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Des fêtes de fin d’année chamboulées aussi pour les personnes immigrantes

Depuis mars 2020, le gouvernement du Canada impose une quatorzaine à toutes les personnes entrantes. Cette mesure, mise en place pour ralentir la propagation de la COVID-19, contrecarre les voyages de nombreuses personnes au Yukon, tout comme les plans de plusieurs immigrants et immigrantes qui auraient voulu rentrer dans leur pays d’origine en cette fin d’année.

Esteban Yong (à g.) et sa fille, lors d’une balade aux alentours de Whitehorse. (Photo fournie).
Stéphanie Maire (à dr.) profite de sa nouvelle vie au Yukon. (photo : Brad Corriveau)

 

De nombreux immigrants franco-yukonnais ont dû annuler leur retour à leur contrée d’origine, prévu pour ce Noël. Entre une situation sanitaire incertaine dans le pays de destination, le manque de vols et l’imposition d’un isolement de 14 jours au retour au territoire, les raisons s’accumulent et bouleversent le temps des Fêtes : les retrouvailles familiales seront remplacées par des rendez-vous Zoom.

Du Costa Rica à Dawson

Esteban Yong, pharmacien au Costa Rica, est arrivé à Vancouver en janvier 2018 grâce à un permis d’études. Désireux de passer son équivalence de diplôme, il commence son aventure canadienne par un semestre d’études à l’Université de la Colombie-Britannique. L’objectif final étant d’obtenir la résidence permanente pour lui et sa famille restée au Costa Rica, il décide finalement de quitter son programme après un semestre pour se lancer dans le volet Entrée express du Programme territorial de candidature à l’immigration (PTCI), piloté par le gouvernement du Yukon.

De fil en aiguille, il se retrouve, en mai 2019, à travailler dans l’unique pharmacie de Dawson. En novembre, lui et sa famille deviennent résidents permanents. Esteban Yong quitte Dawson pour s’installer à Whitehorse puis retourne au Costa Rica pour organiser le rapatriement de sa famille.

Une semaine à peine avant la fermeture des frontières, le 11 mars 2020, la famille Yong est enfin installée à Whitehorse. Esteban Yong se souvient : « Ma femme ne parlait ni anglais ni français et la conjoncture liée à la pandémie n’était de toute façon pas favorable à ce qu’elle trouve un emploi. Dans les premières semaines, nous avons donc utilisé nos économies pour subvenir à nos besoins. En avril, nous avons donc pris la décision de ne pas rentrer pour Noël… »

Une décision difficile à prendre pour la famille Yong qui, depuis leur arrivée au Yukon, enchaîne les échanges virtuels pour rester en contact avec ses proches encore au Costa Rica : « Ma tante nous envoie chaque matin des chansons de Noël ; on se planifie des rendez-vous avec ma sœur, car avec mon travail le weekend, ce n’est pas simple pour se parler. » Esteban Yong confie également la difficulté de ne pas pouvoir recevoir de visites.

De la France à Whitehorse

Après un voyage d’un mois au Yukon à l’été 2017, Stéphanie Maire pensait ne jamais revenir au territoire. Pourtant, pendant ces vacances-là, par curiosité, elle rentre dans le bureau de l’entreprise touristique Ruby Range, dont le gérant lui offre un emploi après avoir échangé quelques mots d’allemand ensemble.

De retour en France, Stéphanie Maire garde cette opportunité quelque part en tête et décide de s’inscrire pour le programme Permis-Vacances-Travail (PVT) en novembre de la même année. Un mois plus tard, elle est tirée au sort et début février 2018, elle reçoit son droit d’entrée en Canada. Elle recontacte Ruby Range qui lui confirme que l’offre tient toujours. La jeune Alsacienne débarque alors à Whitehorse en mai 2018 et devient guide culturelle sur les voyages organisés de 15 jours entre le Yukon et l’Alaska.

Rapidement, elle tombe en amour avec le territoire et tente de trouver un employeur pour la sélectionner via le PTCI. Après une tentative avec l’entreprise Northern Lights Resort & Spa, elle est finalement embauchée par Air North en septembre 2019 et, dès mars, elle entame les démarches pour son immigration. Elle se remémore : « La COVID-19 a très probablement ralenti le processus. Mon PVT se terminait début mai 2020 et je n’ai obtenu mon permis de travail qu’en septembre, soit près de cinq mois en statut implicite, ce qui est assez stressant. »

Stéphanie Maire est, depuis son arrivée au Canada, en contact régulier avec ses proches. Elle est rentrée une fois en Alsace pour le mariage d’une de ses sœurs et elle n’avait pas prévu de voyage pour les fêtes de fin d’année. Ses parents et deux amis devaient cependant venir. Elle déplore : « C’était plus ou moins entendu qu’ils me rendraient visite cet hiver, mais avec la pandémie, nous ne nous en sommes jamais reparlés. »

Lors de l’entrevue, Stéphanie Maire avoue que ces parents ont eu la COVID-19 début avril et que c’était alors compliqué d’être éloignés : « Je regardais beaucoup les médias qui dressaient des bilans catastrophiques, j’ai paniqué et j’avais peur de devoir rentrer en urgence. Finalement, mon autre sœur, infirmière, m’a assurée que tout irait bien et en effet, tout a bien été. »

Ce publireportage vous est proposé par l’Association franco-yukonnaise. Il a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

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