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Du Yukon à l’Atlantique : des moniteurs Odyssée du territoire partagent leur expérience

Julien Latraverse

Chaque année, le Yukon accueille une équipe de moniteurs et monitrices qui viennent prêter main forte à l’enseignement du français. Cependant, ce programme n’est pas à sens unique, il existe à travers le Canada et permet également à des jeunes du territoire de voyager au sein de leur pays tout en parlant leur langue.

Lara Herry-Saint-Onge lors de son stage à Halifax en 2019.
Photo fournie

Lara Herry-Saint-Onge et Soleil Stimson ont participé à un stage de neuf mois dans le cadre du programme Odyssée afin de donner des cours de langue dans différentes provinces du pays.

Odyssée offre la chance aux jeunes Canadiens de participer à un stage de moniteur et monitrice de langue à l’extérieur de leur territoire ou province d’origine. Par exemple, Lara Herry-Saint-Onge était monitrice de français à l’École Mer et Monde située à Halifax, en Nouvelle-Écosse. À l’inverse, étant anglophone, Soleil Stimson aidait à enseigner l’anglais à l’École secondaire de la Seigneurie à Beauport, au Québec.

Si les motivations diffèrent pour les moniteurs et monitrices, le désir de partager ou d’apprendre une langue est au cœur de leur participation au programme. « J’ai toujours voulu parler en français. C’est la principale raison de ma présence ici [à Beauport] », témoigne de ce fait M. Stimson.

Quant à Mme Herry-Saint-Onge, son stage lui a permis de se rappeler des difficultés et des réalités des jeunes francophones en milieu minoritaire. « Je me souvenais de mon expérience en grandissant à Émilie-Tremblay […] et j’y ai vu les mêmes problèmes qu’on avait en tant que francophones à l’école où j’enseignais », rapporte-t-elle. Ce stage était une façon pour elle d’entrevoir « l’autre côté de la médaille », en plus de lui faire « ouvrir les yeux » sur le fait que cette particularité linguistique est vécue à plusieurs endroits à travers le pays. « Je pense que j’ai pu apporter des idées et des commentaires qui étaient assez personnels et pertinents pour l’École [Mer et Monde], car c’était assez similaire avec ce que j’ai vécu », soutient-elle.

Le point de vue yukonnais

Étant du Yukon, Soleil Stimson et Lara Herry-Saint-Onge reconnaissent tous deux le lien étroit les unissant au territoire. Comme le souligne M. Stimson, il a même tenté de présenter son attachement au pays du soleil de minuit à sa classe. « Je fais des ateliers de géographie basés sur le Yukon pour partager les lieux que j’aime et les exposer à [l’endroit que j’appelle] ma maison », commente ce dernier.

Lara Herry-Saint-Onge estime pour sa part que le Yukon « fait partie de son identité ». Ce stage avec Odyssée lui a fait comprendre qu’elle n’était pas « toute seule » dans sa francophonie au pays. Malgré le fait qu’on la confondait avec une Québécoise « à cause de mon accent » explique-t-elle, Mme Herry-Saint-Onge a trouvé l’expérience positive et enrichissante. « Je pense que c’est mon droit, même si je ne viens pas du Québec […] j’apportais quelque chose à cette communauté francophone dans le fond », fait-elle valoir. De ce fait, elle ajoute que les élèves se sont rapidement ouverts à elle. Selon Lara Herry-Saint-Onge, le plus important est le français, et ce, peu importe d’où l’on vient.

Bien qu’ils ne pensent pas répéter l’expérience, Lara Herry-Saint-Onge et Soleil Stimson affirment avoir largement apprécié leur stage. « J’ai adoré, mais je n’envisage pas une carrière en enseignement », explique Mme Herry-Saint-Onge. Un avis également partagé par Soleil Stimson qui planifie d’étudier en sciences environnementales à l’Université de York, à Toronto.

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