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Des sages-femmes au territoire à compter de cet automne

Laurie Trottier

Le cadre réglementaire de la profession de sage-femme au territoire a été adopté par le gouvernement du Yukon: le Règlement sur les sages-femmes, les normes de pratique et le code de déontologie entreront ainsi en vigueur le 15 avril 2021.

Christina Kaiser, qui est actuellement la seule sage-femme au Yukon, voit son métier comme une vocation. Elle a complété ses études en Allemagne.
Photo fournie.

Pour la présidente par intérim de la Community Midwifery Association Yukon (CMAY), Christina Kaiser, l’adoption du cadre réglementaire représente surtout une étape importante : « C’est un pas en avant après tout le travail que nous avons accompli. Nous attendions ce moment depuis longtemps. »

Depuis sa fondation en 2015, l’organisation milite pour que les sages-femmes soient reconnues comme des professionnelles et professionnels de la santé, ce qui permet entre autres d’ordonner des tests en laboratoire, de prescrire certains médicaments et de jouir de privilèges hospitaliers tels que l’accès à la salle d’accouchement.

Le Yukon est l’une des dernières juridictions canadiennes à réglementer la pratique de ce métier en l’intégrant à son système de santé. Seule la province de l’Île-du-Prince-Édouard n’a toujours pas de réglementation. « C’est un jalon important dans la promesse faite aux Yukonnaises par notre gouvernement de mettre à leur disposition des services encadrés par une réglementation et financés par l’État », souligne dans le communiqué de presse le ministre des Services aux collectivités John Streicker.

Ainsi, le gouvernement du Yukon procédera à l’embauche de sages-femmes et administrera des licences, permettant l’accompagnement des personnes enceintes lors de la grossesse, l’accouchement et la période postnatale. En ce moment, « comme elles ne sont pas reconnues comme des prestataires de soins de santé, […] elles ne peuvent assister l’accouchement si la mère décide ou doit se rendre à l’hôpital pour accoucher », explique Christina Kaiser.

Pour l’instant, les personnes enceintes souhaitant avoir recours à ce service doivent d’ailleurs payer de leur poche, puisqu’il n’est pas couvert par le système de santé. Avec la réglementation, Christina Kaiser s’attend à l’augmentation de la demande au territoire.

« Le travail ne s’arrête pas là »

Si l’adoption du cadre réglementaire est accueillie favorablement par la CMAY, selon Christina Kaiser, « le travail ne s’arrête pas là ». Puisque le règlement entrera en vigueur le 15 avril 2021 et que les services financés ne seront disponibles qu’à compter de cet automne, « il y aura un laps de temps où les naissances à domicile ne seront accessibles à personne », se désole Christina Kaiser. « Nous voulons que cela soit aussi court que possible. C’est notre but », ajoute la présidente.

Sur le plan personnel, celle qui est la seule sage-femme travaillant actuellement sur le territoire demeure inquiète de sa situation : « À partir du 15 avril, ce que je fais depuis les 15 dernières années deviendra illégal. C’est un sentiment étrange, mon univers change complètement », avoue-t-elle.

L’incertitude quant aux prochaines étapes la dérange. Elle ne sait pas quand les permis d’exercice seront finalisés et remis, ni le nombre de sages-femmes que le gouvernement du Yukon engagera ou quand ces embauches seront réalisées.

Si le communiqué de presse du territoire insiste sur une mise en œuvre progressive du programme de sages-femmes, en débutant par la Ville de Whitehorse, la CMAY souhaite que l’implémentation des services se fasse dans les délais les plus courts possible, pour permettre aux personnes enceintes d’avoir le choix le plus rapidement. D’ici là, « les sages-femmes ne peuvent exercer leur métier et aider aux naissances », rappelle Christina Kaiser.

La présidente assure que la CMAY continuera de militer pour une meilleure reconnaissance du métier, qu’elle voit d’ailleurs comme une vocation, une fois celui-ci intégré au système de santé. Dans les mois à venir, l’organisation changera de nom pour ne pas porter à confusion avec le nouveau groupe officiel qui sera mis sur pied, et afin de rester un organisme militant.

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