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Éditorial – Dindon

Maryne Dumaine

Photo : Pixabay

 

Ah! Ces belles soirées aux assiettes pleines qui nous attendent pour le temps des Fêtes. De la dinde plein les plats, des gâteaux et des confiseries… Et bien sûr, les cadeaux. Car c’est vrai, donner fait plaisir, partager la nourriture, les présents, les attentions diverses et variées. Le grand sens de la fête, en somme…

Dindon, voilà le titre de mon éditorial des Fêtes. Pourquoi? Car le dindon, selon Les Cartes Médecine de James Sams et David Carson, est le symbole du don. Je trouvais donc que c’était de saison.

Mais tandis que nous couvrons nos prochaines générations de jouets de toutes sortes, un autre monde se meurt. De faim, de dépendances, de manque d’eau, de solitude, de pollution…

La vie citadine et moderne nous encourage à acquérir de plus en plus. Des nouveaux « jouets » pour tous et en tous genres. Qu’ils soient à batteries, à quatre roues, à écran tactile ou à sonars hyper puissants. Nous nous offrons ce qu’il y a de mieux. Du neuf, de la production, du beau, du brillant, du loin et du puissant. Du compatible en plus. Ben oui, justement, parce que se gâter ne sert à rien si on n’a pas la dernière version. Tiens, le mot « gâter » résonne, on dirait…

Ah! Que j’aime vivre au Yukon où existent les Free Store, les cuisines collectives, les organismes à but non lucratif et les projets variés pour le bien commun, tel un vent rafraîchissant.

À l’origine, les cérémonies du Don avaient des vertus inégalées, telles que la transcendance de nos bien-être personnels pour la satisfaction de l’ensemble, « loin d’un moralisme suffisant », explique la carte médecine du Dindon, « mais bien pour la connaissance profonde que toute vie est sacrée ». Dans notre société moderne, que signifient ces cérémonies de don que sont les Fêtes? Jusqu’où devrons-nous aller dans le « toujours plus »? « Des jouets par milliers », chantons-nous gaiement avec nos plus petits, par-dessus le marché (de consommation)!

Et si cette année, nous en profitions pour penser différemment? Penser aux autres, pour de vrai, au-delà des cadeaux? Des dons aux banques alimentaires, du temps pour rencontrer nos voisins, un moment pour aider nos proches ou tout simplement pour appeler nos grands-parents qui vivent loin et que nous ne prenons que trop peu le temps de contacter. Donnons du temps, des expériences, des baisers, des lettres simples sur du papier blanc, griffonnées à la main… Pensons à la Planète, la source de notre existence. Avons-nous besoin d’encourager la production de ce qui deviendra sous peu les déchets qui rempliront nos dépotoirs, tel que le mentionne avec justesse le film The Grinch? Car les ressources que nous utilisons sans garde ne seront pas éternelles.

Et si cette année, au lieu d’être nous-mêmes les Dindons de la farce de ce système économique dans lequel nous vivons, nous nous concentrions sur… le nécessaire. L’amour. Les amis. Les proches. Le temps. Le présent.

Je vous souhaite à toutes et tous ce que je souhaitais déjà l’an passé sur cette même page : l’appréciation de chaque instant, de chaque minute. Mais surtout, à vous qui me lisez, je vous offre la reconnaissance, la gratitude. Merci de lire cet humble journal et d’inspirer ce qui fera son contenu. Pour 2020, je nous souhaite à tous et à toutes une année de partage, pleine de communauté.

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