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Division

Maryne Dumaine

Le 30 septembre a marqué notre histoire cette année, notamment parce que c’était la première fois que cette date était reconnue comme un temps de réflexion, comme une reconnaissance humble des erreurs du passé, tournant un regard optimiste vers l’avenir.

« Ainsi, comme le mois d’octobre nous le rappelle, l’histoire telle qu’on la connaît dans les livres scolaires est pleine d’erreurs et de contradictions. Division, stigmatisation et exclusion sont des mots qu’on voudrait désuets. Notre société moderne tente désormais, tant bien que mal, de les « réparer » aujourd’hui. L’humanité se rend compte peu à peu que la force d’un peuple vient de la somme de ses diversités. » Photo Pixabay

 

Cette date ouvrait aussi la voie sur le mois d’octobre, avec ses transitions et ses grands écarts de températures, mais aussi ses dates de commémorations et d’hommages.

Le 4 octobre était la Journée nationale de commémoration des femmes, filles, et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées, symbolisée par les robes rouges et marquée par des manifestations du groupe Sœurs par l’esprit. Commémoration des plus importantes, puisque les femmes et filles autochtones sont encore à ce jour 3,5 fois plus victimes de violences (et de violences plus graves) que les autres femmes du Canada.

Le 5 octobre était la Journée mondiale des enseignant.e.s, ces gens qui façonnent les acteurs et actrices du changement de demain. Le personnel enseignant informe, encourage à poser (et à se poser) des questions, enseigne comment trouver des réponses dans un monde qui évolue, plein de contradictions, et où l’information est un nouvel océan qu’il faut apprendre à naviguer. Chapeau bas à ces superhéros et superhéroïnes des temps modernes!

Le 10 octobre était la Journée mondiale pour la santé mentale. Fini le temps où les « hystériques » étaient envoyées au bûcher sous prétexte de sorcellerie! La santé mentale, ses réalités et ses défis sont désormais reconnus, pour toutes et tous, à tout âge. Les tabous tombent, les ressources se développent. Il est de plus en plus accepté et acceptable d’en parler. Mais l’isolement dans lequel les personnes se retrouvent est encore une réalité qui a la vie dure. Dans notre monde où la peur trouve un terreau fertile, prendre soin de sa santé mentale est une priorité.

Le 11 octobre était la Journée nationale du coming out, terme d’affirmation publique de son appartenance à la communauté homosexuelle.

En 2011, les Nations Unies (ONU) ont aussi déclaré cette même date comme Journée internationale des filles, afin de reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels elles se heurtent de par le monde. « Si les filles sont accompagnées durant l’adolescence, elles ont le potentiel de changer le monde : travailleuses de demain, mères, entrepreneures, mentores, cheffes de famille et dirigeantes politiques », indique le site de l’ONU. C’est aussi ce qu’a choisi de souligner la ministre Jeanie McLean lors de son hommage à l’Assemblée législative à l’occasion du Mois de l’histoire des femmes. Car oui, tout le mois d’octobre est consacré à la célébration de l’histoire des femmes. « J’encourage tous les Yukonnais et toutes les Yukonnaises non seulement à célébrer les réalisations des femmes et des filles pionnières qui nous ont précédées, mais aussi à considérer l’histoire qui se fait maintenant dans le moment présent et à soutenir les femmes autour nous et leur combat permanent pour la reconnaissance et l’égalité », a déclaré la ministre de l’Éducation et de la Direction de la condition féminine et de l’égalité des genres.

Rappelons-le, les femmes n’ont été considérées comme des « personnes » au sens de la loi qu’en 1929, au Canada. Le 18 octobre marque la commémoration de cette reconnaissance, quand les femmes ont cessé d’être exclues de la vie civique. Pour les femmes autochtones, il aura toutefois fallu attendre 1960…

Ainsi, comme le mois d’octobre nous le rappelle, l’histoire telle qu’on la connaît dans les livres scolaires est pleine d’erreurs et de contradictions. Division, stigmatisation et exclusion sont des mots qu’on voudrait désuets. Notre société moderne tente désormais, tant bien que mal, de les « réparer » aujourd’hui. L’humanité se rend compte peu à peu que la force d’un peuple vient de la somme de ses diversités. « Vouloir bien faire », c’est bien; « forcer à faire », l’histoire nous a démontré que c’était souvent une idée au goût amer…

Malgré une ligne éditoriale qui tente d’éviter de mentionner la COVID (parce que tout le monde en parle ailleurs), il est difficile de ne pas mentionner la décision fédérale qui a été annoncée la semaine dernière : le personnel employé du gouvernement fédéral sera bientôt obligé de se faire vacciner. Nous ne sommes plus à l’étape de se questionner sur la gravité de la panade dans laquelle on se trouve… Les choses sont sérieuses, c’est indéniable. Pourtant, aujourd’hui, au lieu d’attiser la peur et la stigmatisation, pourrions-nous simplement appuyer sur le bouton « pause » et prendre un petit temps de réflexion?

Et si, au lieu de faire porter sur une poignée d’individus la responsabilité morale d’une crise mondiale, on regardait, présentement, ce qu’octobre nous enseigne?

Ce sont les générations futures qui porteront les conséquences de nos choix d’aujourd’hui. Pouvons-nous poser les bases d’un monde où règneront l’inclusion, la diversité, le respect de l’autre et où la tolérance et l’esprit critique continueront d’être valorisés?

Le concept de division appartient aux mathématiques, ne le laissons pas revenir en force dans le domaine des sciences humaines.

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