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Génération « créatrices autochtones »

Nelly Guidici, l’Aquilon, Article de l’Arctique

L’organisme EntrepreNorth a annoncé, le 10 septembre 2020, les noms des douze lauréates de cette année.

Les parkas conçues par May Ningeongan sont faites en peau de phoque et combinent la culture inuite traditionnelle avec une vision plus contemporaine de la mode.
Photo : May Ningeongan

 

Revendiquant leur patrimoine et leur identité autochtones, ces créatrices de mode ont été sélectionnées parmi 40 candidates et sont originaires du Nunavut, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon. Le thème du programme de développement entrepreneurial de cette année est la mode.

« Nous avons choisi ce thème pour de nombreuses raisons. Il y a beaucoup de gens intéressés par la mode autochtone; cependant, il y a des problèmes concernant l’appropriation de la mode autochtone par des stylistes allochtones qui utilisent des motifs et des styles traditionnels », indique la gestionnaire de communauté au sein de l’organisme, Xina Cowan.

Outil de revendication et de communication des histoires et traditions, la mode autochtone est « une réponse et un acte de résistance ».

La peau de phoque au cœur de la création

May Ningeongan est originaire de Coral Harbour au Nunavut et fait de la couture depuis son adolescence. Sa mère lui a appris ses propres techniques, mais c’est seulement depuis les deux dernières années qu’elle a décidé de s’investir dans la couture et la création. En novembre 2019, elle lance sa boutique en ligne et propose à la vente des parkas, des robes ou encore des kamiit, les bottes traditionnelles. La peau de phoque est l’un de ses matériaux de prédilection, car il maintient le corps au chaud, mais c’est aussi une façon, pour la créatrice, de faire vivre sa culture.

Pour Mme Cowan, l’utilisation de la peau de phoque est une pratique importante pour les créatrices du Nord, car c’est « un acte de résistance pour promouvoir la chasse aux phoques pratiquée par les Inuits et pour éduquer le reste du monde et ceux qui ne comprennent pas pourquoi c’est important d’utiliser la fourrure du phoque et de soutenir les chasseurs inuits ».

Ce programme de mentorat a été élaboré de façon globale et aborde divers aspects de l’entrepreneuriat dans le Nord. « Nous ne proposons pas uniquement un programme professionnel, nous avons aussi un programme de développement personnel, car on veut travailler avec des gens qui sont prêts à prendre des risques et à développer des idées ouvertes pour qu’ils deviennent des vecteurs du changement dans leur propre communauté », explique Mme Cowan.

Un message à transmettre

Robyn McLeod, l’une des stylistes sélectionnées, est originaire de Yellowknife et utilise des peaux tannées d’orignal et des fourrures issues du territoire kaska où elle vit actuellement au Yukon. Elle souhaite montrer, à travers son art, comment les Premières Nations s’adaptent aux changements et elle espère, avec ce programme, passer au niveau supérieur.

Kaylyn Baker voit quant à elle dans ce mentorat de plusieurs mois la possibilité de se connecter avec les autres créatrices qui font partie de la cohorte. Membre de la Première Nation de Selkirk au Yukon, elle espère grandir en tant qu’artiste. Le perlage, technique qu’elle a apprise de sa mère, lui permet de raconter l’histoire de son peuple, mais aussi de transmettre le savoir traditionnel et les traditions aux générations futures.

Tania Larsson, modèle et mentore

Tania Larsson connaît bien ce programme. En effet, elle a fait partie de la toute première cohorte en 2018 et endossera, cette année, le rôle de mentore. Elle se souvient d’une expérience enrichissante qui lui a permis de répondre à des questions fondamentales liées au monde de l’entreprise. « Ce qui m’a vraiment aidée, c’est le focus sur mon bien-être en tant qu’entrepreneure avec un coach de vie. C’était essentiel pour ma formation, car on se pose tellement de questions quand on fait de l’entrepreneuriat. Ça m’a aidée à découvrir mes valeurs en tant qu’entrepreneure. »

Mme Larsson souhaite donc transmettre l’importance de la présence de la mode dans le Nord, mais aussi l’importance de l’identité et de la fierté du patrimoine et de la culture autochtone. « Ce que nous avons à offrir au monde est très unique et nos clients veulent voir ça, ils veulent voir ce qui est unique et authentique et aider des artistes dans le Nord. »

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