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Des occasions de formation pour les jeunes entrepreneurs franco-yukonnais sont offertes au Québec

Kelly Tabuteau

Ce n’est une nouvelle pour personne : l’offre en formation postsecondaire en français n’est que très peu développée au Yukon. Beaucoup de finissants doivent quitter le territoire pour poursuivre leurs études, entraînant des frais de scolarisation élevés pour les familles. Pour les jeunes entrepreneurs francophones, il existe cependant une piste encore méconnue pour se former en français, même avec un petit budget.

Justine Skahan a profité de sa visite à Dawson pour faire un peu de tourisme.
Photo fournie

Les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) est un organisme gouvernemental qui, initialement, avait pour mission de favoriser le développement professionnel et personnel des Québécois de 18 à 35 ans en leur permettant de réaliser un projet comportant une mobilité au Canada ou à l’international. En 2017, LOJIQ a ouvert ses frontières et décidé d’appuyer des projets de formation présentés par de jeunes adultes originaires des États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ce changement de cap permettait donc désormais à de jeunes Franco-Yukonnais d’aller se former au Québec à moindre coût.

Des Québécois au Yukon

Depuis 2018, ce ne sont pas moins de dix-sept Québécois qui ont visité le Yukon, et ce, grâce à trois programmes différents : « Engagement citoyen », « Mobilité étudiante » et « Développement de carrière ». LOJIQ a pu leur offrir un appui financier non négligeable (65 % du prix du billet d’avion, ainsi qu’une indemnité hebdomadaire) et leur donner accès à des ressources diverses, notamment en matière de conseils et de logistique. En contrepartie, les jeunes adultes ont dû remettre un rapport succinct présentant les actions menées pendant leur projet et les enseignements retenus.

La Montréalaise Émilie Nicolas, aujourd’hui anthropologue, a ainsi pu participer, en juin 2018, à la conférence The Time is Now, organisée par l’Association canadienne des commissions des droits de la personne en collaboration avec la Commission des droits de la personne du Yukon. Elle se souvient : « En 2014, j’étais venue à Whitehorse dans le cadre du programme Action Canada, un programme de leadership en politique publique, et j’avais pu constater qu’ici, l’approche du rapport avec les peuples autochtones, en matière de droits de la personne, était beaucoup plus avancée qu’ailleurs au Canada. J’avais donc bon espoir qu’une conférence à Whitehorse pourrait offrir des apprentissages particulièrement intéressants sur le sujet. »

David Boucher, enseignant au Collège de Montmorency depuis 18 ans, quant à lui, a décidé de partager son amour pour le Yukon en élaborant un projet de production médiatique avec des élèves. Grâce au bureau qui coordonne les projets dans son collège, il découvre LOJIQ et avoue : « C’est un avantage certain puisque l’organisme reconnaît les projets porteurs. La participation pour le coût des billets d’avion permet de faciliter la participation d’un plus grand nombre d’étudiants. »

Enfin, Justine Skahan, anglophone de Montréal, a décidé de poser sa candidature au programme de résidence d’artistes du Klondike Institute of Art and Culture (KIAC) à Dawson après la recommandation de son amie Sarah Fuller, ancienne résidente. Elle y a passé un mois en novembre 2018. « Ma sœur avait visité le Yukon il y a quelques années et c’était resté quelque part en moi, alors je me suis lancée. Je ne m’attendais pas à ce que les paysages soient si beaux! Puis la résidence du KIAC, c’est vraiment une résidence prestigieuse! »

Des Yukonnais au Québec?

Nicolas, Boucher et Skahan sont unanimes : le volet « Formation au sein d’incubateurs et accélérateurs d’entreprises en Francophonie » représente un réel atout de formation pour les jeunes franco-yukonnais qui aimeraient se lancer en affaires. En complément d’un soutien financier, c’est surtout un accompagnement et des services-conseils qui y sont offerts. Justine Skahan confie : « En tant qu’anglophone du Québec, je ne m’attendais pas à parler autant français à Dawson. C’est plus facile de créer des liens quand c’est dans sa langue maternelle. Ce programme donne donc l’avantage de réseauter en français. »

La Franco-Montréalaise Émilie Nicolas conclut : « Ma famille est franco-ontarienne et je trouve qu’il y a beaucoup de méconnaissances par rapport à la réalité des autres francophones. C’est important de pouvoir créer des liens, quel que soit le domaine, dans sa langue première; mais surtout, je trouve important que les francophones de partout au Canada puissent venir se former au Québec, et que les Québécois comprennent qu’être Québécois n’est pas la seule façon d’être francophone. »

Initiative de journalisme local APF – Territoires

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