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Gelés

Maryne Dumaine

Ah! Ça, on peut dire qu’on a été complètement gelés ces dernières semaines, et ça n’a rien à voir avec la légalisation récente des produits comestibles du cannabis!

Photo : Pixabay

 

Le froid, semble-t-il, prenait tranquillement son élan depuis le début de l’hiver, pour mieux nous atteindre en janvier! On peut dire qu’il y est allé fort ; j’ai perdu la trace du petit trait rouge indicateur de mon thermomètre, dont la limite est à -40 °C (Oui, le mercure lui aussi semblait me donner l’indication de rester en petite boule dans ma bulle) et donc des précisions quant à la température. Peu importe. En dessous de -40, on s’entend pour dire qu’il « fait frette », pour citer Sophie Villeneuve, et qu’on regarde l’épaisseur de la glace s’accumuler sur le bas des fenêtres!

Pourtant, en dépit des soucis et des risques, cette vague de froid apporte quand même du positif.

La température glaciale, c’est un facteur qui fait rayonner l’entraide et la solidarité. Je me souviens d’une année où une amie avait insisté pour remplir ma petite voiture de bois de chauffage avant de me laisser repartir de chez elle. Je lui demandais comment je pouvais la remercier, mais elle me répondit « Tu donneras au prochain »!

L’hiver et son adversité réveillent en nous le sens de l’Humain et de la communauté. Au Yukon, si on voit une voiture arrêtée au bord de la route, on ralentit. Non pas pour satisfaire une curiosité malsaine, mais bien pour s’assurer que les gens sont en sécurité. Certaines entreprises et organisations ont même fermé leurs portes pendant la vague de froid, encourageant leur personnel à travailler à distance et à ne pas s’aventurer sur les routes.

D’autres organisations l’ont fait aussi par souci écologique. Les grands froids sont en effet un facteur éco-anxiogène pour plusieurs… notre empreinte carbone ne s’arrange pas quand on démarre nos voitures vingt minutes d’avance! Malgré tout, je vois ma consommation d’énergie diminuer d’année en année et donc, je me dis que j’ai quand même bien dû apprendre quelques affaires, grâce à l’hiver! (Ça rime!) N’est-ce d’ailleurs pas dans l’adversité que l’humain évolue? Ce n’est pas dans notre zone de confort que nous nous développons le plus, mais bien lorsque nous en sortons, n’est-ce pas?

Couper du bois, démarrer une voiture grâce à des câbles de démarrage, installer une couverture de batterie chauffante, isoler sa maison, s’habiller avec plusieurs couches de vêtements… Vivre dans nos contrées demande d’acquérir des compétences.

Et le positif va bien au-delà des compétences acquises. Ne partageons-nous pas (au moins un peu) un sentiment de fierté de vivre par ces températures. « Quand tu as vécu dans une ville où il fait -40, plus rien ne te fait peur dans la vie », a déclaré Julien, notre stagiaire au journal! Ne sommes-nous pas un peu ici justement « parce qu’on est capables »? Et malgré les défis rencontrés, notre communauté reste forte, soudée et intelligente face au froid. Notre détermination, notre empathie et notre persévérance sont exacerbées.

Par ailleurs, ces grands froids sont aussi synonymes de grands ciels bleus, excellents pour la sérotonine et la vitamine D dont nous avons tous besoin. C’est aussi synonyme de parhélies et de ciels étoilés absolument magnifiques. Alors oui, le froid, c’est intense et ce n’est pas facile, mais voyons les bons côtés : C’est une excellente occasion pour s’asseoir tranquillement et lire le journal!

Dans cette édition, vous trouverez à la fois des photos qui démontrent la beauté du froid, mais aussi quelques conseils pour le surmonter ou du moins, pour rester en sécurité. En tout cas, pas besoin d’être gelés pour apprécier le froid, comme le confirme le contenu de cette édition.

Allez, pour terminer, une citation d’Albert Camus qui a réchauffé mon cœur : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible ».

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