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Gestion des déchets : le maire Curtis à la recherche de solutions

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Johan Demarle

La Ville de Whitehorse mène actuellement des études afin d’améliorer le programme de collecte et de traitement des déchets jugé déficient. La Ville réfléchit notamment à l’instauration d’une taxe pour les citoyens. Le maire de la capitale, Dan Curtis, estime cependant que le problème de la gestion des déchets s’étend à tout le Yukon.

« La Ville de Whitehorse ne cherche pas à créer son propre système de collecte des déchets. La Ville de Whitehorse cherche à travailler avec les compagnies qui sont déjà dans le secteur », indique d’emblée le maire Curtis.

Cette déclaration fait référence à la critique émise il y a deux semaines par la Chambre de commerce de Whitehorse. Dans un communiqué de presse, la consultante Lesley Cabott indiquait en effet que l’idée municipale d’un service de collecte des déchets pour 6 000 foyers, et l’établissement d’une taxe de 15 $ par mois était susceptible de concurrencer les initiatives du secteur privé. En effet, Blue Bin Society qui opère déjà dans ce domaine dessert 800 clients, moyennant un tarif de 20 $ aux deux semaines.

L’idée de la taxation

Le maire Curtis explique que l’incompréhension réside dans cette idée que la Ville souhaiterait freiner ou supprimer les petites entreprises du secteur. Il assure qu’il n’en est rien, que la Ville souhaite les aider et travailler en collaboration pour trouver des solutions durables.

« Blue Bin Society est une compagnie extraordinaire du Yukon et qui fait un travail formidable », affirme le maire Curtis, ajoutant que « les gens doivent également comprendre que le véritable coût [du traitement des déchets] commence quand les déchets arrivent à Raven Recycling ou P & M Recycling. »

La Ville estime ainsi que l’établissement d’un plan financier par la taxation pourra contribuer à garantir un recyclage plus efficient, et permettra également d’envoyer une plus grande quantité de déchets à l’extérieur du Yukon.

« Nous avons fait une enquête auprès de la population et les gens croient au recyclage et veulent continuer. Encore récemment, les villes brûlaient les déchets, mais avec le changement climatique, ce n’est plus acceptable de faire ça », conclut le premier magistrat.

Danny Lewis, coordonnateur éducatif à Raven Recycling (à gauche) et Ben Derochie, coordonnateur de l’organisme Zero Waste. Photo : Johan Demarle

Danny Lewis, coordonnateur éducatif à Raven Recycling (à gauche) et Ben Derochie, coordonnateur de l’organisme Zero Waste. Photo : Johan Demarle

Raven Recycling dans le rouge

Danny Lewis, coordonnateur éducatif à Raven Recycling, constate que le système actuel est dysfonctionnel. Selon lui, la question n’est pas de savoir qui va collecter les déchets, mais comment l’on va procéder.

« Pour nous, il manque du financement. Si un tel service est mis en place à l’échelle de la ville, tout le monde paiera une participation. Nous aurons donc plus d’argent collecté et nous pourrons ainsi traiter un plus gros volume de déchets, et cela va aider le recyclage », explique-t-il.

Organisation à but non lucratif, Raven Recycling emploie vingt personnes, mais ses comptes financiers sont chroniquement dans le rouge.

« La somme allouée par la Ville est largement dépassée et ça va continuer », affirme Danny Lewis. Présentement, pour un traitement d’une tonne de déchets (triage, compression, mise en cube et transport hors du Yukon), le coût est de 300 $ pour Raven Recycling.

« Nous recevons 75 $ de la Ville et 75 $ du gouvernement territorial », précise M. Lewis. « Chaque année, nous traitons ici 300 tonnes de déchets. »

Le recyclage du verre

Toutes les matières recyclables ne sont pas forcément recyclées, tout du moins au Yukon. C’est le cas notamment du verre.

« C’est une matière compliquée à recycler. Il en existe différentes formes et couleurs et il faudrait pouvoir les séparer. C’est extrêmement lourd à envoyer, ce n’est pas économique, ça coûte plus cher que de faire du nouveau verre et nous ne disposons pas de ce type d’infrastructure », explique le coordonnateur éducatif.

Le verre entreposé à Raven Recycling est donc pilé pour être utilisé à la solidification des déchets qui sont par la suite entreposés sur un site d’enfouissement. Dans des proportions marginales par rapport à la quantité reçue, le verre au Yukon est réutilisé pour le sablage des axes routiers et l’aménagement paysager.

« Nous travaillons fort pour [valoriser] le verre. Toutefois, il n’y a aucun danger pour l’environnement, le verre ne contenant pas de produits chimiques », tranche Danny Lewis.

Présent pendant l’entrevue, l’organisme Zero Waste, dont l’objectif est d’analyser le mode de consommation des Yukonnais pour les sensibiliser à la réduction des déchets, précise par la voie de son coordonnateur, Ben Derochie, que si la question du traitement du verre n’est pas idéale, il faut comprendre que le Yukon demeure une communauté isolée du Nord et que cela représente des défis supplémentaires. Zero Waste préconise ainsi aux consommateurs de raisonner leurs achats en choisissant des matières plus facilement recyclables. Une conférence sur les questions de l’environnement aura lieu du 3 au 5 mars 2016 à Whitehorse.

Au moment de mettre sous presse, Blue Bin Society n’avait pas rendu les appels de l’Aurore boréale.

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