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Forum électoral : le français à tout prix

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Thibaut Rondel

Le 26 septembre au matin avait lieu à l’hôtel High Country Inn de Whitehorse un forum électoral en français. À cette occasion, la communauté francophone a pu poser ses questions en français à trois des candidats yukonnais en lice pour le mandat de député fédéral : Ryan Leef (Parti conservateur), Larry Bagnell (Parti libéral) et Melissa Atkinson (Nouveau parti démocratique). Frank de Jong avait également confirmé sa participation, mais le candidat du Parti vert ne s’est pas présenté à la rencontre.

Ryan Leef, Larry Bagnell et Melissa Atkinson ont répondu aux questions posées par la communauté francophone. Une quarantaine de personnes ont participé au forum électoral qui s’est tenu dans la matinée du samedi 26 septembre. Photo : Thibaut Rondel

Ryan Leef, Larry Bagnell et Melissa Atkinson ont répondu aux questions posées par la communauté francophone. Une quarantaine de personnes ont participé au forum électoral qui s’est tenu dans la matinée du samedi 26 septembre. Photo : Thibaut Rondel

Une quarantaine de personnes, pour la plupart issues des organismes communautaires francophones, ont participé au forum. En l’espace d’une heure, dix questions ont pu être posées aux candidats qui bénéficiaient du même temps de parole pour y répondre en français, ou en anglais, avec l’aide d’un traducteur.

Les sujets amenés par les participants ont notamment porté sur le financement et l’accès aux médias francophones du Yukon — L’Aurore boréale et Radio-Canada —, sur l’environnement — la fracturation hydraulique et les changements climatiques —, sur les services aux aînés ou bien encore sur la communication électorale unilingue des candidats.

Faux pas des candidats

Appuyée par son traducteur, la néo-démocrate Melissa Atkinson a été la seule candidate à formuler ses réponses en anglais. Larry Bagnell était également venu accompagné, mais a pour sa part choisi de répondre en français. Seul à la table, Ryan Leef n’a quant à lui pas eu le choix de répondre dans la langue de Molière. Bien que le public ait apprécié l’effort des candidats libéral et conservateur pour s’exprimer en français, plusieurs participants auraient aimé que la priorité soit donnée au message plutôt qu’à la langue.

Préoccupée par la question de la fracturation hydraulique, des frais de garderie et du financement des médias en milieu minoritaire, Sandrine Lemonnier a effectivement trouvé la rencontre intéressante, mais encore trop superficielle.

« Pour moi, c’est un discours très politicien, ce qui n’a rien d’étonnant, mais il n’y a pas de réponses ou d’actions concrètes », affirme Sandrine Lemonnier. « C’est sympa de leur part de faire l’effort de parler français, sauf que ce n’est pas forcément à leur avantage, car leur message s’est perdu. La seule candidate qui a répondu en anglais, une majorité de gens dans la salle l’ont comprise, et ce, même si le traducteur n’avait pas le temps de tout traduire. Au final, elle a passé son message, à la différence des autres candidats qui ont bafouillé. »

Une opinion partagée par Marlynn Bourque qui aurait par ailleurs souhaité pouvoir interroger les candidats sur le thème du social et des programmes d’aide à l’individu. Selon Mme Bourque, beaucoup trop de fonds publics sont alloués à la défense et à la militarisation du pays, au détriment de la famille et des programmes sociaux.

« J’apprécie grandement que chacun des candidats ait démontré un effort concret pour utiliser le français, mais certaines réponses étaient presque pathétiques », affirme Mme Bourque. « Au moins, l’effort était là, mais ce n’était pas très profond et j’aimerais voir certains engagements concrets de la part des candidats. »

Satisfait par le déroulement de la rencontre, S.D. indique, quant à lui, que ses préoccupations en matière d’environnement ont été amenées et que les questions des gens de la communauté étaient pertinentes et diversifiées. Comme le reste du public, S.D. regrette pourtant que les candidats aient privilégié l’usage du français au détriment du message.

« Je n’ai pas compris tout ce qui se disait, ça manquait peut-être d’un effort de traduction », explique-t-il. « Des fois, au lieu d’essayer de montrer qu’on parle français, il faudrait peut-être plus se concentrer sur la question et la réponse. On peut rencontrer les gens après le forum et leur parler en français, mais ce qui nous intéresse lors de la rencontre, ce n’est pas de savoir comment ils performent en français, c’est leur connaissance des dossiers, et là, on ne comprenait pas tout. Je recommanderais à l’avenir qu’ils aient tous un interprète. »

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