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J-10 avant le départ de la 36e Yukon Quest

Kelly Tabuteau

Le 2 février 2019, au parc Shipyards de Whitehorse, sera lancé le coup d’envoi officiel de la 36e édition de la Yukon Quest. Les Yukonnais auront l’occasion d’y rencontrer les mushers et leurs chiens avant qu’ils n’entament leur grande épopée jusqu’à Pelly Crossing ou Fairbanks.

Denis Tremblay – Photo fournie

 

Pour cette nouvelle édition, ce sont pas moins de 54 mushers (et plusieurs centaines de chiens) qui s’apprêtent à affronter la fameuse piste de la Yukon Quest : 31 équipes parcourront les 1 600 kilomètres qui les séparent de Fairbanks, alors que 23 autres s’arrêteront à Pelly Crossing, quelque 500 kilomètres après la ligne de départ. Avec la remise des sacs contenant nourriture, matériel et équipement en tout genre aux organisateurs de la course, la planification stratégique et logistique de chaque musher est quasiment achevée. Dernière ligne droite maintenant pour les ultimes entraînements physiques, le repos aussi, et la préparation mentale. Parmi cette cinquantaine de compétiteurs se trouvent six francophones. Le journal l’Aurore boréale les a interrogés sur leurs objectifs, leurs défis et leurs craintes.

 

Compétiteurs sur la Yukon Quest 1000

 

Isabelle Travadon

Isabelle Travadon – Photo fournie

 

Isabelle Travadon est une musheuse française très connue en Europe. Compétitrice depuis plus de trente ans, ce sera sa première participation à la Yukon Quest 1000. En 2015, elle terminait l’Iditarod à la 61e place. Elle raconte : « J’ai toujours couru avec de purs huskies de Sibérie, et non des Alaskans. Mon seul objectif est d’avoir l’immense joie de passer la ligne d’arrivée avec mes fidèles compagnons. » Éleveuse de métier, elle partage son temps entre le sud de la France et la Laponie où elle entraîne ses chiens. Pour cette course, elle a deux craintes principales. Elle explique : « Je crains le froid intense. Mes chiens et moi-même n’y sommes pas trop habitués, car les températures suédoises sont beaucoup moins extrêmes qu’au Yukon. Les chiens n’ont pas forcément la fourrure bien adaptée! J’appréhende aussi la longueur des étapes, car il faut avoir énormément de matériel et de nourriture dans le traîneau, ce qui est très lourd pour les chiens. »

Denis Tremblay

Denis Tremblay vit au Québec. Gardien d’un club de chasse et pêche, il évolue dans le milieu du mushing depuis trente ans. Il participera à la Yukon Quest 1000 pour la deuxième fois, avec l’un des mêmes chiens de tête que lors de sa première course. Il confie : « En 2013, j’ai fini 14e [sur 20]. Cette année, j’aimerais être plus compétitif et grappiller des places sur le classement. Mon défi principal est de finir la course! » Bien que Denis Tremblay n’ait pas couru l’an passé, il a suivi de près l’actualité de la course, et comme pour Isabelle Travadon, sa crainte majeure est le froid extrême.

Remy Leduc

Rémy Leduc – Photo fournie

 

Pilote d’hélicoptère, Remy Leduc vit à Glenwood au Nouveau-Brunswick. Cette année marque la concrétisation d’une décennie de travail pour se préparer à enfin prendre le départ de la Yukon Quest 1000. Depuis 2009, année où son chenil a accueilli sa première portée, Remy Leduc rêve de participer à la course : « Depuis que les chiots sont nés, je me suis imaginé installer mon campement sur la piste de la Yukon Quest. J’ai des difficultés à imaginer que la réalité rattrape le rêve! »

 

 

Compétiteurs sur la Yukon Quest 300

Marcelle Fressineau

Marcelle Fressineau – photo fournie

 

Habituée des courses de traîneau à chiens de longue distance, la guide en tourisme d’aventure, d’origine suisse et installée au Yukon depuis 2007, a déjà fait ses preuves. Cette saison, elle prendra le départ de la Yukon Quest 300 en vue de préparer sa prochaine course : l’Iditarod, dont le départ est fixé au 2 mars 2019 à Anchorage, en Alaska. Elle confie : « Mon objectif, pour cette course, est d’entraîner mes chiens de deux ans. Cela me permettra de savoir si je peux en prendre un ou deux avec moi pour l’Iditarod. » Avec cette jeune équipe, son défi principal sera de terminer la course. Quant à ses craintes, elles sont plus que justifiées puisque l’organisation a annoncé un changement de parcours pour la YQ300 en raison des conditions du sentier. Marcelle Fressineau explique : « Certains passages sont dangereux avec de bonnes conditions d’enneigement. Mais cette année, il y a très peu de neige, rendant le freinage ou l’arrêt (avec l’ancre à neige) compliqué. »

Louve et Lori Tweddell

Louve Tweddell – Photo fournie

Lori Tweddell – Photo fournie

 

Les sœurs jumelles originaires du Québec et vivant au Yukon depuis près de 14 ans seront les deux plus jeunes compétitrices cette année. À seulement 18 ans, elles s’élanceront pour leur première course internationale de traîneau à chiens. Passion transmise par leur père, Luc Tweddell, elles ont baigné dans le milieu du mushing dès leur plus jeune âge et semblent prêtes pour l’aventure : « Notre objectif est de finir la course avec des chiens en forme, en santé et heureux pour se qualifier pour la Yukon Quest 1000 de 2020. » En dernière année d’études secondaires, elles ont dû jongler constamment entre cours et entraînements, ce qui fût l’un de leurs principaux défis pour être parées pour le jour J. L’autre a été, comme pour beaucoup, le manque de neige qui a affecté (et affecte toujours) les entraînements.

Il faudra attendre encore dix jours pour voir toutes ces équipes en action. Le parc de stationnement de Shipyards sera transformé, pour l’occasion, en un véritable village où le public pourra rencontrer les mushers et leurs chiens.

Rendez-vous donc le 2 février.

Commentaires (1)

  1. Michèle EVIN dit :

    Bonjour de la France
    Mes activités scientifiques m’ont amenée à travailler durant plusieurs années au Yukon et dans les Territoires du Nord-ouest (parc Kluane et delta du Mackenzie….). J’adore ces régions et suit de près les courses de traîneaux à chiens. Je viens de découvrir votre journal.
    Bravo et à bientôt pour la Yukon Quest.

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