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Faute avouée à moitié pardonnée

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Thibaut Rondel

En page 2 de notre dernière édition, la rédaction s’était penchée sur la décision du gouvernement du Yukon d’octroyer sans appel d’offres un juteux contrat d’une valeur de plus de 900 000 dollars à une firme des Territoires du Nord-Ouest. L’entente portait sur la supervision de la construction et de la dernière phase de conception du nouveau centre scolaire et communautaire francophone, dont le chantier doit débuter au printemps prochain.

Ce faisant, le ministère de la Voirie et des Travaux publics s’est attiré les foudres de l’opposition et de la communauté des entrepreneurs yukonnais. L’affaire a éclaté lorsqu’un membre de l’Association des entrepreneurs du Yukon a déposé une plainte auprès de son organisme porte-parole.

Convaincu à juste titre d’avoir été trahi par un gouvernement libéral dont l’une des promesses de campagne était de veiller à ce que les entreprises du Yukon bénéficient d’un traitement préférentiel pour l’octroi de contrats gouvernementaux, le plaignant aura finalement eu gain de cause.

En début de semaine, on apprenait en effet que Voirie et Travaux publics avait finalement décidé d’annuler l’entente passée avec la firme TAG de Yellowknife. Cette dernière ayant déjà réalisé les deux premières phases du travail, le reste du contrat — estimé entre 650 et 750 000 dollars — sera octroyé à la firme yukonnaise qui remportera l’appel d’offres restreint que le gouvernement s’apprête à formuler.

Les propos du ministre Mostyn vont à l’encontre des déclarations des hauts fonctionnaires de son ministère. Photo : Archives A.B.


Le ministre de la Voirie et des Travaux publics, Richard Mostyn, a reconnu que le processus ayant mené à la sélection d’une entreprise extérieure avait été une erreur au regard du montant du contrat et des engagements des libéraux envers l’économie locale. Bien que l’on puisse saluer la décision du ministre de reconnaître publiquement cette erreur, on ne peut toutefois que s’interroger sur la nature des mécanismes de prise de décision qui ont mené à cette aberration. Un questionnement doit également être porté sur l’efficacité des communications internes et la capacité de la haute direction du ministère à comprendre et respecter les directives qui composent pourtant le socle de la politique libérale.

Le discours de M. Mostyn se pose en effet en totale contradiction avec les justifications avancées au début du mois par le sous-ministre intérimaire des Travaux publics, Scott Milton, qui assurait alors que le processus approprié avait été suivi à la lettre. Selon Richard Mostyn, le ministère aurait au contraire enfreint sa propre réglementation s’il avait poursuivi sa collaboration avec TAG.

Bien que l’annulation du contrat ne génère pas de pénalités, de coûts supplémentaires ou de retard dans le projet, selon le ministre Mostyn, on a du mal à croire que la volte-face du gouvernement du Yukon soit exempte de toute conséquence. Le changement de plan entraînera naturellement des imprévus, ne serait-ce qu’en matière de gestion de projet. Certains aspects peuvent être discutés derrière des portes closes, mais le gouvernement gagnerait à faire preuve d’un peu plus de transparence.

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