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Jamais plus l’inaction

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Cécile Girard

Le mouvement Idle No More qui s’est répandu dans le pays a récolté l’attention des Canadiens et Canadiennes, mais a surtout levé le voile sur la façon d’agir du gouvernement conservateur de Stephen Harper. C’est la fameuse loi omnibus C-45 qui a mis le feu aux poudres. La relation entre le gouvernement fédéral et les Autochtones n’a jamais été limpide. Mais, au cours de la dernière année, elle est devenue trouble et brunâtre. Il y a un peu plus d’un an, Thérèse Spence, chef de la réserve d’Attawapiskat a attiré l’attention des médias du monde entier sur la situation misérable de sa communauté. En décembre dernier, elle a récidivé en entreprenant une grève de la faim.

M. Harper, pas content du tout, a sorti ses gros canons. Les Canadiens et Canadiennes ont donc appris que la réserve de Mme Spence avait reçu des millions de dollars. Toutefois, les états financiers étaient loin d’être en bonne et due forme. Personne ne pouvait trop dire où l’argent avait été dépensé.

Le premier ministre n’a pas lu L’Art de la guerre de Sun Tzu qui dit « Permettez à vos plans d’être sombres et impénétrables… ». Son plan est clair et prévisible : discréditer la chef. Mais en faisant ceci, il met en lumière la négligence, voire le mépris de sa propre administration. Le gouvernement fédéral verse de l’argent et se lave les mains des résultats. Les conférences de presse où un quelconque ministre vient remettre des chèques sous le flash des caméras sont devenues ses propres indices de réussite.

Un peu partout au pays, les Autochtones vivent dans des conditions misérables. Des logements insalubres, un taux de suicide trois fois plus élevé que chez le reste de la population (Commission royale sur les peuples autochtones, 1995). Et chez les Inuits, de 1999 à 2003, le taux a été de dix fois celui de la moyenne nationale. Les Autochtones ont plus d’accidents et meurent plus jeunes, se retrouvent plus souvent en prison que le reste des Canadiens. Les réserves, des endroits qui devaient protéger la culture et la faire fleurir sont devenus des nids de désespoir. Le taux de chômage y est plus élevé qu’ailleurs. Le bien-être social y est le principal employeur. Le bien-être social, bien que son nom annonce la félicité est un poison lorsqu’il est administré génération après génération. Et il fait plus de ravages que de bienfaits. Il engendre une dépendance malsaine (pas seulement chez les Autochtones).

Les Autochtones ont aussi le plus haut taux de croissance démographique au pays. Ils ne sont donc pas près de disparaître et leurs demandes se font plus pressantes.

Le mouvement Idle No More formé du « peuple » est peut-être la lueur d’espoir au bout du tunnel. Idle No More se cambre contre l’érosion du processus démocratique et met la lorgnette sur l’environnement. Idle No More demande aussi des comptes à ses propres dirigeants. Il incarne la jeunesse et utilise les médias sociaux.

Sa présence dans tout le pays rappelle de façon douloureuse qu’il y a énormément de travail à faire afin que les Autochtones jouissent du même bien-être que les autres Canadiens. Une collaboration de toutes les parties dirigeantes – les différents paliers gouvernementaux et les regroupements de Premières nations – est plus que jamais nécessaire pour améliorer la situation.

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