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DOSSIER CARCROSS : Visite éclair

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Thibaut Rondel

Mardi 18 juin. 13 h. Une petite dizaine d’autobus sont alignés sur le bitume du centre-ville de Carcross. À petits pas, des centaines de touristes – américains pour la plupart – gravitent en couple autour des véhicules, selon des trajectoires aléatoires, mais sans jamais dépasser les limites de l’hyper-centre. Moyenne d’âge : 65 ans. Signes distinctifs : une glace à la main, et la propension à dégainer le porte-monnaie plus vite que leurs ombres.

La plupart des touristes ne passent jamais plus de quelques dizaines de minutes à Carcross. Photo Thibaut Rondel

La plupart des touristes ne passent jamais plus de quelques dizaines de minutes à Carcross. Photo Thibaut Rondel

« C’est un beau petit village dont je n’avais jamais entendu parler, avec un petit magasin de campagne [NLDR Matthew Watson General Store], et tout le monde est très amical », lance Bill Meams, originaire d’Augusta en Géorgie. « Nous nous sommes arrêtés ici pour une pause de 45 minutes », précise-t-il.

Juste de quoi se dégourdir les jambes, avant de reprendre le bus Holland America pour Whitehorse, puis Fairbanks et Anchorage. Le laps de temps ne lui semble pourtant pas exagéré.

« Il n’y a pas beaucoup plus à voir. Une heure suffit largement à voir ce que vous avez besoin de voir ici », assure-t-il en photographiant deux dames coquettes devant le logo de l’autocar.

M. Meams est néanmoins un peu surpris de découvrir le magasin général, le café Caribou et la boulangerie Chilkoot Trail.

« Le chauffeur du bus nous a dit que nous ferions notre pause ici, mais il ne nous a pas dit que nous pourrions manger », explique-t-il. « En fait, il nous a dit d’apporter un repas parce qu’il n’y aurait aucun endroit pour manger ici. Si nous avions su, nous n’aurions pas apporté notre déjeuner! »

Deux heures et plus

Bien que tous les commerces de Carcross Commons ne soient pas encore ouverts, ces premiers commentaires augurent de la future réussite du projet commercial et touristique mené par la Carcross Tagish Management Corporation (CTMC). Tous les visiteurs ne restent cependant pas aussi brièvement en ville.

Neil et Elizabeth Adams, Rock Mountain House, Alberta. Photo : Thibaut Rondel

Neil et Elizabeth Adams, Rock Mountain House, Alberta. Photo : Thibaut Rondel

Neil et Elizabeth Adams, de Rock Mountain House en Alberta, sont dans la communauté depuis deux heures. Après un déjeuner à la Caribou Crossing Trading Post, à l’entrée du village, le couple s’est vu allouer 20 minutes pour visiter Carcross.

« Nous n’avions jamais entendu parler de ce village, mais le chauffeur en a fait une belle promotion », explique Neil Adams. « Il y a sûrement des choses très intéressantes à voir ici. »

Alain Loyer, de Saint-Basile-le-Grand au Québec, voyage dans son propre véhicule récréatif. Photo : Thibaut Rondel

Alain Loyer, de Saint-Basile-le-Grand au Québec, voyage dans son propre véhicule récréatif. Photo : Thibaut Rondel

Pour leur part, Alain Loyer et sa femme, de Saint-Basile-le-Grand au Québec, ne font pas partie d’un groupe organisé, mais voyagent avec leur propre véhicule récréatif et un couple d’amis. Carcross n’était pas sur leur plan de route, mais ils souhaitent pourtant y passer tout l’après-midi.

« Nous allons passer la journée. On sait qu’il y a des choses à voir, mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit si populaire », confie Alain Loyer, qui ne cache pas son impatience de découvrir le lac Émeraude.

Entre profit et culture

« Carcross a longtemps accueilli les nombreux touristes participant aux croisières, mais il n’y a jamais vraiment eu de services pour eux, ou de choses à faire lorsqu’ils arrivaient ici », explique Daphne Mennell, artiste et conseillère en voyage au Centre d’information touristique de Carcross. « Offrir plus de ressources aux visiteurs pourra permettre de les retenir plus longtemps qu’un quart d’heure, et faire de Carcross une destination. Ils pourront essayer quelques restaurants supplémentaires, prendre un café, louer un kayak, un canot ou un vélo ou encore aller pêcher. Ça offre finalement plus de choix, et je pense que les gens de Carcross attendaient ça depuis un bout de temps. »

Les autobus des organisateurs de voyages s’alignent en rang d’oignons sur le stationnement du centre-ville de Carcross. L’agitation estivale vécue par la petite communauté contraste avec la sérénité des mois d’hiver. Photo : Thibaut Rondel

Les autobus des organisateurs de voyages s’alignent en rang d’oignons sur le stationnement du centre-ville de Carcross. L’agitation estivale vécue par la petite communauté contraste avec la sérénité des mois d’hiver. Photo : Thibaut Rondel

Installé dans un des nouveaux bâtiments construits sur la zone commerciale, l’Office du tourisme fleure le neuf. À l’intérieur, des brochures bien sûr, mais aussi quelques produits historiques et artistiques. Sur sa façade, comme sur celles des autres cabines, le symbole d’un clan Tlingit.

« C’est très attrayant, notamment pour les gens qui recherchent ici quelque chose d’unique », assure Daphne Mennell. « Je pense que du point de vue des visiteurs, ça fonctionne, mais je ne suis pas certaine de cela du point de vue des Premières nations. Ils pourraient penser que cela n’a pas été interprété correctement, et que cela ne reflète pas leur culture ou leur identité. Les vrais locaux, qui vivent aux alentours de Carcross, je ne crois pas qu’eux soient touchés par ces changements. »

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