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Des textos offensants jettent de l’ombre sur la rentrée législative

Laurie Trottier

Près de 70 de personnes manifestaient devant l’édifice législatif à Whitehorse avant le début des travaux parlementaires, le 11 mai dernier, tandis que d’autres se sont réunies à Dawson afin de dénoncer les textos offensants échangés par deux députés du Parti du Yukon, Stacey Hassard et Wade Istchenko. Le 30 avril dernier, ces deux élus ont tenu des propos dégradants envers des membres des partis adverses.

Le rassemblement Raise your Voice Against Misogyny à Whitehorse a rassemblé près de 70 personnes. Elaine Corden était à l’initiative des manifestations à Dawson et a inspiré l’événement de Whitehorse. Photo : Laurie Trottier

 

La société Queer Yukon a vivement dénoncé ces commentaires, affirmant que les « blagues de “femmes avec un pénis” sont manifestement transphobes » et déshumanisantes. Mona Luxion, président.e de la société, a entre autres demandé au parti d’élaborer un code de conduite qui traiterait « spécifiquement de l’homophobie, de la biphobie et de la transphobie » et que l’ensemble des député.e.s du parti suivent une formation sur la diversité sexuelle et de genre. La femme de Wade Ischtenko, Donna Ischtenko, a réagi à la lettre ouverte de Mona Luxion, en affirmant que son mari a toujours montré de l’ouverture envers leur fille, qui est transgenre, en plus d’avoir participé aux parades et d’avoir soutenu des projets de lois portant sur les enjeux transgenres. Le conseil de la Première Nation de White River a quant à lui demandé la démission du député de Kluane Wade Ischtenko.

Le caucus du Parti du Yukon a réagi à la controverse en assurant que ces commentaires étaient en effet « entièrement inacceptables et inappropriés ». Les deux élus parlementaires devront suivre un programme visant à prévenir l’intimidation et le harcèlement au travail et ne pourront prendre part au cabinet fantôme de l’opposition officielle ni aux différents comités législatifs.

Mais pour plusieurs groupes, ces mesures annoncées semblent insuffisantes. Dans une lettre ouverte (voir en page 4), la Coalition des femmes du Yukon souhaite que Currie Dixon, chef du Parti du Yukon, prenne « des mesures plus sérieuses pour contrer la misogynie, le sexisme et le harcèlement ». Le Conseil des Premières Nations du Yukon demande pour sa part la suspension sans salaire des deux députés. « Ce que ces élus nous démontrent est que ce type de comportement est acceptable et excusable. Et en 2021, ce ne l’est pas », a ajouté Kluane Adamek, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations au Yukon par voie de communiqué.

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