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Il faut prendre le temps de prendre son temps

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Thibaut Rondel

Tirant profit de l’amélioration constante des relations tissées par l’administration Pasloski avec les responsables des organismes de la communauté francophone, le gouvernement Silver a jusqu’à maintenant honoré ses promesses de campagne à la francophonie.

Depuis l’accession au pouvoir des libéraux yukonnais, les paliers de gouvernements territorial et fédéral ont formulé toute une série d’annonces de financement en faveur de la francophonie yukonnaise, dans les domaines de la santé, de l’éducation, du patrimoine, de la culture ou encore du tourisme.

N’en déplaise aux éternels insatisfaits, la lutte pour nos droits a progressé de façon significative au cours des six derniers mois. Le mérite en revient bien sûr aux membres de notre communauté et à celles et ceux qui font vivre nos organismes francophones, mais aussi à ce nouveau gouvernement dont on saluera la capacité de compréhension des enjeux communautaires et sa propension à y répondre stratégiquement.

Au cours des quatre derniers mois, le gouvernement Silver a notamment alloué plus de 14 millions de dollars sur trois ans au développement des services en français au Yukon. Ce financement sera principalement réservé au développement des soins de santé en français.

Ramené sur douze mois, et lorsque l’on comprend que cet argent financera principalement les études de faisabilité des fonctionnaires et autres consultants, l’excitation du chiffre s’estompe néanmoins pour faire place à la réalité des délais et à la rationalité des coûts et des projets. En clair, ce n’est donc pas demain la veille qu’une clinique bilingue de soins de santé primaire verra le jour à Whitehorse. Le bilinguisme des employés de première ligne ne reste également pour l’heure qu’une lueur chancelante à l’horizon. N’espérez donc pas non plus trop vite pouvoir bavarder en français avec la préposée du bureau des services automobiles la prochaine fois que vous devrez renouveler votre certificat d’immatriculation.

« Il faut prendre le temps de prendre son temps », clamait Philippe Noiret en 1968 (Alexandre le bienheureux, d’Yves Robert). Cette devise, la politique sur les services en français semble ainsi l’avoir faite sienne. Les rouages bureaucratiques de ces grandes machines que sont les gouvernements territorial et fédéral sont impénétrables et l’on a peine à imaginer le nombre de trombones usagés et de coups de tampons nécessaires avant qu’une quelconque décision soit entérinée.

Il en va également ainsi au chapitre de l’éducation. On attend désormais avec impatience la réponse du gouvernement fédéral au gouvernement du Yukon quant à un éventuel financement des infrastructures culturelles que la communauté scolaire souhaite greffer à la nouvelle école secondaire francophone.

Selon les observateurs, la récente décision du gouvernement territorial de financer la construction de l’établissement est indéniablement un signe positif donné à Ottawa, mais la capitale tarde à se prononcer sur la demande qui lui a été faite.

Hier soir a eu lieu une soirée d’information sur le projet de construction de l’école. La firme d’architectes Kobayashi + Zedda (KZA) a présenté des plans de l’école secondaire et a fait une mise à jour sur le projet pour partager le travail accompli jusqu’à maintenant.

L’inauguration du bâtiment est encore officiellement fixée à janvier 2019, mais tout indique que cette échéance sera difficile à respecter, à moins que la CSFY et le gouvernement du Yukon fassent mouvement et annoncent rapidement une date pour le début des travaux de l’école. Une annonce certes improbable, mais particulièrement attendue.

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