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Ignées, sédimentaires ou métamorphiques?

Ignées, sédimentaires ou métamorphiques?

Thibaut Rondel

Votre canot a des fuites? Vos cuillères de pêche se sont toutes accrochées au fond du lac? Vos chaussures de randonnée sont trouées, les pneus de votre vélo crevés? Pas de panique! Grâce au Guide pratique d’identification des cailloux, vous serez certains de ne pas rester sur la touche lorsque le printemps viendra frapper à votre porte.

Conçu par la Dre Eileen Van der Flier-Keller, professeure de géologie à l’Université de Victoria, ce petit ouvrage de terrain présente de façon ludique et imagée les différentes sortes de roches que nous pouvons trouver lors de nos promenades quotidiennes. Aujourd’hui offert en français, il s’impose comme un formidable outil de vulgarisation des sciences de la Terre.

« Il existe beaucoup de guides de terrain portant sur d’autres sujets, comme les oiseaux et les animaux, mais il n’y a pas de guide pratique sur les roches », explique l’auteure. « Je voulais faire de la géologie et des roches un sujet un peu plus accessible aux gens. »

Magmas et cristaux

Tout en couleur, le Guide pratique d’identification des cailloux contient plus de 80 photographies de roches de plage et de rivière. Les courts textes qu’il contient fournissent des explications sur la formation des cailloux, mais aussi quelques faits insolites.

« Toutes ces roches se forment de trois façons différentes, et on les trouve partout dans le monde », indique l’auteure. « Les roches ignées, par exemple, sont toutes formées à partir du refroidissement du magma. Elles renferment des cristaux, et nous savons que plus ceux-ci sont gros, moins le refroidissement a été rapide! »

Les roches sédimentaires, formées en surface, ainsi que les roches métamorphiques, transformées par la chaleur et la pression propres aux profondeurs de la Terre, sont également présentées. « On trouve beaucoup de ces roches au Yukon », affirme la géologue. « Tous ces cailloux sont très beaux, et ça rend le fait d’être dehors encore plus intéressant! »

À l’épreuve des éléments

Présenté dans un format dépliant huit volets, le Guide pratique d’identification des cailloux a été conçu pour se glisser dans n’importe quel sac à dos. Imprimé sur du papier plastique, il est l’ami des enfants comme des amateurs de sports aquatiques. « Vous pouvez l’emporter en canot ou en kayak sans risque de l’abîmer ou de le mouiller », assure la Dre Van der Flier-Keller. « Il est plutôt résistant et vous pouvez l’emmener partout où vous allez! Nous avons fait pas mal d’expériences avec des enfants qui le prenaient sur le terrain », plaisante-t-elle.

L’ouvrage peut même révéler des usages pour le moins inattendus. « J’ai des amis qui ont organisé un dîner aux chandelles avec mon guide sur la table », confie-t-elle. « Ils essayaient de reconnaître et de comparer les roches qu’ils avaient rapportées de leurs différentes expéditions en kayak. C’est plutôt romantique. »

L’aspect pédagogique

Classé au palmarès des meilleures ventes de livres au Canada, le Guide pratique d’identification des cailloux a déjà été distribué à plus de 50 000 exemplaires à travers le pays.

À l’origine, l’ouvrage visait essentiellement à démystifier les sciences de la Terre au sein des écoles. « Les enseignants hésitent à enseigner la géologie aux enfants, parce que ceux-ci reviennent toujours en classe avec les poches pleines de cailloux, et cela peut-être intimidant pour l’enseignant », explique la Dre Van der Flier-Keller. « Le guide des cailloux permet aux enfants d’identifier les roches eux-mêmes, et aide ainsi à développer un peu plus les sciences de la Terre à l’école. Je crois que c’est très important, car ce sont elles qui nous permettent de comprendre notre planète et d’en savoir plus sur la façon dont elle s’est formée. »

Des souvenirs de voyage

Eileen Van der Flier-Keller a obtenu un diplôme de premier cycle en géologie en Irlande, où elle avoue avoir passé beaucoup de temps à chercher des cailloux sur les plages de sable et de gravier. Elle a ensuite intégré l’Université de Western Ontario, où elle a réalisé un doctorat portant sur la géologie du charbon.

Depuis 1986, elle enseigne la géologie aux étudiants de 1re et 2e années de l’Université de Victoria. « J’ai moi-même une immense collection de roches, il y a en partout dans mon bureau, dans ma maison, dans le jardin », lance-t-elle. « C’est comme des souvenirs de voyage, mais je les utilise aussi souvent en classe. »

Sa passion pour les pierres remonte à son enfance, et l’étude des cailloux est avant tout une histoire de famille. « Mes parents avaient l’habitude de se promener sur les plages d’Irlande et près des anciens sites miniers », raconte Eileen Van der Flier-Keller. « Mon père avait de l’intérêt pour les roches, il les regardait, il les cassait pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Moi, je pense que j’ai toujours été très curieuse, alors j’ai voulu en savoir plus sur ce qu’elles signifiaient. »

Eileen Van der Flier-Keller a également écrit le livre South Vancouver Island Earth Science Fun Guide, et travaille actuellement sur un guide pratique des paysages, dans lequel elle souhaite montrer les caractéristiques des paysages de glace, côtiers ou rocheux.


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