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Éditorial – Peur

Maryne Dumaine

Ah! Le temps de l’Halloween et… des élections. Deux sujets propices aux peurs et anxiétés diverses et variées.

Photo : Maryne Dumaine

Petite confidence : parmi mes plus grandes peurs figure celle d’écrire des éditoriaux. Une semaine sur deux, je dois donner mon opinion de façon intelligente sur un sujet que je n’ai pas toujours eu le temps ou l’énergie d’apprivoiser. Peur de faire du tort, peur de me tromper.

Peur du ridicule. Peur du jugement des autres.

Cependant, si j’en crois les recherches à ce sujet, je ne suis pas la seule à devoir gérer cette émotion… Il semblerait que l’anxiété soit un des maux les plus répandus au sein de la population mondiale. Peureux du monde entier, ne vous sentez plus seuls : nous avons toutes et tous des angoisses.

Peur des fantômes, de l’inconnu, de se tromper… Peur des araignées, des serpents, de faire des erreurs (ou de refaire les mêmes). Peur de ne pas apprécier assez le moment présent ou peur de manquer un événement important… (le fameux fear of missing out [FIMO]).

La liste est longue et n’en finit plus…

Peur de se lancer et d’échouer. Parfois, il arrive même de craindre les conséquences de la réussite de nos projets.

Fin octobre, c’est le moment de tenter d’effrayer nos propres démons par l’usage de costumes, de films d’horreur ou de maisons hantées (il y en aura d’ailleurs une très prometteuse à l’École de la rue Wood).

Mais attention, ne laissons pas le monde extérieur, les grands manitous politiques ou leurs voisins du marketing jouer avec notre effroi.

Car si la peur est notre mal commun, elle n’en est pas moins manipulable. Notre crainte de manquer ne pousse-t-elle pas au gaspillage? La fête du Trick or treat n’est-elle pas devenue une occasion de consommation « jetable » et éphémère? Et ce ne sont que quelques exemples des déviations pour lesquelles nos inquiétudes sont trop souvent exploitées. En période électorale notamment, nos nombreuses peurs sont fréquemment exploitées de toutes parts.

À l’heure où j’écris ces quelques lignes, les élections n’ont pas encore eu lieu. (Le journal sera lancé en impression avant que nous ne connaissions les résultats des votes). Mes peurs sont donc nombreuses, même si j’essaie de dompter mes maux à coups de grands mots. Peur de laisser une planète invivable à nos enfants, peur d’un gouvernement qui ne prendrait plus en compte l’importance du bilinguisme au pays, peur que notre journal ne mette la clé sous la porte un jour, faute d’assez de publicités ou de soutien du gouvernement. Des sujets qui m’effraient plus que l’optique de créer moi-même les costumes d’Halloween de mes enfants!

Malgré tout, j’essaie d’adopter un mantra que je trouve très efficace : « Ça va bien aller! ».

Car après tout, c’est en apprivoisant ses peurs que l’être humain évolue. En y faisant face, en les nommant et en les affrontant. D’ailleurs, la peur est initialement un moyen physique de survie, grâce auquel nous pouvons fuir ou combattre. C’est l’une des motivations primaires animales.

Alors au lieu d’avoir peur du changement, de ce que l’on ne connaît pas encore ou de ce qui pourrait arriver de mal, peut-être pourrions-nous tenter d’avoir confiance et de respirer?

En tout cas, une chose est certaine, en cette période « préhalloweenesque », la peur des mil-liers d’emballages de bonbons est assez présente dans mon esprit. De même que celle de la gestion du sucre qui s’en suivra! Pour cette question, les monstres à dompter seront d’une tout autre nature!

Allez, ça va bien aller…

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