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Entre le mythe et la réalité, le Nord se dévoile

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Françoise La Roche

C’est à la suite d’une mission de recrutement de l’Association des hôpitaux du Québec à la Délégation du Québec à Paris qu’Ouzena Vollaire a senti l’appel de l’immigration en 2001. Cette jeune Française possédait un diplôme d’infirmière en soins généraux et un autre en psychiatrie. On l’incitait à aller travailler à Montréal ou Gatineau. Mais sur la carte, un nom a attiré son regard et titillé sa curiosité : Abitibi-Témiscamingue. « C’était la première fois que je voyais ce nom et ça m’a plu. Et il y avait Val-d’Or. Pour moi, c’était la ruée vers l’or. »

Ouzena Vollaire profite d’une période de détente au bord de la rivière Porcupine à Old Crow. Photo fournie

Ouzena Vollaire profite d’une période de détente au bord de la rivière Porcupine à Old Crow. Photo fournie


À la fin de son contrat d’un an à Val-d’Or, Ouzena a décidé de rester au Canada. Elle avait rencontré beaucoup de Cris et d’Inuits au cours de l’année. « Je voulais connaître un peu plus leur culture et améliorer mon anglais. » Elle est donc allée travailler à Attawapiskat, dans le nord de l’Ontario.

Faire face à la réalité

La connaissance des Premières nations d’Ouzena Vollaire se limitait à ce qu’elle avait vu au cinéma ou lu dans les livres. « J’avais l’image de gens qui vivaient dans des tipis en harmonie avec la nature et l’idée que tout le monde s’entraidait. »

« Ça a été assez difficile au début. Attawapiskat est une communauté assez pauvre et tout était en anglais. Les trois premiers mois, je pleurais tous les jours. L’eau du robinet n’était pas potable et je devais aller en chercher à l’hôpital dans des contenants. J’avais l’impression d’être plongée dans le 3e âge. Il y avait des cadavres de motoneiges et de voitures partout. »

Trois mois plus tard, Ouzena est partie en vacances. Lorsqu’elle est revenue, ça a été la métamorphose. Elle a changé d’attitude par rapport à la vie qu’on menait là-bas et c’est alors que son histoire d’amour avec le Nord a commencé.

L’intégration à la communauté

C’est en partageant la vie quotidienne des membres de la communauté qu’Ouzena s’est intégrée petit à petit : prendre part aux mariages, naissances et décès qui constituent l’essence même de la vie communautaire.

Une fois le choc culturel passé, elle a découvert le bon et le mauvais. Elle a senti beaucoup d’animosité envers les Blancs au nord de l’Ontario, mais elle n’a pas eu ce sentiment chez les Inuits du Nunavut.

Au fil de ses emplois, Ouzena a vécu dans plusieurs communautés nordiques : Attawapiskat, Fort Albany, Repulse Bay, Wolfe Crow près de Rankin Inlet pour finalement se retrouver à Old Crow au Yukon.

« Quand je suis arrivée à Old Crow, ça a été vraiment le jour et la nuit pour moi par rapport aux Cris. La communauté Gwitchin est composée de personnes cultivées et plusieurs possèdent un bagage universitaire. C’est pareil à Burwash Landing. »

La réalité d’une infirmière nordique

Au centre de santé où Ouzena Vollaire travaille, il n’y a pas de médecin. Elle est seule pour desservir la population de Destruction Bay et de Burwash Landing qui regroupe environ 150 personnes. Son rôle d’infirmière est élargi.

« On assume un peu plus de responsabilités qu’une infirmière qui travaille dans le Sud ou dans un hôpital. J’ai appris à faire des sutures, des accouchements difficiles, et j’ai le droit de prescrire certains médicaments », explique Ouzena.

Le travail se révèle exigeant : cinq jours de 8 h à 16 h, mais de garde pour les urgences 24 heures sur 24 et sept jours par semaine. Toutes les trois semaines, quelqu’un vient la remplacer deux ou trois jours pour qu’elle puisse aller faire des courses en ville.

On aime ou on n’aime pas

Aux infirmières et infirmiers qui auraient le goût d’immigrer au Yukon, Mme Vollaire leur rappelle : « Le Nord, ce n’est pas fait pour tout le monde. Il faut quand même avoir confiance en soi. Vous ne pouvez pas venir sans expériences. Il faut pouvoir prendre des initiatives et agir. Être infirmière dans le Nord, on aime ou on n’aime pas, mais quand on aime, on ne peut pas faire autre chose. »

Mais selon elle, il ne faut pas vouloir changer le monde. « On ne change pas la culture des gens. C’est nous qui devons changer notre point de vue. Il faut savoir s’adapter, être ouvert et ne pas avoir de préjugés. »

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

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