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Découverte d’artefacts de chasse

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Genséric Morel

Dans l’imaginaire collectif, les Premières Nations du Yukon utilisaient le tir à l’arc pour la chasse traditionnelle, pourtant la réalité est un plus complexe.

Christian D. Thomas partageant ses connaissances avec une vingtaine de Dawsoniens lors de la conférence. Photo : Genséric Morel


La découverte récente de trois pointes de flèches dans le Klondike a relancé la curiosité des locaux. À la suite de ces trouvailles, une conférence animée par l’archéologue Christian D. Thomas a eu lieu au Centre culturel Dänojà Zho de Dawson.

Présents en Amérique du Nord depuis 5 000 ans, les arcs et flèches sont arrivés au Yukon il y a seulement 1 000 ans. « Depuis le 19e siècle, les Premières Nations ont adopté les carabines tout en conservant l’utilisation d’arc et de flèches. L’apprentissage de l’archerie se faisait dès l’âge de 5 ans et continuait tout au long de la vie comme un art à perfectionner. Des rituels de passage avaient lieu à l’adolescence, permettant aux jeunes autochtones de construire leurs arcs eux-mêmes et de l’utiliser pour chasser », explique Christian Thomas.

On distingue trois types de flèches traditionnelles au Yukon : les flèches pour gros gibier, les flèches pour petit gibier et les flèches pour la chasse à proximité de l’eau. Les pointes de flèches de gros gibier sont généralement en os, silex ou ramure, détachables, taillées en pointe sur un côté et attachées à un manche d’épinette ou de pin permettant un perçage profond. Les flèches pour petit gibier sont plus larges pour pouvoir assommer l’animal, en os ou ramure, fixées au manche de bouleau ou de pruche. Les flèches pour la chasse près de l’eau sont conçues pour flotter et ne pas s’enfoncer profondément grâce à une double pointe.

Découverte récente dans le Klondike

La plupart des découvertes d’artefacts de chasse du Yukon ont été faites sur des plaques de glace au sud du territoire. Ces plaques étaient des lieux stratégiques pour chasser le gros gibier qui aimait s’y rafraîchir en été tout en fuyant les insectes nuisibles. Les découvertes dans le reste du Yukon sont plus rares, d’où l’intérêt des récentes trouvailles de pointes de flèches de gros gibier du Klondike : deux dans la région d’Indian River (territoire de l’orignal) trouvée par deux mineurs durant l’été 2017, et une pointe en septembre 2018 débusquée par un randonneur à Tombstone (territoire du caribou).

Dans le vocabulaire connu des Premières Nations du Yukon, de nombreux mots correspondent au monde de l’archerie. Autrefois, l’utilisation des flèches n’était pas que pragmatique, différentes décorations y étaient appliquées. « Cela peut correspondre à un clan, un animal, un genre… Dans tous les cas, c’est lié à l’identité et aux croyances », explique M. Thomas. La spiritualité et la parenté étaient essentielles dans la chasse traditionnelle, mais la connaissance précise de ces coutumes a été perdue avec la politique d’assimilation du Canada et les pensionnats autochtones.

Une importance capitale pour l’héritage

Retrouver des artefacts et les étudier avec des aînés, des archéologues et des ethnologues pourrait permettre aux Premières Nations de mieux comprendre leurs racines. « Quand on travaille pour une culture qui a été enterrée, ces découvertes sont essentielles pour l’autodétermination », livre Sue Parsons, gestionnaire de collection du Dänojà Zho.
Par le passé, certains spécialistes ont reproduit les arcs et flèches découverts. « C’est essentiel de recréer ces technologies pour retrouver le savoir-faire et l’appliquer au quotidien », précise Georgette McLeod, administratrice en langue Hän.

Aujourd’hui, la plupart des artefacts du Yukon sont répartis à travers le monde. Sue Parsons aimerait que ces objets reviennent dans le territoire pour permettre aux locaux de se familiariser avec cette culture perdue. Elle conseille à toute personne qui pense trouver un objet d’importance archéologique de recueillir les données GPS et de le rapporter aux autorités compétentes : les ressources patrimoniales du gouvernement yukonnais.

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