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Immigration francophone : les libéraux de Justin Trudeau défont les politiques conservatrices

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Thibaut Rondel

L’immigration francophone au Yukon va-t-elle connaître un nouvel essor? Prenant le contre-pied du gouvernement Harper, les libéraux ont annoncé jeudi dernier l’ajout dès le 1er juin du volet Mobilité francophone au Programme de mobilité internationale. Objectif : attirer des travailleurs qualifiés francophones au Canada et les encourager à s’établir dans les collectivités à l’extérieur du Québec.

« Nous voulons que les collectivités francophones en situation minoritaire du Canada continuent d’être dynamiques et qu’elles poursuivent leur essor », a déclaré John McCallum, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. « C’est pourquoi nous allons encourager les travailleurs qualifiés francophones à venir au Canada et à s’établir dans des collectivités à l’extérieur du Québec, ainsi qu’à présenter une demande de résidence permanente s’ils souhaitent rester. »

Par l’entremise du volet Mobilité francophone, les libéraux viennent en réalité de rétablir l’essentiel du défunt programme de l’Avantage significatif francophone (ASF). Au grand dam des organismes de la francophonie canadienne, les conservateurs avaient aboli ce programme en 2014. La nouvelle avait surpris puisqu’elle avait été annoncée trois jours seulement après que le gouvernement avait affirmé son soutien aux politiques d’immigration francophone hors Québec.

L’ASF constituait un outil privilégié pour les communautés francophones en situation minoritaire afin d’attirer de nouveaux immigrants qualifiés. Le processus d’embauche de ces nouveaux arrivants était notamment simplifié, et les délais administratifs réduits. Le programme permettait par ailleurs de freiner leur assimilation à la majorité anglophone.

À partir du 1er juin 2016, dans le cadre du volet Mobilité francophone, les employeurs n’auront donc pas à effectuer le processus d’étude d’impact sur le marché du travail quand ils embaucheront des travailleurs francophones étrangers pour des emplois de gestion, des emplois professionnels et des emplois techniques et spécialisés au sein de collectivités francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec.

« La diversité du Canada est enrichie par ses communautés francophones en situation minoritaire partout à travers le pays », a déclaré la ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, Mélanie Joly. « Nous souhaitons que ces communautés s’épanouissent dans tout le pays, et l’immigration est un élément stratégique pour assurer leur vitalité et leur prospérité. »

Un pas prometteur

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada s’est félicitée du lancement du volet Mobilité francophone.

« Nous sommes très contents que le gouvernement relance cette initiative. D’ailleurs, plusieurs travailleurs temporaires qui ont bénéficié de l’ASF ont eu, et continuent d’avoir, des difficultés considérables pour rester au pays après sa disparition, et des communautés entières ont été déstabilisées. Nous encourageons le gouvernement à envisager des mesures de réparation à cet égard », souligne cependant la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

La FCFA a par ailleurs appelé le gouvernement à la collaboration afin que le nouveau volet du Programme de mobilité internationale s’inscrive dans une stratégie plus large visant à favoriser l’immigration au sein des communautés francophones et acadienne.

« Dans notre boîte à outils, nous n’avons pas tout ce qu’il nous faut pour atteindre nos cibles et nos objectifs en matière d’accueil et d’établissement. On continuera donc à travailler avec le gouvernement pour qu’ensemble, on puisse aller chercher des résultats significatifs au bénéfice de nos communautés et du pays tout entier », a affirmé Mme Lanthier.

Même son de cloche du côté du Yukon, où l’Association franco-yukonnaise (AFY) se félicite du retour du programme de soutien à l’immigration francophone. L’association a toutefois précisé qu’elle commentera le programme plus en profondeur lorsque ses détails auront été rendus publics.

« Nous sommes très satisfaits de l’annonce faite par John McCallum, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, concernant le programme de Mobilité francophone. Cette initiative semblable à l’ancien programme Avantage significatif francophone va permettre d’appuyer de façon réelle l’immigration francophone dans les communautés francophones hors Québec », a indiqué la directrice générale de l’AFY, Isabelle Salesse. « Nous sommes d’accord avec la FCFA qui mentionne cependant que cet élément devra faire partie d’une stratégie plus large afin d’atteindre l’objectif de 4 % d’immigrants francophones au Canada d’ici 2018, et nous remercions le gouvernement fédéral pour son appui dans ce dossier. »

D’ici 2018, le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada souhaite que les nouveaux arrivants francophones représentent au moins 4 % de la population d’immigrants économiques qui s’établissent à l’extérieur du Québec. L’objectif national est que l’ensemble de l’immigration francophone hors Québec totalise 4,4 % d’ici 2023.

Devenir Canadien

Comme une main tendue aux résidents permanents, le gouvernement Trudeau a par ailleurs proposé de réduire d’un an la durée de présence au Canada exigée des immigrants pour postuler à la citoyenneté canadienne.

À l’heure actuelle, les candidats à la citoyenneté doivent être effectivement présents au Canada pendant quatre ans au cours de la période de six ans précédant la présentation de leur demande de citoyenneté. Cette période serait donc réduite à trois ans au cours des cinq années précédant la demande.

Alors que les conservateurs avaient choisi de ne plus comptabiliser le temps de présence des immigrants avant l’obtention de leur statut de résident permanent, les libéraux accorderont de nouveau un crédit pour cette période.

Entre autres modifications à la Loi sur la citoyenneté, le gouvernement libéral a par ailleurs tenu à rassurer les nouveaux citoyens canadiens préoccupés par la perte éventuelle de leur citoyenneté. Depuis juin 2015, les demandeurs adultes doivent en effet déclarer qu’ils ont l’intention de continuer à résider au Canada s’ils obtiennent la citoyenneté. La disposition a suscité des inquiétudes chez certains nouveaux Canadiens, qui craignent que leur citoyenneté soit révoquée à l’avenir s’ils déménagent à l’extérieur du Canada. Le gouvernement a proposé d’abroger cette disposition, expliquant que tous les Canadiens sont libres de déménager à l’extérieur du Canada et qu’il s’agit d’un droit garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.

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