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Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées : Le Yukon ouvre le bal et dévoile sa stratégie

Laurie Trottier

Le Yukon a dévoilé sa stratégie visant à lutter contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles+ autochtones le 10 décembre dernier, et est devenu ainsi la première juridiction à adopter un tel document en réponse à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

« Nous avons besoin de justice, a affirmé Mme McLean, ministre responsable de la Direction de la condition féminine. Nous avons besoin de la vérité et de réparations. Ce sont les trois choses dont nous avons besoin dans notre pays, en tant que femmes autochtones, pour retrouver notre dignité. »
Photo : Facebook/JeanieDendys

 

 

En 2017, l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées amorçait sa collecte de témoignages de survivantes à Whitehorse. Trois ans après, des membres des 14 Premières Nations du Yukon ainsi que des élus municipaux, territoriaux et fédéraux se sont réunis afin de signer tour à tour la déclaration visant l’adoption des mesures proposées dans le plan intitulé Changer l’histoire en défense de la dignité et de la justice : la Stratégie du Yukon sur les FFADA2S+.

Divisée en quatre grandes priorités (soutien et connexions, sécurité de la communauté et justice, indépendance économique et éducation, et responsabilisation et actions de communauté), la stratégie développée par le Comité consultatif du Yukon comporte 31 actions prioritaires à mettre en œuvre afin de lutter contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles+ autochtones.

La dignité des femmes autochtones au cœur de la réponse

« Avec ce document, nous allons travailler ensemble pour créer un meilleur Yukon où les femmes autochtones sont en sécurité, respectées et où leur dignité est défendue, où elles obtiennent justice », a souligné la ministre responsable de la Direction de la condition féminine, Jeanie McLean. Celle-ci copréside le Comité consultatif du Yukon avec Doris Bill, cheffe de la Première Nation de Kwanlin Dün, et Ann Maje Raider, directrice générale de la Liard Aboriginal Women’s Society.

L’annonce de la stratégie, en direct du centre culturel Kwanlin Dün, coïncidait avec la Journée internationale des droits de la personne de l’Organisation des Nations unies. « Nous avons besoin de justice, a affirmé Mme McLean. Nous avons besoin de la vérité et de réparations. Ce sont les trois choses dont nous avons besoin dans notre pays, en tant que femmes autochtones, pour retrouver notre dignité. »

Un « point de départ »

La cheffe Doris Bill a spécifié que si le document jette les bases d’une stratégie de lutte envers la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, celui-ci est surtout un appel à la collaboration, pour que toute la communauté yukonaise y mette du sien. « Lorsque tout semble accablant, utilisez cette stratégie comme un guide », précise-t-elle.

Ann Maje Raider a rappelé l’importance d’avoir des solutions fondées sur les communautés et de reconnaître « l’agentivité et l’expertise des femmes, des filles et des personnes bispirituelles+ autochtones qui peuvent être le chemin qui nous guide loin de la violence ». Elle a aussi abordé le terme « ramatriement » (ou rematriation en anglais), qui a un sens particulier pour les autochtones et qui vise à remplacer le terme « rapatriement », aux connotations patriarcales et coloniales.

Pour les 10 à 15 prochaines années

La stratégie s’échelonnera sur 10 à 15 ans et le Comité consultatif du Yukon semble déterminé à tenir chaque année un forum où les partenaires et différents groupes rendront des comptes sur l’avancée des actions. « Nous tiendrons les dirigeants communautaires responsables », a ajouté Doris Bill.

Présentement, le comité travaille à l’élaboration d’un budget et de plans de mise en application des actions. La sécurité des communautés demeure l’une des priorités, a soulevé Jeanie Mclean en conférence de presse.

Ann Maje Raider, directrice générale de la Liard Aboriginal Women’s Society.
Photo: Facebook/JeanieDendys

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