophistiquée. Parfait, j’ai justement besoin d’aide pour ajuster les réglages de la mienne.

Moi : My pictures are too dark. Can you help me?

Le Japonais réfléchit : Help me… help me…?

Il est confus. Je lui pointe mon appareil, puis je fais un signe de pouce en bas avec un air dégoûté. Ah! Il comprend. Et il se lance dans un cours de photographie en japonais. Il ne parle pas un mot d’anglais. Pourtant, je comprends tout. En fait non, il dit bien un mot en anglais : speedo (vitesse). Je trouve ça drôle (dans ma tête). Grâce à lui, je m’amuse à prendre de nombreuses photos en m’imaginant photojournaliste pour le National Geographic — pendant que l’endroit est encore quasi désert. Arrigato, l’ami!

Je passe ainsi les deux prochaines heures à photographier et observer les singes qui vaquent à leurs occupations sans trop se préoccuper de la présence des humains qui se font de plus en plus nombreux.

L’envers du décor

Comme tout moment magique a une fin, les touristes semblent se multiplier. Jusqu’ici, je n’avais pas osé descendre près du bain, d’abord pour ne pas perturber la relaxation primate, puis parce que ce n’était pas vraiment nécessaire : je les voyais très bien d’où j’étais. Les touristes (que dis-je, les monstres!) s’approchent des singes, tentent d’interagir avec eux, s’assoient sur le bord du bain, et mettent leur caméra si près du visage des animaux qu’ils peuvent photographier leurs poils de nez, j’en suis certaine. S’ils pouvaient sauter dans l’eau, ils le feraient. L’atmosphère si particulière du lieu s’est rapidement dissipée.

Bref, je prends mes cliques et mes claques et je déguerpis afin de ne pas ruiner le beau moment que j’ai passé, tôt le matin, au parc des singes de Jigokudani.

Comment s’y rendre : De Nagano, il faut se rendre à Yudanaka (en train, environ 45 min), puis prendre un bus local jusqu’à l’entrée du parc (environ 7 min.). Sinon, il existe un bus express à partir de Nagano qui vous dépose directement à l’entrée du parc.

Hébergement : Je recommande le ryokan Seifu-so, à Yudanaka, une auberge traditionnelle tenue par une famille japonaise. L’endroit possède son propre onsen (bain chaud) privé. L’hospitalité nippone à son meilleur!

Conseils : Arriver tôt pour éviter les hordes de touristes, et bien planifier son retour pour éviter les mauvaises surprises — le transport en commun est limité.

Établie au Yukon depuis deux ans, Émylie Thibeault-Maloney est une traductrice passionnée de voyages actifs, de langues étrangères et de plein air. Découvrez le récit non censuré de ses aventures sur son blogue. Vous pouvez également la suivre sur Facebook et sur Instagram

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