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Jamais assez de volontaires chez les pompiers

Jamais assez de volontaires chez les pompiers

Danièle Rechstein

 
« Les gens des collectivités éloignées ont demandé de construire une caserne de pompiers à la suite de graves incendies. Ils ont les casernes maintenant, mais peu de volontaires répondent à l’appel. Chaque caserne devrait avoir au moins quinze personnes fiables, régulièrement entraînées et en bonne forme physique pour intervenir efficacement », explique Wayne Smyth, commissaire adjoint aux incendies dont le bureau supervise seize casernes dans les petites collectivités éloignées.

 
« Pour envoyer quelqu’un en mission, les normes exigent au moins 50 % de participation aux entraînements, mais seulement 200 volontaires sur 350 inscrits sont à ce niveau. On ne va pas envoyer au feu des gens insuffisamment entraînés. Nous n’avons jamais assez de volontaires », se désole Mike Marcuson, commissaire adjoint aux incendies chargé du recrutement des volontaires et d’établir un programme d’entraînement qui sera en partie réalisable en ligne.

 
« Sécurité ». Voilà le maître mot. Les commissaires ont mis en œuvre, sans attendre, les recommandations de la Commission de la santé et de la sécurité au travail du Yukon (WCB) qui a enquêté sur le décès du chef des pompiers de Tagish, M. Kurt Gantner, victime d’une crise cardiaque.
Il s’agira désormais de surveiller davantage la santé des pompiers et d’insister sur l’entretien d’une bonne forme physique et mentale. « C’est le premier décès d’un pompier au Yukon! Mon objectif, c’est que ce soit aussi le dernier », s’émeut M. Smyth.

 
« Je suis moi-même obligé de justifier dorénavant au moins quatre heures par semaine d’exercices physiques en salle », sourit Kevin W. Taylor, commissaire adjoint aux incendies spécialiste de la formation des volontaires sur les véhicules et autres équipements spécialisés.
Les volontaires doivent atteindre le même niveau d’entraînement que les pompiers professionnels face aux situations d’urgence les plus diverses. Il faut pouvoir utiliser résolument toutes ses connaissances et toutes ses compétences personnelles sans hésiter.

 
Au Yukon, les jeunes peuvent participer aux entraînements dès l’âge de 16 ans, mais ils ne participeront aux interventions sur le terrain qu’à partir de 19 ans.
Tous les pompiers volontaires bénéficient d’une couverture de WCB et reçoivent un petit honoraire en compensation des heures d’entraînement et d’intervention.

 
L’équipement lourd et léger se renouvelle sans cesse. Chacun reçoit de nouveaux vêtements de protection personnelle tous les dix ans, les anciens allant aider des pompiers moins fortunés au Nicaragua. Le programme d’entraînement s’améliore continuellement : « Le gouvernement du Yukon fournit une aide financière vue nulle part ailleurs au Canada! » s’exclame Dayne Jones, volontaire expérimenté de la caserne de Golden Horn, originaire de l’Alberta.

 
Pourtant, le bureau du Commissaire aux incendies n’est qu’une des composantes de la lutte contre le feu au Yukon. Les municipalités ont leurs propres équipes, l’Aéroport international de Whitehorse a la sienne et les personnes qui combattent les feux de forêt sont des professionnels à part entière.

 
L’entraide est au rendez-vous et la grande famille des pompiers conclut des ententes. C’est ainsi que les petites collectivités de Golden Horn, Hootalinqua, Ibex Valley, Mt. Lorne et Marsh Lake rejoignent Whitehorse pour se prêter main-forte mutuellement.

 
Certains se portent volontaires pensant arriver un jour aux plus hauts échelons. Beaucoup d’autres le font seulement pour le défi et pour la satisfaction du dévouement malgré leurs obligations familiales et professionnelles.

 
« Même si les volontaires ne restent que deux ans chez nous pour abandonner ensuite, tout le monde y gagne : ils auront appris la prévention, les gestes qui sauvent et répandront la bonne parole. Nous constaterons une diminution des incidents », conclut M. Taylor avec enthousiasme.


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