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École, centre scolaire communautaire et autres décisions

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Pierre-Luc Lafrance

Comme vous le savez sans doute, la Commission scolaire francophone du Yukon fait des consultations afin de prendre le pouls de la population concernant la construction d’une future école secondaire.

J’ai quelques réserves concernant la logistique de ces consultations. Entre autres, je trouve l’échéancier trop serré. Les consultations ont commencé le 5 juin et le rapport final sera déposé le 30 juin. Par contre, cette vitesse, ce besoin pressant correspondent à une bonne nouvelle : il y a une fenêtre ouverte et les chances de réalisation du projet sont élevées.

Sans compter que la question de fond est pertinente et c’est sur ça que je vais me pencher. Parce qu’on peut chialer longtemps sur la logistique des choses, mais c’est un fait que l’École Émilie-Tremblay est trop petite pour accueillir tous les élèves du primaire et du secondaire. En fait, même la garderie aurait besoin d’un bon agrandissement, mais ça, c’est un autre sujet. C’est aussi un fait qu’il y a un problème de rétention des élèves du secondaire. Et je crois que tout le monde s’entend dans la communauté francophone pour dire que la création d’une nouvelle école répond à un besoin réel et urgent. De plus, tous les éléments sont réunis pour en faire un projet rassembleur pour la communauté.

Là où les gens sont divisés, c’est sur le type d’école (une institution de type traditionnelle ou un centre scolaire communautaire?), et sur l’emplacement de l’école (sur le terrain de l’école actuelle, sur le terrain de F.-H.-Collins ou à un autre endroit?).

Répondre à ces questions n’est pas si simple qu’il paraît. L’emplacement risque d’avoir une influence sur le type d’école et vice-versa. Prenons le cas du centre scolaire communautaire. J’adore le principe : l’école qui devient un milieu de vie en offrant aux élèves de nouvelles ressources tout en palliant les manques de la communauté. Cette forme communautaire peut prendre bien des formes : une salle de spectacle, une bibliothèque, un centre de santé, des espaces de création, il y aurait même des organismes qui pourraient s’intégrer à la nouvelle structure.

Mais il y a un danger : il faut s’assurer de la pertinence de ces choses. Par exemple, ça ne sert à rien, pour la communauté, de vider le Centre de la francophonie pour remplir le centre scolaire communautaire. Pour réussir un projet communautaire comme celui-là, ça prend un partenariat avec le milieu dès les premières étapes du projet pour s’assurer que les nouvelles infrastructures répondent à un besoin, et qu’il ne s’agit pas simplement d’ajouter un volet communautaire au projet pour avoir accès à de nouvelles sources de financement. Car, ne nous leurrons pas, le projet sera beaucoup plus facile à financer s’il comporte cet aspect communautaire. Assurons-nous que ce volet communautaire aura un réel impact sur la qualité de vie des Franco-Yukonnais… et des élèves.

Quant aux choix du lieu, au-delà des réponses émotives et personnelles, il faut être capable de revenir à la base : quels sont les besoins des jeunes? Et c’est là un des aspects sur lequel j’ai des réserves sur ce projet. Oui, les jeunes seront consultés, mais au même titre que les autres groupes : organismes communautaires, membres du personnel, parents, etc. Je crois qu’il aurait fallu creuser plus en profondeur avec eux… et surtout avec les élèves qui ont quitté l’école pour rejoindre le réseau anglophone. Pourquoi ont-ils changé d’école? Quels éléments auraient pu changer leur décision? On me dit qu’un questionnaire a été rempli par chacun des jeunes qui ont quitté l’Académie Parhélie. J’espère que ces réponses seront prises en compte dans les décisions définitives. Car, c’est bien beau avoir une nouvelle école (ou un centre scolaire communautaire ou un centre communautaire scolaire ou peu importe quelle appellation le projet aura au bout du compte), mais si cela n’a pas d’impact sur la rétention des jeun
es, s’il n’y a pas d’élèves pour la faire vivre, ce sera une coquille vide.

Si je me place dans la peau d’un élève du secondaire, je me souviens que ce n’est pas tant l’école qui me plaisait, que la vie sociale que j’y avais. Je jouais au soccer, je faisais du théâtre, j’ai même fait partie du journal étudiant (eh oui). Mais à deux dans une classe, les possibilités d’activités parascolaires sont limitées.

Est-ce que la consultation actuelle est parfaite? Non. Par contre, c’est une occasion de se renseigner, de donner son opinion, de discuter. Si vous n’avez pas encore été consultés, il y a une rencontre ouverte à tous le 14 juin à partir de 9 h à l’École Émilie-Tremblay. Ce sera le temps d’aller chercher des réponses et de prendre position. Parce que des décisions seront prises – et il le faut, ce projet est dans l’air depuis 2007 –, assurez-vous d’être entendus.

Après, si le résultat ne vous plaît pas, vous pourrez chialer. Mais bon, peu importe la décision, il va y avoir des gens satisfaits et d’autres qui ne le seront pas. Cependant, une chose est sûre, le statu quo ne peut durer.

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