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En réponse à l’éditorial du 14 octobre 2015

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Les commissaires de la CSFY

Cher M. Rondel,

Votre éditorial du 14 octobre dernier « Peut-on se fier aux commentaires en ligne? » soulève certains points auxquels nous désirons répondre.

Nous reconnaissons qu’il est nécessaire pour la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) de tenir la communauté et les médias, tant anglophones que francophones, informés de l’évolution de notre communauté éducative, de notre mandat et de nos actions, ainsi que des développements de la Charte canadienne des droits et libertés.

Ceci étant dit, il y aura toujours une partie de la population qui s’opposera aux droits des minorités linguistiques ou autres. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle certains droits fondamentaux ont été enchâssés dans la constitution canadienne en 1982, par le biais de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette Charte enchâsse les droits et libertés que les Canadiennes et Canadiens estiment essentiels au maintien d’une société libre et démocratique. Elle protège les langues officielles et le droit à l’éducation dans la langue de la minorité tout comme elle protège les droits démocratiques et les libertés fondamentales.

Le but de la Charte est aussi d’unifier les Canadiens par des valeurs qui incarnent ces droits et non de les séparer selon leur langue. Depuis 1982, la Charte est un moteur de changement, d’avancement et d’affirmation des valeurs de notre société. Cette Charte est responsable, entre autres, des grandes avancées faites par les communautés de langue officielle minoritaire à l’échelle du Canada, y compris celle du Yukon. En garantissant l’égalité en éducation, elle a fait naître en 1984 un système d’éducation en français langue première, devenue la pierre angulaire et la pépinière de notre communauté et de ses organismes, tel l’Aurore boréale.

Nous sommes étonnés que vous ayez choisi, dans votre éditorial, d’accentuer les réactions négatives affichées en ligne, tout en minimisant le nouveau climat d’entente et de coopération qui existe entre le gouvernement du Yukon et la CSFY. Si le dossier de la construction de l’école secondaire progresse, c’est parce que, mis à part le recours judiciaire, le gouvernement a reconnu qu’il y a des jeunes Yukonnais qui ont besoin d’une école. En effet, notre programme de français langue première au niveau primaire a connu dans les dix dernières années une croissance bien plus forte que toutes les autres écoles élémentaires de Whitehorse. Cette croissance a été de 115 % en 10 ans.

Nous croyons bon de rappeler que la CSFY a consulté sa communauté pour identifier ses besoins afin d’aller chercher auprès du gouvernement les ressources nécessaires pour y répondre. C’est la même démarche qu’avait entreprise la CSFY lors de la construction de l’École Émilie-Tremblay en 1996. L’école fut construite pour un petit groupe d’élèves, et ce, en dépit de nombreux détracteurs s’opposant à cette dépense d’argent accordée à notre minorité linguistique qui en « demandait trop ». L’histoire a cependant donné raison à ceux qui ont cru en la nécessité de ce projet puisqu’en moins de 20 ans, notre école est pleine à craquer et notre communauté est en plein envol.

La CSFY a un mandat éducatif et un mandat communautaire, en reconnaissance du fait que l’école et sa communauté linguistique minoritaire existent en symbiose. C’est pour cela que nous cherchons non seulement à doter notre communauté d’une école secondaire comparable à celle de la majorité linguistique, mais d’y ajouter des outils communautaires, tel un milieu d’expression culturelle, qui alimentera et servira de tremplin à cette éducation. Ces espaces communautaires, dont une bonne partie sera financée par des programmes fédéraux, représentent également une valeur ajoutée pour tous les Yukonnais qui pourront aussi bénéficier de leur utilisation. Tout le monde y gagne, peu importe leur langue.

Pour ce qui est de l’emplacement de l’école, nous avons choisi le site offert par le gouvernement du Yukon sur sa réserve éducative qui répondait aux besoins identifiés lors de consultations communautaires. Le site choisi permet de réaliser des économies importantes, puisque le terrain extérieur d’athlétisme et les locaux d’arts industriels pourront être partagés. Les installations communautaires seront facilement accessibles à tous, puisque situées près du centre-ville.

Certes, nous convenons qu’un travail de sensibilisation et de communication attend la CSFY et le gouvernement du Yukon. Continuer de bien informer les populations anglophones et francophones, notamment par le biais de communiqués de presse conjoints publiés en français et en anglais, est une priorité et fera partie de la planification du projet de construction du centre secondaire communautaire francophone.

La CSFY tient à réitérer qu’une école se bâtit non seulement avec la communauté, mais pour cette dernière. La construction du centre secondaire communautaire francophone figurera certainement parmi les grands succès et avancements de notre communauté. Les minorités linguistiques se doivent de se serrer les coudes et de garder la tête haute, n’en déplaise à quelques-uns qui commentent en ligne.

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