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Du théâtre bilingue pendant le Festival Pivot

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Pierre-Luc Lafrance

Dans le cadre de la sixième édition du Festival de théâtre Pivot qui aura lieu du 23 au 26 janvier à Whitehorse, les spectateurs seront invités à assister à une pièce bilingue (80 % en anglais, 20 % en français). Une immersion dans l’univers du bilinguisme en milieu minoritaire… présenté sans sous-titres. En effet, les 23 et 24 décembre, la pièce Leave a message (après le bip) d’Aislinn Cornett et de Geneviève Doyon sera présentée au Old Fire Hall. Pour l’occasion, l’Aurore boréale s’est entretenue avec Geneviève Doyon, qui, en plus de coscénariser la pièce, incarne le rôle principal.

Pour la jeune femme qui a étudié en théâtre, il s’agit d’une première expérience en scénarisation. « J’ai fait de la mise en scène et de l’interprétation, mais je n’avais jamais écrit. Par contre, ça me trottait dans la tête depuis un moment et le Yukon est le meilleur endroit pour essayer des choses. Alors, j’ai décidé de saisir ma chance. » Mais pourquoi une pièce bilingue? « Comme je viens de Montréal, mes idées me viennent toujours en français. Mais ici, je voulais faire quelque chose qui s’adresse au public yukonnais, qui lui parle autant en anglais qu’en français, pour représenter la réalité ici. Je ne voulais pas trahir mes racines en faisant semblant d’être une auteure anglophone. Pour moi, avec ce mélange d’anglais et de français, ça représente la réalité d’une personne bilingue qui vit en milieu minoritaire. Il y a des choses qu’on ne voit pas dans l’autre langue, des subtilités qu’on ne comprend pas, mais on saisit l’idée générale. »

Il y a un côté ludique dans cette aventure : « J’ai voulu explorer la pensée : quelles images vont avec quelle langue. De mon côté, quand je pense à ma mère, je pense en français. Mais quand je pense à mon chum qui est anglophone, je pense en anglais. »

L’histoire

La pièce suit Claire, le personnage principal. Une jeune femme dans la vingtaine qui, depuis son plus jeune âge, est fascinée par la mort. « Mais attention, elle n’a pas une vision noire de la mort. Il y a quelque chose de candide dans son approche. Elle ne comprend pas le tabou autour de la mort et ça la fascine. » Elle a toujours été attirée par l’idée de mettre fin à ses jours et là, elle décide de faire un dernier voyage dans le Nord. En chemin, elle rencontrera Zach, un jeune homme timide et poétique qui l’amènera à changer sa vision du monde.

Un travail qui se continue

La version de la pièce qui sera présentée lors du Festival n’est pas un produit fini. « C’est un peu comme une photo qui montre là où on en est dans notre processus créatif. Le Théâtre Nakai donne l’occasion à des artistes locaux de développer une création. Avec Aislinn, on travaillait depuis 2012 sur ce projet et ils en avaient entendu parler. Alors, les gens du Théâtre Nakai nous ont approchées pour voir si on voulait mettre notre scénario sur pied. » Sur scène, les acteurs (le rôle de Zach sera interprété par Roy Neilson) seront accompagnés par la musicienne Andrea McColeman qui improvisera la trame sonore de la pièce. Les acteurs auront aussi à travailler physiquement. « C’est l’esthétique de la pièce, quelque chose de très physique. D’ailleurs, la metteure en scène joue davantage le rôle de chorégraphe par moment. Les mots disent quelque chose, mais le corps aussi. »

C’est donc une pièce en progrès que les spectateurs pourront voir. « Il n’y a pas de décor et on a droit à trois jours de répétitions au lieu de quelques semaines. » Par contre, ce sera l’occasion pour les auteures de prendre le pouls du public qui donnera ses commentaires après les représentations. « Cela va nous aider dans notre processus créatif. »

Si l’idée originale vient de Geneviève Doyon, elle a rapidement décidé de travailler avec une anglophone (une autre façon de montrer le caractère bilingue du Yukon). Elle a rapidement décidé de collaborer avec Aislinn Cornett, une artiste visuelle qui a étudié en scénarisation. « C’est aussi une amie à moi. J’adore le processus de création à quatre mains. Il faut dire que c’est notre première expérience d’écriture de pièce pour toutes les deux, alors nous n’avons pas d’idées préconçues sur la façon de faire. On a développé notre propre méthode. » Les deux auteurs ont adopté une approche très ludique en se lançant différents défis lors de l’écriture.

Le mot de la fin : « Le mot suicide n’est jamais nommé dans la pièce, mais c’est au cœur de l’histoire. J’espère que les gens n’auront pas peur, car même si le sujet est dur, le ton n’est pas dramatique. Le tout est traité avec humour, un humour parfois sombre, ce qui est pour moi la meilleure façon de passer un message. »

Légende : Geneviève Doyon incarne le rôle de Claire en plus de coscénariser la pièce.

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