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Élections fédérales : L’immigration, le nerf de la guerre

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Danny Joncas

Les élections fédérales n’auront peut-être lieu que dans six mois mais déjà, différents groupes y vont de leurs revendications. Parmi ceux-ci, les communautés francophones vivant en situation minoritaires.

Linda Cardinal, politologue à l’Université d’Ottawa. (Gracieuseté Université d’Ottawa)

Linda Cardinal, politologue à l’Université d’Ottawa. (Gracieuseté Université d’Ottawa)

Et comme les élus cesseront de siéger en juin, le temps presse pour ceux qui souhaitent que leurs préoccupations deviennent des enjeux électoraux. D’autant plus que le parlement actuel ne reviendra pas à la Chambre des communes en septembre, campagne électorale oblige. C’est donc dire que ce n’est qu’après l’élection du prochain gouvernement, le 19 octobre, que les activités reprendront sur la colline parlementaire.

Au sein de la francophonie canadienne, il ne fait nul doute que la prochaine campagne électorale s’articulera autour du thème de l’immigration francophone. Les dirigeants des organismes représentant les francophones en milieu minoritaire soulèvent d’importantes lacunes à ce chapitre et croient que l’avenir des communautés en dépend.

« Les différents acteurs au sein du milieu francophone semblent s’entendre pour dire que le gouvernement fédéral n’en fait pas assez pour favoriser le recrutement et l’intégration des immigrants », observe Linda Cardinal, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de cette même institution.

Vibrant plaidoyer

À cet effet, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a déploré le peu d’importance que semble accorder Ottawa au recrutement d’immigrants francophones, lors d’une comparution devant le Comité permanent des langues officielles, à la fin mars.

« Au cours des dernières années, on a coupé les programmes et les incitatifs qui nous donnaient un certain avantage au niveau de l’immigration », a indiqué la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny, aux parlementaires.

La FCFA craint d’ailleurs pour l’avenir des communautés francophones en situation minoritaire si le fédéral n’agit pas. Selon la FCFA, parmi tous les immigrants qui se sont établis à l’extérieur du Québec au cours des 20 dernières années, moins de 2 % sont francophones.

Linda Cardinal abonde dans le même sens. Selon elle, un trop faible nombre d’immigrants francophones risque d’éventuellement mener à des pertes de services dans certaines communautés.

« Cette question est directement liée à la Feuille de route (pour les langues officielles). Certaines communautés n’atteindront plus les nombres requis pour des services fédéraux si un effort n’a pas lieu dans le domaine du recrutement des immigrants vers ces communautés », estime la spécialiste des minorités francophones au Canada.

Encore les délinquants

Outre l’immigration, Mme Cardinal croit entre autres que l’application de la Loi sur les langues officielles risque de faire surface d’ici la tenue des prochaines élections.

« Il y a aura aussi la défense des institutions pancanadiennes comme Radio-Canada qui sera un enjeu ainsi que la question du Sénat, une institution qui contribue à la représentation des enjeux des communautés francophones. L’application générale de la Loi sur les langues officielles pourrait aussi être abordée, car les propos des porte-parole donnent à penser qu’il y a laxisme dans l’application de la loi », note-t-elle.

Parmi les écarts de conduite des ministères fédéraux, Linda Cardinal cite en exemples les nominations unilingues et le manque de leadership dans l’application de la loi de la part de certains ministères, tel que le souligne le commissaire aux langues officielles année après année.

Chez les leaders communautaires, on rappelle que des communautés fortes et dynamiques sont essentielles afin que l’on note des améliorations au niveau des services en français, ce qui en bout de ligne nous ramène à la question de l’immigration francophone.

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